S’il y a bien un EP cette année qui pourrait faire office de bande originale d’un court-métrage de science-fiction, c’est bien le dernier EP du français unTIL BEN, Ending Rev. Véritable voyage intergalactique solitaire à bord d’une capsule spatiale au beau milieu des astres et étoiles.
See you Space Synth…
Le dernier album m’ayant fait voyagé aux confins de l’Espace étendue fut Rosetta, sorti en septembre 2016, du non plus présentable Vangelis. Un album se révélant plus instrumental, empruntant à la musique classique offrant alors un bel hommage et une transposée sonore de cette mission spatiale dont la sonde, protagoniste principal de cette aventure, se devait disparaître et s’écraser inévitablement sur la petite comète qui lui servait d’espace d’accueil. Une mission et réussite interstellaire, à l’image de cet album, merveilleusement exprimées par Vangelis.
Pourrais-t-on également comparer cet EP à l’album Starcrash de Stilz sorti en janvier dernier ? Pas vraiment, on est ici sur une approche de la Space Synth différente, bien que la piste qui s’en rapprocherait le plus ne serait autre que Light Years, dans son atmosphère évoquée. Avec Ending Rev, unTIL BEN nous offre une approche différente de l’Espace électronique, une version un peu plus assombrie, en empruntant non pas à la musique classique comme ce fut le cas avec Rosetta, mais en suivant les sentiers de la musique électronique actuelle et plus particulièrement de la Synthwave ambient. Après tout c’est le genre adapté ici.
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Une fois la combinaison spatiale enfilée et le casque audio apposée sur nos tendres oreilles, voilà que la mise à feu est lancée et la virée spatiale commencée avec Astroball, premier morceau de cet EP qui nous plonge directement dans une quiétude stellaire. Un sentiment de solitude, au beau milieu de ce vide inconnu - comme le suggère la jaquette de l’EP, pas si sexy d’ailleurs - où est parsemée ici et là, quelques petites boules aux couleurs ternes et grains de poussière, à des centaines de millions de kilomètres.
Un sentiment d’apesanteur sonore où les longues notes de synthés cristallines appellent à la plénitude, parmi tout ce vide évoqué. Absolute Control 78, plus craintif par ses drums plus prononcés au tempo lourd, obscurcie le paysage sur lequel vient se poser un vocoder à la voix très robotique telle une GlaDOS ayant perdue son dynamisme et cynisme.
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Troisième track, Boreal se retrouve finalement être un mélange des deux premières pistes de par l’usage de ses notes de synthés longuettes et ses drums pesants, toujours dans une atmosphère et rythmique prospères et lentes avant de s’emballer légèrement telle une capsule virevoltant au sein d’une ceinture d’astéroïdes. Mayday Mayday !
Plus organique et assourdissant, rappelant l’atmosphère que pourrait retransmettre ce cher Hans Ruedi Giger, Palm Trees est vraiment la track à retenir de cet EP. Plus appuyée par des sonorités issues de la Darksynth avec un tempo toujours aussi lunaire : une ligne de basse lourde, un vocoder au timbre grave et distordue et une touche finale de toute beauté.
Enfin, après une lente montée martelée “A la Carpenter” et quelques arpèges claires de piano sur le dernier morceau Simple Dreams, unTIL BEN superpose diverses couches de synthés toutes plus spatiales les unes que les autres… sauf celle plus grave qui sert de socle à toute la chanson et qui groove un max. Oui, groove. Pas un groove de funk, mais un vrai groove qui propulse Simple Dreams plus loin qu’une simple Outro. C’est discret, contenu, caché dans un champ d’astéroïdes, mais c’est bien là !
Ending Rev est finalement un bon EP pour tout ceux qui accrochent (ou pas d’ailleurs !) à la Synthwave ambient, qu’on qualifierait ici aussi de Space Synth, dans la veine des compositions produites par Jean-Michel Jarre (hors Electronica) ou Vangelis par exemple, sans pour autant caracoler au talent de ces deux mastodontes, mais vous m’avez compris. Au passage, unTIL BEN a sorti récemment un nouveau single, UFS Kepler, dans la continuité de cet album. A écouter tout autant cela va de soi.