Il y a peu de pays aussi dangereux que l’Australie sur Terre. Là-bas, le moindre petit rongeur tout mignon peut vous arracher un bras d’un coup de dents.C’est Mad Max, avec plus de verdure quand même ! Et c’est aussi probablement le seul endroit au monde qui pouvait donner naissance à Dedderz et à sa Dreadwave de dingos (dingo, australie, vous l’avez ?).
Complètement obsédés par les vieux films d’horreur gores, sexys et déjantés de la Troma, le duo se compose de Manek Deboto et de Nuke Puke’Em. Nos deux héros pourraient sortir directement du film Class Of Nuke’Em High (ou plutôt Atomic College comme on le connaît en France) avec leur looks de Gangers Punks 80’s, l’un plutôt Batcave et l’autre Punkette Bad Ass genre Tank Girl.
Comme une vidéo vaut mieux qu’un long texte, je vous laisse découvrir leur son unique avec le clip de Don’t Panic, leur premier gros hit (co-signé par GosT !). C’est ça la Dreadwave : quelque chose à mi-chemin à la DarkSynth, du Punk, de l’EBM Old School et de l’Indus des années 80.
Back From The Dead
Ils s’étaient montrés particulièrement discrets depuis presque 3 ans, mais dernièrement, ils sont sorti de leur grotte radioactive avec un EP Dream Warriors (avec une cover de Dokken) et surtout leur premier et très attendu album The Next Mutation qui nous intéresse aujourd’hui.
Cette nouvelle offrande est à l’image de ses géniteurs : un sacré bordel qui en mets partout, éclaboussant au passage le DarkSynth de slime vert fluo chelou.
Les nouvelles pistes y côtoient des remix d’EP précédents, des vieux morceaux, il y a une piste cachée comme dans les années 90, des guests partout… et quels guests !!
Sérieux, avant de rentrer dans le vif du sujet, regardez un peu cette liste : Holywood Burns, Irving Force, Neoslave, Microchip Terror, Cluster Buster et Battlejuice. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Dedderz sait s’entourer !
Même si vous n’avez jamais entendu parler d’eux, cette liste devrait suffire à elle seule à faire couler un petit filet de bave au coin de vos lèvres… A ce niveau c’est plus des simples guests c’est carrément un festival !
Tromatisés !
Dedderz applique musicalement le concept des films de la Troma qu’ils apprécient tant et qui montrent une multitude de monstres et d’univers différents avec pour seul point commun un Amour immodéré de l’outrage, du politiquement incorrect, du sexe et du crade avec le plus petit budget possible.
Et le résultat est franchement hétéroclite et varié ! Parmi les gros immanquables, surtout vous ne pouvez pas passer à côté de Video Nasty qui voit les nos 2 mutants monter dans les soucoupes volantes de Holywood Burns. Lourd, décalé et punchy, difficile de rêver d’une meilleur ouverture pour The Next Mutation. Le Power Duo est au top de sa forme avec le flegme goth darkwave de Manek Deboto et la hargne exubérante de Nuke Puke’Em.
Plus discret mais vraiment immanquable aussi : Shadowboxer (avec Battlejuice en Featuring) montre une facette plus mélodique et groovy de Dedderz, avec des compositions un poil plus complexes que les hits très “In Your Face” auxquels ils nous ont habitués !
Même constat pour l’excellent Nothing’s Gonna Stand In Our Way qui est lui aussi un peu plus fin et montre l’étendu de leur Dreadwave !
When World Collides
Il y a 2 “chocs des univers” complètement hallucinants sur The Next Mutation aussi : le premier, c’est la rencontre entre Nuke Puke’Em et Neoslave sur Pleasure Device. Sans surprise, le résultat est un hit à la fois sensuel, flippant et lourd comme du plomb. Le DarkSynth du Belge Neoslave se mariant à la perfection avec la voix bien marquée de notre Harley Quinn toxique.
L’autre, c’est Future Shock qui voit notre docteur maboul sanglant Microchip Terror pousser Manek Deboto hors de ses gonds et hurler de bon coeur pour un résultat étourdissant de puissance, genre Marilyn Manson époque Antichrist Superstar, mais sous amphétamines.
Double Face
Youth Gone Viral est un des nouveaux morceaux “typique” de Dedderz : simple et efficace comme un crochet du droit, avec une prod’ volontairement cracra mais ce coup-ci, on a droit à une gratte bien létale qui vient backup souligner le propos au gros feutre noir.
La version du même titre signée Irving Force est particulièrement intéressante car elle extrait la substance du titre pour en faire une “version propre” au groove épique dont seul notre Vigilante préféré a la recette. A la manière de son Subterranean Formations, on se retrouve à headbanger comme un dingue sur ses samples bouclés et ses solis de Synthé.
Une chanson, 2 facettes complètement différentes !
Nuke’Em (en feat. avec Cluster Buster) est un hommage au film Class Of Nuke’Em High cité précédemment (avec le sample en ouverture). Ultra rétro dans son approche et sa mélodie, cette piste est un vrai petit joyau de fun et de nostalgie, sans parler du chant de Nuke Puke’Em qui colle parfaitement à l’ambiance. Déjà sorti depuis 2016, Dedderz profite de la sortie de son premier album pour remettre ce tube sur le devant de la scène… Et ce n’est pas tout !
Comme Youth Gone Viral, Nuke’Em a aussi droit à une autre version : Citizen Clone Remix par Craig Sue. Avec ses BPMs descendu en flèche et ses sons plus “Horror Synth”, on obtient un résultat clairement plus anxiogène et complètement différent du morceau de base et de son ambiance enjouée !
Je passe rapidement sur Night Trashers qui était déjà sorti dans l’EP précédent, mais qui est toujours aussi punk et entraînant, de quoi avoir envie de se mettre des épingles à nourrice dans le nez !
Rot and Assimilate
The Next Mutation montre une nouvelle étape de l’évolution de Dedderz, mais les mutants ne sont pas ceux que l’on croit.
Loin de se laisser influencer et de changer la recette de leur Dreadwave au gré de leurs invités prestigieux, ils tiennent le cap sans jamais dévier. Ce premier album est amené à devenir la pierre angulaire de leur oeuvre, et ils l’imposent avec une assurance qui fait plaisir à voir.
Ce sont eux qui viennent infecter et contaminer les créations des copains en insufflant une énergie punk et un second degrès rare pour la scène, et c’est ce qui rends les productions de Dedderz indispensables !
En particulier The Next Mutation, qui en tant que premier “vrai” album de Dedderz sera le point d’entrée privilégié de leur discographie… Et c’est tant mieux car il regorge de hits ! Ne passez pas à côté en cette période de rentrée, c’est tellement fun et cool que ça vous aidera à tenir le coup pour rentrer au boulot.