J’ai toujours été fan des albums conceptuels et risqués, ceux qui voient des artistes oser sortir de leur zone de confort et tenter quelque chose de nouveau dans une direction inattendue et réussie.
C’est pour ça que j’aime tant New Model de Perturbator, Possessor de GosT, ou d’autres albums dans le Metal comme One Second de Paradise Lost, 34.788% de My Dying Bride ou encore The Butterfly Effect de Moonspell. Et si je prends ces exemples Doom, ce n’est pas un hasard : c’est parce que Electric Dragon a aussi été actif sur cette scène par le passé dans le groupe Vallenfyre. Et ouais, la grande classe.
Ecouter The Night School de Electric Dragon
Pour en revenir à The Night School, l’album devait être un side project à la base. Pourquoi ? Parce que loin d’un opus DarkSynth, il s’agit en réalité d’un album plus “Horreur Synth” classique, inspirée ouvertement par le cinéma Italien d’Horreur des années 70 : le Giallo. Et oui, comme notre première compilation sur laquelle Electric Dragon avait participé à l’époque !
Les fans de Goblin et des films de Dario Argento et Lucio Fulci seront aux anges.
Ce n’est pas la seule différence notable de l’album : Electric Dragon n’est pas seul et il est même extrêmement bien accompagné. Sur The Night School, on retrouve des musiciens qui viennent donner une toute autre saveur à l’album avec Nick Pymm à la batterie et Volkor X à la basse (et quelle basse mes aïeux, j’y reviendrais). Il est aussi accompagné de majestueuses et éthérées voix féminines : Jessica Pymm, Kriistal Ann et Becca Starr (The Van Dammage). Du très très beau monde.
Le Venin de la Peur
Désolé, j’ai fait une intro délirante et bien trop longue… Mais je tenais à prendre le temps de bien présenter l’album et le projet. Il est important que bien comprendre d’où il vient et par qui il a été réalisé afin de l’apprécier au mieux. Si vous débarquez les mains dans les poches en attendant un successeur à Dark Water et Beasts, alors vous allez être surpris !
Ici, tout est question de finesse, d’angoisse, de suggestion plus que d’exhibition. Même si la pression se fait de plus en plus intense au long des 8 tracks de l’album (en particulier avec le final explosif et déchaîné Nightmare), The Night School est un album planant d’une beauté rare… Mais il faut se méfier de l’eau qui dort.
D’habitude, j’aime décortiquer un album morceau par morceau, mais ici j’ai l’impression que c’est impossible tant il s’agit d’un bloc cohérent et uni. Comme un excellent thriller, il tient en haleine et il est impossible à couper avant la fin.
De l’introduction au combo Basse + Sons de Pluie (je l’ai déjà dit, j’adore ça, mais BON SANG qu’est ce que c’est réussi ici… J’ai été happé dans l’ambiance dès les premières secondes) jusqu’à l’épilogue parlé final, il n’y a rien à enlever.
Et tant qu’on parle de l’intro, en plus de l’ambiance extraordinaire qui se dégage de The Night School (le premier titre) et qui ne quittera JAMAIS l’album, l’autre point qui saute aux oreilles, c’est la qualité du mix. Le résultat est extraordinaire : tout est bien plus organique, vivant, fragile et finalement humain. On entend les cordes de la basse et la guitare vibrer et les baguettes sur les toms de batterie. L’ensemble est paradoxalement d’une puissance rare et met parfaitement en avant les différents instruments. Du grand art.
Et bien évidement, on retrouve les menaçantes mélodies au synthé d’Electric Dragon ainsi que ses solis de guitare incroyables : celui de Nightmare est juste démentiel par exemple.
Les Frissons de l’Angoisse
Déjà tant de texte et pourtant, je n’ai pas abordé d’autres points importants… Et on va commencer par le chant (ou plutôt “les chants”). Pour accompagner ce qui aurait pu être l’une des BO les plus réussies d’un Giallo, on retrouve le chant lyrique hanté de 3 chanteuses à voix qui viennent donner une touche d’élégance fantomatique à l’ensemble.
Les voix s’entremêlent en permanence avec le synthé pour créer un jeu d’illusions auditives qui perdent l’auditeur, brouillent ses repères et ne le laissent jamais se sentir en sécurité (Comme sur Catacombs).
Il y a aussi d’autres instruments qui tirent leur épingle du jeu, comme cette piquante petite flûte sur Black Mycelium (un morceau très progressif mais qui est devenu mon favori de l’album avec le très lourd mais pourtant groovy Detention qui me fait par moment penser au Escape From Midwich Valley de Carpenter Brut.), un thérémine, de l’orgue… Et puis cette basse, toujours elle, implacable comme je l’ai déjà dit, mais qui s’autorise quelques passages en slap (Curse Rotted) complètement jouissifs.
Enfin, même si le thème central de l’album reste un conte horrifique, on retrouve de nombreuses humeurs et thèmes qui viennent donner de la variété à l’ensemble, ce qui fait que malgré son côté très très homogène, on ne se lasse jamais. Marianne est un peu plus sensuel par exemple, Lost Hearts est plus légère… A vous de vous faire votre propre ressenti en écoutant l’album.
School’s Out… Forever !
Vous l’aurez compris, The Night School est un album incontournable si vous aimez l’Horreur Synth classique et le cinéma d’horreur des années 70. On y retrouve tous ses codes, ses racines, mais avec une sensibilité fraîche et talentueuse (et quand même un peu plus rock et prog’).
Coincés entre passé et futur, les artistes qui ont participé à The Night School sont parvenus à créer un chef d’oeuvre intemporel.
Un tel album nécessitera peut être pour certain un peu plus d’efforts pour en apprécier toutes les subtilités, comme c’est souvent le cas avec les albums d’Horror Synth classique d’ailleurs, mais The Night School est tellement évocateur qu’il en devient aussi bien plus accessible.
Et si vraiment vous n’aimez que le DarkSynth moderne qui tâche, sachez qu’Electric Dragon a un prochain LP dans les cartons nommé Cataclysm à venir. Le Dragon reste sur tous les fronts, mais où qu’il aille il crame tout sur son passage.
[…] y a quelques mois, Electric Dragon nous présentait l’extraordinaire et rétro The Night Scool. Un album majeur que nous avions même qualifié de “chef d’oeuvre intemporel“. […]