Il y a quelques mois, Electric Dragon nous présentait l’extraordinaire et rétro The Night Scool. Un album majeur que nous avions même qualifié de “chef d’oeuvre intemporel“. Néanmoins, cet album sortait un peu du style Electric Dragon typique avec ses sonorités classiques inspirées du Giallo.
Que les fans de DarkSynth plus “in your face” se rassurent, aujourd’hui, il revient à la charge avec une nouvelle offrande plus moderne et classique : Cataclysm.
Avant de lancer l’écoute, je voudrais que l’on prenne le temps d’admirer la magnifique cover de Hideshi Hino : le célèbre Mangaka d’horreur. Une tuerie visuelle qui prolonge l’expérience “Horreur Asiatique” de l’excellent EP Beasts. Un excellent choix !
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N.B. : La piste Feral est exclusive à Bandcamp.
Fluorescent Water
The Hunt ouvre l’album avec un groove vicieux que n’aurait pas renié son compatriote anglais Occams Laser : Electric Dragon crache à nouveau le feu sur le Dancefloor infernal.
On retrouve l’inspiration japonaise dans les percussions qui rappellent les Taiko, et l’horreur est bien présente à la fin avec les spirales folles (Uzumaki ! Allez je name drop mes refs !) au synthé.
Un power single bien choisi pour “rassurer” les fans de DarkSynth de la teneur de l’album (mais bon, pas la peine de flipper non plus : Electric Dragon n’a pas pour habitude de nous décevoir !).
Prophecy ramène les ambiances noires et éthérées (avec ses chœurs féminins) chères à Electric Dragon, avec une ligne de synthé que je trouve très “romantique horrifique”… et très Giallo dans l’esprit ! Mais en version possédée par ce groove toujours aussi démoniaque. Petit clin d’oeil ? Ou alors est ce que c’est moi qui ai trop écouté The Night School ?
Peu importe : de toutes façons je n’ai pas envie de réfléchir alors que je suis en train de danser sur mon bureau.
Et j’ai encore mes vêtements… pour l’instant.
Avec un nom comme Haunted, on pourrait s’attendre à une piste plus atmosphérique et angoissante… Mais hormis quelques cris déchirants de fort bon goût, cette piste est plutôt un juggernaut lent, instoppable et implacable.
C’est un peu “It Follows” en DarkSynth, ce track semble loin mais il est pourtant derrière vous, sur vos talons et menaçant, et finira par vous rattraper juste avant la fin alors que les violons deviennent de plus en plus perçants.
Derrière toi c’est affreux !
Avec sa longue introduction ambiante, Sanguine Steel revient aux premiers Electric Dragon : croassements de corbeaux, sabots et hennissements de chevaux, orgue, on retourne dans un univers Médiéval Fantastique. Des arpèges bien 80s lancent le track avant de revenir aux samples (Je crois reconnaître Schwarzenegger, dans Conan peut être ? Mais je ne suis pas un expert en Conan !) et de repartir pour un apothéose final.
Attention à Cataclysm ! Malgré sa belle et douce mélodie d’ouverture, cette piste a des crocs et sait s’en servir ! C’est ce que j’appelle un “morceau vitrine” : une exposition de l’identité d’un artiste sur un seul track. On retrouve le melting pot d’influences qui forment le son unique d’Electric Dragon, toujours emmené par le groove vénéneux qui reste la pierre angulaire de cet album.
Ambiance de marécages embrumés et de catacombes oubliées, Mother Darkness offre une pause horrifique avec son intro avant de vous absorber en son sein ! Emmené par d’entêtantes lignes de synthé ralenties, comme pour mieux vous hypnotiser, il vous sera impossible de résister… Et en particulier lorsque Electric Dragon sortira sa 6 cordes pour un solo plein de puissance et d’émotions qui vous dressera les poils sur le corps avant de switcher le morceau en mode Power 80’s sans que vous ne vous en rendiez même compte !
Une énorme claque, une composition incroyable et un nouveau hit au tableau de chasse du Maestro !
Panorama de l’Enfer
On entame le dernier tiers de l’album, et maintenant que nous sommes tous bien chaud bouillants, il est temps de sortir l’artillerie lourde : Ghoul Precinct est un morceau extraordinaire.
Avant d’écrire une review, j’ai tendance à bien écouter 2 ou 3 fois en entier un album. Et Ghoul Precinct m’a marqué dès la première écoute : c’est un impossible mélange de DarkSynth, de musique de jeux-vidéo rétro (grosse vibe Castlevania), de Dark Funk (oui, je sais pas vraiment comment l’exprimer autrement), de John Carpenter… et de mélodies qui tuent et qui vont s’incruster dans votre cerveau immédiatement. Ce contre-temps dans le thème principal est TELLEMENT PARFAIT.
Il va m’être très dur de choisir un morceau préféré pour cet album…
The Oath s’ouvre sur un rituel impie et satanique qui rappelle un peu Communion. Creepy Groovy as fuck, avec l’arrivée tonitruante d’une ligne de synthé de basse qui déchire, je crois que c’est le moment où j’ai décidé de jeter mes fringues et de revenir à mon plus simple appareil pour me joindre à la fête et remercier Satan pour Electric Dragon.
Oui essayez de suivre : j’étais toujours en train de danser sur mon bureau.
Avec son intro angoissante et anxiogène, Feral ne perds pas de temps et part à toute allure pour une cavalcade discordante de folie. Une véritable avalanche de notes et de changement de tempi viennent donner à ce morceau des airs de chimère : en perpétuel évolution, on ne sait jamais ce qui nous attends à la fin de chaque temps… Sauf que ça sera toujours Bad Ass !
On me signale dans l’oreillette que Feral est un morceau exclusif à Bandcamp, alors voilà une bonne raison d’acheter l’album là-bas si vous en aviez encore besoin !
Déjà le dernier morceau, Inferno, et comment clore un album d’Electric Dragon mieux qu’avec une Power Ballad bien épique et chargée en émotions ? On ne peut pas. Et de l’émotion et de l’Epicness, vous allez en avoir bien assez, tellement qu’à la fin de la l’album, vous pourrez même en ramener chez vous !
Et ouais il est comme ça Electric Dragon !
Imagine Smiling Dragon
Encore une fois, Electric Dragon fais mouche et sort un album qui pourrait être une nouvelle référence du genre.
Terrifiant ? Toujours. Dark ? Ho oui carrément. Mais aussi extrêmement jouissif, obsédant et marquant. Tel un JCVD musical, il parvient à faire le grand écart impossible entre ambiances Horror Synth et patates DarkGrooveSynth mémorables.
Et je crois que c’est ça la vraie force de sa musique : malgré son univers sombre et ses nombreuses références qui pourraient l’enfermer dans un genre et des codes, elle n’oublie jamais d’être fraîche, surprenante et fun… à l’image de Ghoul Precinct sur cet album par exemple. Ça respire la créativité débridée et la sincérité artistique. Vous savez comme on peut entendre sourire quand quelqu’un parle ou chante ?
Bien moi j’ai toujours l’impression de l’entendre sourire ce dragon, avec ses grandes dents et des petites étincelles qui lui sortent du nez… Et ça me fait plaisir à chaque fois que j’écoute un de ses albums. Chapeau l’artiste.