Lazer Station enfonce le clou avec Device 9 !
Vous aimez le Cyberpunk ? Lorsque vous écoutez de la musique vous aimez vous imaginer dans une boîte de nuit SM du turfu du passé ? Vous aimez le latex ?
Si oui, alors Lazer Station a un album parfait pour vous !
Donnant suite au très bon Weaponizer, Lazer Station poursuit sur sa lancée Cyberpunk avec un album qui se veut plus “Clubbing”, et moins “Horror” si on compare aux débuts de sa discographie. Device 9 est une arme de trémoussement massive !
Alors entrez dans la boîte, frayez vous un chemin à travers les fumigènes, les lasers, les membres cybernétiques et les crêtes de punks jusqu’à la piste de danse et laissez vous porter : Lazer Station s’occupe de tout.
Device Ice Baby
Après une courte intro qui pose l’ambiance, System Initiation lance les hostilités avec une boucle vive et efficace et des claps qui le sont tout autant. Ponctué par quelques moments plus posés (il faut bien reprendre son souffle), Lazer Station vient discrètement entremêler de nouvelles mélodies sans perdre l’efficacité de la ligne de basse pour ne pas perdre le rythme, et donne par la même occasion le ton de l’album.
Accompagnés d’étranges samples vocaux à l’accent Russe, Back From The Dead ajoute au DarkSynth Cyberpunk de Lazer Station une petite touche d’étrangeté et d’originalité bienvenue ! C’est ce genre de détails qui permet de donner une couleur différente à un univers, et d’habitude les artistes penchent plus vers le côté Asiatique, mais là, j’avoue que le Russe est bien plus à-propos pour ce groove lourd et destructeur comme un T-35 lancé à pleine vitesse !
Blindé de gimmicks très “clubbing” (sirène, disto, flangers…), Security Breach rajoute à ce qui pourrait être un hit futuriste de dancefloor une obsédante et simple ligne de synthé ultra grave qui fait aussi bien le taff que Skynet pour annihiler toute résistance. Toujours accompagné de ces samples Russes, Lazer Station persiste et signe dans un DarkSynth Cyberpunk massif, lourd, presque primal et décidément féral.
L’album enchaîne directement avec Tac Team Response, le dernier single diffusé par Lazer Station. C’est probablement l’un de mes Highlights de l’album avec son côté très… “shooter”. Cette track m’a même rappelée l’une de mes BOs de jeu vidéo favorite : celle de PayDay par Simon Viklund. On retrouve ce côté infiltration, action, cette tension intense… et j’adore ça.
Long Live The New Flesh !
Cryogenic Research Facility continue de ralentir le tempo pour laisser le temps aux auditeurs de reprendre leur souffle. Lorsque Lazer Station diminue le BPM, on a presque l’impression de voir l’ombre Horror Synth pointer le bout de son nez, en particulier avec le synthé qui sonne presque comme un orgue à un moment, mais on reste en bien ancré sur le Dancefloor, n’arrêtez pas de danser !
Pour la suite, c’est une succession de deux monstres musicaux qui étaient aussi les premiers singles de l’album : Mechanical Flesh et Chamber34. Avec eux, nous avions eu notre premier aperçu du nouveau Lazer Station !
Le premier est un hit aussi possédé que la voix qui hurle “Long Live The New Flesh” (je ne peux en être sûr, mais il me semble bien reconnaître cette tirade de James Wood dans Videodrome de David Cronenberg), et est clairement un autre temps fort de l’album.
Le second, Chamber34, est un champ de bataille DarkSynth lui aussi incroyablement entraînant et speed. Dévastant tout sur leur passage, les basses martèlent un rythme irrésistible alors que les lignes de synthés plus aiguës et résolument modernes rajoutent encore plus de patate à ce gratin dauphinois ultra chargé en drops puissants. Un morceau qui tabasse, littéralement.
Tomorrow’s Parties
On entame la dernière partie de l’album avec The First Appearance of The Time Blazer, un morceau bien bad ass pour accompagner l’arrivée du grand méchant : une course poursuite haletante dans un vieux building désaffecté (je suppose, en tout cas c’est comme ça que je le vois dans ma tête !). Mi Gunfight, mi chorégraphie, c’est du Gun-Kata d’Equilibrium en musique.
System Reset va lui mettre à mal les basses de votre système audio : lourd, entêtant, avec des mélodies discrètes qui viennent rajouter en subtilité des crocs à ce morceau qui se veut bien plus menaçant que le reste de l’album. Si c’est un morceau de Dancefloor, je ne suis pas sûr de vouloir aller en personne dans la boîte qui le diffuse !
Recovery et Hope For The Past finissent l’album (relativement) plus en douceur, avec plus de mélodies et plus de légèreté. Néanmoins, Lazer Station ne lâche rien et extirpe aux auditeurs leurs derniers souffles. C’est complètement lessivé qu’il veut que vous retourniez à la vie normale, et c’est ce qui rends Device 9 aussi intense.
Device & Versa
Avec Device 9, Lazer Station pousse le Darksynth dans une direction plus “électro” sans sacrifier l’atmosphère et l’ambiance si importantes à nos oreilles de connaisseurs. D’habitude, j’aime dire que des albums sont “cinématographiques” dans le sens où ils évoquent des histoire et des décors dans nos têtes lorsqu’on les écoute. Mais pour Device 9, je penche plus du côté vidéo-ludique !
Même si j’ai fait référence à plusieurs films dans ma review, son côté “action débridée” et “fun” m’évoque plus des images en 3D complètement over the top… A moins que je ne me sois laissé influencer par les pochettes d’albums et de singles ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont parfaitement en accord avec la musique (et elles sont, elles aussi, réalisée par Lazer Station !).
Frais, jouissif, démesuré, Device 9 est un album défouloir comme on en a rarement entendu sur la scène DarkSynth et ça fait du bien par où ça passe. J’aimerais pouvoir assister à une représentation live, mais je veux que tout le monde soit en tenue Cyberpunk ! On fait les choses jusqu’au bout quoi !
Et au cas où vous l’auriez manqué, vous pouvez retrouver Lazer Station sur COSMIC HORROR - The Mind of H.P. Lovecraft sorti la semaine dernière… chez nous ! Plus horrifique mais tout aussi prenante, sa track They Have Come From The Stars est un savant mix