C’est fait ! L’année 2020 est enfin terminée. Une année assez catastrophique sur le plan sanitaire, culturel, économique, social, environnemental, etc. Une année qu’on aimerait fort bien oublier avec la nouvelle qui arrive, mais qui pourrait se révéler être pire que cette fin de décennie. Quoi qu’il en soit, qui dit fin de l’année, dit Top de l’année chez Synthspiria et c’est pourquoi, comme chaque année, nous vous proposons une sélection des meilleures sorties de l’année à travers trois tops : celui des meilleurs EP Synthwave & Darksynth, celui des meilleurs albums Synthwave et enfin, le top des meilleurs albums Darksynth.
Commençons ce triptyque par une sélection de courtes productions Synthwave & Darksynth, à savoir les EP ! Voici donc le Top 11 des meilleurs EP Synthwave & Darksynth de l’année 2020, selectionnés par Synthspiria !
11. Retro Sessions de Acidulé
Acidulé , side-project de Tommy’86, nous avait déjà conquis sur ses précédentes sorties notamment avec son album Paradiso Silver en 2018, qui n’avait pas manqué d’entrer dans notre top 3 des meilleurs albums Synthwave la même année. En 2020, Acidulé nous sert de nouveau un bon crû, certes plus court avec un EP de quatre titres, mais toujours aussi bon à savourer ! Acidulé a sa patte très Italo Disco, on la reconnait dès les premières notes. Retro Sessions évoque à travers ses quatre morceaux lors l’âge électronique du début des années 2000 et fait mouche ce qui lui vaut cette place d’entrée dans nos meilleurs EP de l’année !
10. The Abdukted de The Abdukted
Nouvel arrivant sur la scène électronique, et plus particulièrement Darksynth, The Abdukted fut une réelle surprise à sa première écoute. Un EP qui annonce d’ores et déjà du bon pour la suite. L’énergie y est présente, les riffs à la guitare et les snares se font bien sentir, pas de doute, on pourrait se trouver en terrain connu tant The Adbukted fait penser à une approche de la Darksynth qu’on retrouvait quelques années auparavant chez Dance with the Dead, dans une approche quelque peu différente avec un soupçon de Cyberpunk, à l’image de sa pochette.
Bref, on attend impatiemment la suite du projet du duo portugais d’Eden Synthetic Corps, Inperfektion et Hystakmine ! The Abdukted, un EP qui nous a marqué et qui mérite bien sa petite place en entrée de ce Top !
9. Seed by Humanity In Decay
Après avoir sorti un EP aussi bien marquant que Neo R’lyeh en 2018, une plongée dans l’univers de Lovecraft et son mythique Cthulhu dans une Darksynth Sci-Fi et mystique, Humanity in Decay est revenu cette année avec un EP de toute aussi haute volée ! Son inspiration chez Lovecraft particulièrement au sein de sa Darksynth (qui nous a conduit à l’inviter sur notre compilation COSMIC Horror - In the Mind of H.P. Lovecraft en titre d’introduction à l’album) nous scotche et surprend toujours autant. Une fois de plus, Humanity In Decay explore un univers infini et nous y transmet son voyage, tantôt science-fictionnel, tantôt horrifique… et bien souvent les deux à la fois !
8. Euphoria de Revizia
Revizia marque encore des points cette année et le label l’accueillant, Jet Set Trash Records tout autant. Véritable excursion entre Post-Darksynth et EBSM, Euphoria est vraie bombe Dark Clubbing à mettre entre toutes les mains des amateurs du genre, mais également aux petits curieux restés cantonnés à Gesaffelstein (l’ancien, pas le nouveau qui s’est perdu en chemin…). Un must-have de l’année dans le mouvement Electro Body Synth Music !
7. Mechanical Psyche de Dimi Kaye
Si on avait l’habitude de voir Dimi Kaye se déchaîner sur sa guitare, tout aussi déchaînée sur la plupart de ses sorties, et plus particulièrement ses featurings et apparitions sur d’autres morceaux (Beacon de Volkor X bien sûr pour n’en citer qu’un), avec Mechanical Psyche, Dimi Kaye prend une autre voie. La voie d’une Synthwave douce, mélodieuse, à la fois atmosphérique et exploratrice, s’orientant bien souvent vers des semblants de Future Synth. Absorbant de part ses sonorités et ses compositions, Mechanical Psyche nous immerge dans une contemplation d’un monde aux inquiétudes balayées mais dont l’aura transpire encore à l’écoute. Un monde à l’humanité froide et sombre, tel un champ de bataille dévasté dans le futur de Terminator.
6. The Disk Hunter de Waveshaper
Waveshaper marque aussi l’année 2020 avec la sortie de son nouvel EP, The Disk Hunter. Doté d’un synthétiseur toujours aussi solide, retentissant et puissant, Waveshaper signe à nouveau de sa patte un des meilleurs EP de l’année. The Disk Hunter, c’est de la texture riche et crémeuse, de la profondeur dans les tons, de la passion Cyberpunk dégoulinante avec brio, bref, The Disk Hunter, c’est du Waveshaper, avec une approche un peu plus sombre mais toujours aussi réussi !
On pense peu à peu à Far Cry 3 : Blood Dragon et la musique de Power Glove dans certains choix et certains moment de cet EP, et ça en devient très satisfaisant.
5. Artifact de Mitch Murder
Mitch Murder ne fait pas dans la dentelle et revient à certaines sources qu’il avait un peu obnubilé avec une période un peu plus rétro golden business. Artifact sonne le Cyberpunk à travers ses trois morceaux, des killers tracks ! Une approche électronique et cybernétique poussée, une variété dans la composition de chaque morceau. Pas de doute, l’EP ne pouvait avoir que sa place dans notre top 5 de l’année, c’est pourquoi il marque l’entrée de celui-ci. Une chose à faire et à attendre après l’écoute de cet EP, soit le réécouter en boucle une seconde, troisième, quatrième… fois, soit espérer qu’un jour Mitch Murder monte sur scène réveiller quelques salles à l’agonie !
4. Seventeen Years And 92 Days Of Summer de VHSTokyo
Plus sages que les précédents EP évoqués précédemment, Seventeen Years And 92 Days Of Summer est une pure pièce de nostalgie. VHSTOKYO prend par les sentiments avec une Synthwave enjouée et envolée nous rappelant dès lors les moments d’insouciance et de liberté de l’adolescence dans années passées. Quand le monde paraissait beau et que les rêves n’étaient pas encore ternis par un futur quelque peu obscur, s’orientant vers une dystopie inévitable. VHSTOKYO remet du baume au cœur, transmet son énergie, et cela, avec talent !
3. Cosmic Calamity de MASKED
Un EP complètement fou et furieux ! MASKED, accompagné d’Aeronexus, délivre ici un monstre en six titres : Cosmic Calamity. Un voyage au sein du cosmos complètement dingue, à vive allure, entre sonorités Darksynth, Metal et Cyberpunk. A la vitesse de la lumière, virevoltant, robuste et surtout brut à l’écoute, on ne peut s’empêcher d’être happé par l’entièreté de l’EP et son écriture cybersynth/punk omniprésente. Une tuerie, assurément, à laquelle il faut s’accrocher au risque de périr aux confins de l’espace.
2. Sides by VHS Glitch
S’il y avait bien un EP pour présenter la Synthwave à des débutants cette année, c’est bien celui de VHS Glitch. Le morceau Sides sonne véritablement comme quelque chose qu’on pouvait découvrir il y a maintenant presque dix ans et se dire “C’est trop bien, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi ce style de musique ?”. Pas que Sides, mais il faut bien avouer qu’avec cet EP, du même nom, VHS Glitch y dévoile encore plus sa douceur et la magie qui y est associée. L’EP Sides est léger, acidulé, réconfortant… Sides est fantastique ! Habitué à un cadre plus noir, dystopique voire horrifique dans ses précédentes productions, VHS Glitch nous prouve une nouvelle fois sa polyvalence au milieu de la scène.
1. Up in the Sky de Thomas Barrandon
Et on y est ! Le voici, le voilà, le tant attendu EP qui nous a fait vibrer jusqu’au plus profond de notre âme cette année : Up in the Sky de Thomas Barrandon ! Un EP qui me donne encore des frissons à l’écoute ! Cinématographiquement et musicalement exceptionnel, Thomas Barrandon affirme une nouvelle fois son univers rétro-futuriste, à mi-chemin entre les synthétiseurs de Make Up and Vanity Set et l’ambient de Brian Eno. Avec Up in the Sky, Thomas Barrandon évoque la découverte par deux spationautes d’une nouvelle planète bleue, découvrant sa richesse, sa faune et ses dangers et on s’y plonge avec un énorme plaisir et une grande envie d’y retourner une fois l’aventure terminée. L’année 2020, dans sa globalité fut ratée, c’est sûr, mais des choses incroyables se sont passées et la sortie d’Up in the Sky en fait partie. Quelle plaisir… et chapeau l’artiste !
Mention spéciale : Destroy To Create de Powernerd
On ne pourrait finir notre top sans notre fameuse Mention Spéciale, non pas qu’il s’agit d’un repêchage, mais même si on s’arrache les cheveux à hiérarchiser parmi toutes les sorties 11 morceaux qui nous ont marqué, nous souhaitons toujours en mettre un de plus pour vous le faire découvrir ! On a l’habitude de cantonner les EP à moins de sept morceaux, manque de pot, Destroy To Create en fait sept, mais le septième étant un remix, on s’accorde à l’intégrer dans ce top, en faisant une petite exception.
S’il y avait bien quelque chose à retenir cette année, c’est qu’elle fut pourrie et que beaucoup de sorties et d’artistes s’orientent vers une musique à l’aspect Cyberpunk, comme si le futur qui nous attend serait à l’image de l’année 2020. Ce qui est sûrement vrai. Le trio Powernerd s’est également orienté dans cette direction avec Destroy To Create au titre plus qu’indicateur sur un futur destructeur et ravagé. Habitués à des sorties Synthwave et Outrun, Powernerd a sortie au label Lazerdiscs Records cette année un EP Darksynth et Cyberpunk fracassant et destructeur. Il n’y a plus d’espoir, tout est à reconstruire en détruisant ce qui a été établi. Et la destruction, Powernerd la met efficacement en scène et en musique dans Destroy To Create. Une des meilleurs sorties de l’année à coup sûr, Powernerd n’a jamais déçu, et même quand le groupe prend une nouvelle voie, pour explorer d’autres terrains, c’est une réussite !