Dans le petit monde de l’Horror Synth, peu d’artistes sont aussi respectueux et fidèles aux racines cinématographiques du genre que Cristian Bergagna. Depuis plus de 3 ans, l’Argentin compose et interprète dans son coin des albums sombres et terrifiants qui non seulement racontent une histoire, mais qui en plus parviennent à s’imprimer dans nos cerveaux.
Ce n’est pas facile d’être entraînant tout en restant “coincé” volontairement dans la BO de films d’horreur, et pourtant c’est ce tour de force que réussi Cristian Bergagna.
Si vous ne me croyez pas, écoutez Nascentes Morimur (en 7ème position de notre Top Singles 2017 !).
Impressionnés par ce single, on attendait The Nightmare avec une énorme impatience : le Bergagna nouveau s’annonçait plus lourd, plus noir, mais sans jamais abandonner ses moments plus angoissants typiques du cinéma horrifique rétro.
Hey, c’est pas pour rien qu’une pointure comme Nightcrawler l’a invité sur son dernier album Beware of the Humans (4ème meilleur album DarkSynth 2017) !
Ici à Synthspiria, nous avons aussi eu le plaisir que Cristian Bergagna accepte de participer à notre compil’ Memories of Giallo sortie l’année dernière ! C’est vous dire si nous l’aimons !
Quand y’en a marre, y’a The Nightmare !
Comme son nom l’indique, The Nightmare parle des combats que nous menons chaque nuit sans le savoir alors que nous sommes les plus faibles : lorsque nous dormons ! C’est donc un bon choix d’avoir choisi Morpheus pour ouvrir l’album, un morceau qui commence dans un esprit très “John Carpenterien” mais qui va très vite s’accélérer et frapper à la gorge avec une ligne de synthé bien grasse et grave. Tout est question de mesure et ça, Cristian Bergagna l’a bien compris : en alternant couplet angoissants et refrains dansants/puissants, il parvient à un équilibre dont lui seul semble avoir le secret !
Après le dieu du Sommeil Morphée, c’est Phobetor (du Grec Phobos qui veut dire “Peur” ?) qui enchaîne. Et quel enchaînement ! Après une très courte intro le morceau balance une mélodie simple et implacable qui fera bouger même les plus coincés. Lorsque Cristian Bergagna arrête de faire feu dans tous les sens, le film d’horreur reprends sa place d’honneur et c’est un thème là encore très Carpenterien qui se fait entendre (période Prince of Darkness !).
Menaçante, avançant doucement dans l’ombre, la basse qui ouvre Le Cauchemar annonce un morceau qui ne fera pas de quartiers. Montant progressivement en intensité et en lourdeur, son groove insidieux tisse une fresque mythologique à la fois épique et horrifique. Après une telle baffe, l’auditeur est prêt pour la seconde partie de l’album…
Nightmare aux canards ?
Toujours aussi bondissant et stylé dans ses lignes basses, Starring at the Dead Lights continue là où le Cauchemar nous avait laissé. Hypnotique et tournoyant, avec quelques carillons angoissants, c’est une véritable farandole démoniaque et irrésistible ! Un énorme coup de cœur.
La vieille sorcière de Old Hag Syndrome en a encore dans le balais : plus équilibré entre l’horreur et le groove, l’Argentin continue ses prouesses de funambule et mélange les genres comme si c’était du whisky et du coca. Les arpèges aigus chevauchent allègrement un synthé vrombissant, les coups de poignard au violon viennent pimenter le tout, et tout ça semble si naturel et spontané. Presque facile même… Mais je vous l’assure : ça ne l’est pas !
Difficile de retrouver ses esprits après une telle attaque, mais The Djin’s Hand prends la suite comme une version “extended” de Old Hag. La ligne de synthé est très proche, mais Cristian Bergagna en profite pour y superposer plus de mélodies et de solis. Le résultat est complexe mais pourtant très accessible : le combo Old Hag / Djin est un point de départ parfait si vous voulez avoir un panel des capacités étonnantes du compositeur Sud-Américain.
The End Of The Whole Mess vient clore l’album avec là aussi une intro qui annonce la couleur en mode bien gras. Néanmoins, le morceau se focalisera plus sur l’Horror Synth avec de belles mélodies lancinantes et angoissantes au synthé aiguë. Mélancolique ? Presque. Comme un “Au Revoir” après une soirée super réussi. On aurait bien eu envie que ça dure plus longtemps, mais toutes les bonnes choses ont une fin…
Cristian Bergagn’a être connu !
Et The Nightmare est même mieux qu’une simple “bonne chose” : c’est un excellent album. Un album majeur que tout fan d’Horror Synth se doit d’écouter.
Fidèle à lui même et à son Art, Cristian Bergagna se montre plus sûr de lui et plus à l’aise dans ses compos. Parfois plus directe, souvent plus efficace et accessible, l’Argentin perfectionne sa formule dont il garde jalousement le secret depuis des années.
De même, la production de l’album est bien plus léchée que celle de ses albums précédents, avec un son à la fois plus massif et plus organique du meilleur effet.
Nous espérons de tout cœur qu’avec un album de cette qualité, Cristian Bergagna puisse trouver son public dans le monde entier. En attendant, il nous as trouvé nous et nous porterons fièrement ses couleurs tant que ses albums seront de cette qualité ! Des cauchemars de cette trempe, ça ressemble plus à un rêve !
Ecouter The Nightmare de Cristian Bergagna
Note : Bandcamp a probablement des soucis, l’intégration des code embed pour afficher les players Bandcamp merde… Donc on met le Soundcloud.