Plus que jamais, l’ombre tentaculaire de Howard Philips Lovecraft plane sur le Monde : cinéma, musique, théâtre, littérature… aucun média n’est épargné. Et si son influence est encore si forte aujourd’hui, c’est parce qu’aucun autre auteur n’a su capturer l’essence indicible de l’Horreur comme il l’a su (et comme il l’a subit tout au long de sa vie).
Avec COSMIC HORROR - The Mind of H.P. Lovecraft, Synthspiria a tenté de réunir une “dream team” (ou plutôt “Nightmare Team”) afin de rendre hommage à l’oeuvre la plus torturée et tortueuse qui a pu naître des sombres recoins de l’Esprit Humain…
Vous qui lancez cette compilation, abandonnez tout espoir : rituels hérétiques, folie désespérée, horreurs rampantes et sans nom : que ce soit dans le néant spatial glacé ou la cave de votre voisin, vous ne serez jamais en sécurité.
Avant de vous présenter les courageux (ou fous !) artistes qui ont rendu ce projet possible, Synthspiria voudrait avant tout les remercier d’avoir pris part à cette aventure musicale, mais aussi artistique avec la superbe et perturbante pochette d’Andros Graphix. On a un peu peur de réveiller un grand ancien avec une compilation aussi lourde… Mais ça en vaut la peine.
Ecouter Cosmic Horror - The Mind of H.P. Lovecraft
Remerciements
Une dernière fois, Synthspiria veut remercier tous les artistes qui ont participé à COSMIC HORROR - The Mind of H.P. Lovecraft et qui ont su, chacun à leur manière, faire honneur à cet auteur qui nous est cher.
C’est d’autant plus impressionnant et d’autant plus important à nos yeux que cette compilation a été réalisée en bonne partie pendant le confinement lié à la Pandémie du COVID-19, ce qui a rendu le travail encore plus ardu pour beaucoup d’entre eux.
Leur soutien sans faille, leur créativité et leur talent ne cesseront jamais de nous impressionner et de nous toucher. Merci infiniment, dans toutes les dimensions ! Fhtagn !
Humanity in Decay (FR) - A Gaze From No Eye
H.P. Lovecraft a influencé nombre de musiciens, et certains le revendiquent ouvertement. Plus qu’une influence, c’est un véritable culte que lui voue le français Humanity Of Decay.
Depuis 2017, avec 2 albums et un EP, il tente de réveiller les Grands Anciens en mélangeant DarkSynth, Horror Synth et Cyberpunk. Bien évidemment, sa présence sur cette compilation était une évidence. Avec sa piste “A Gaze From No Eye”, Humanity in Decay nous a atomisé : une entrée pachydermique, une gratte ultra heavy qui chug à tout va, un final intense époustouflant : dès la première écoute nous avons su que c’était l’opener parfait pour attendrir les esgourdes de nos auditeurs et les claquer au sol.
Plus de Humanity in Decay :
Seed EP
Sorti quelques semaines avant la compilation, l’EP Seed est la suite logique pour qui voudrait en écouter plus de Humanity in Decay après l’avoir découvert avec la compilation. Vous y retrouverez sa guitare sur l’excellent Backup and Restore, la voix d’UntilBen en guest sur SymBIOS et la recette de Darksynth magique de Humanity in Decay “classique” mais poussée à 11 sur le reste de l’EP.
Neo R’lyeh
Si vous êtes d’humeur plus progressive, alors jetez vos oreilles sur Neo R’lyeh : album conceptuel composé de 4 longs morceaux, il raconte l’histoire de la ville de Neo R’lyeh et de ses habitants condamnés à adorer Cthulhu et son culte de la Machine. Je vous avais prévenu : CyberCthulhuHorrorPunk, on est en plein dedans !
MASKED (AR) - The Call
Venu d’Argentine, MASKED trace sa route à grands coups de pompes DarkSynth dans les gencives depuis 2017 et son premier EP Welcome to Blindwich Valley. Au départ inspiré par Carpenter Brut, il a su évoluer et pousser le genre dans ses retranchements extrêmes tout en restant fermement ancré dans ses racines électroniques.
Plus qu’aucun autre artiste, il parvient à retranscrire l’énergie du Metal, aussi bien sur scène que dans ses albums, sans jamais oublier de raconter une histoire et de faire rentrer à la perceuses ses mélodies catchies dans le cerveau des auditeurs.
Sa participation à COSMIC HORROR était pour nous une évidence : qui aurait pu faire danser des cultistes au son des piétinements approchants des Grands Anciens mieux que lui ?
Probablement personne.
Plus de MASKED
Resistance Trilogy
Toujours fermement influencé par Carpenter Brut, MASKED a prouvé au monde avec sa trilogie Resistance que les meilleurs élèvent pouvaient rivaliser avec le maître.
Magnifiquement illustrés par Atomcyber, Resistance est un assaut massif et ininterrompu de DarkSynth Heavy, Catchy et Impitoyable : un incontournable pour les fans du Poitevin Brutal, et un parfait point d’entrée à la discographie de MASKED.
Anti-Hero EP
Sur cet EP conceptuel, MASKED introduit de nouveaux éléments inspirés de la Techno et de la House dans son Darksynth débridé. Le résultat ? Toujours plus brutal, toujours plus aggressif, toujours plus dans les gencives : imparable.
Lazer Station (US) - They Have Come From the Stars
Depuis 2017, Lazer Station cultive avec Amour un DarkSynth horrifique et spatial de première qualité. Nous l’avions remarqué avec son tryptique d’EP Chaos of Hyperion / Destination / Exit (Destination se glissant même dans notre Top EP 2017 à l’époque). Pour Cosmic Horror, nous savions que nous nous tournions vers un spécialiste du genre et avec They Have Come From The Stars, il ne nous as pas déçu !
Voix déformées, rythmique vénéneuse, une intensité croissante qui souligne aussi bien le danger que la folie imminente, tout y est ! Nous espérons vraiment qu’avec cette apparition sur notre compilation, le public français pourra ouvrir les yeux sur son talent !
Plus de Lazer Station
Missions
Missions regroupe le premier tryptique d’EP de Lazer Station dans un même album et c’est un parfait point d’entrée dans son univers. Si vous aimez avoir peur dans l’espace, et que vous chercher une suite logique à They Have Come From The Stars, c’est décidément par là qu’il faut commencer.
Weaponizer
Le second album est plus Cyberpunk, plus rythmé, mais conserve néanmoins ce qui fait la force de Lazer Station : une ombre menaçante et froide qui plane sur sa musique en permanence. Cet album mériterait d’être une BO de film, et j’avoue que quand je vois sa pochette (qu’il a lui même réalisé !), j’ai encore plus envie !
Et ça n’a absolument RIEN A VOIR avec mon fétichisme des tenues moulantes à maxi-capuches en latex.
Sierra (FR) - Prey/Hunter (Sierra Remix) de Minuit Machine
Nous aimons beaucoup mettre des “surprises” dans nos compilations : des tracks inattendues d’artistes qui saisissent l’opportunité d’une compilation pour réaliser une piste qui n’auraient pas pu coller sur un album. Lorsque Sierra nous as envoyé la première version de son remix de Minuit Machine, ça a été une claque !
Dès les premières notes, l’ambiance s’est posée et a directement collée à ma peau. Cette légèreté musicale dans les arpèges qui sonnent pourtant comme le glas m’a immédiatement fait penser à Archive (et c’est un énorme compliment).
Telle une flaque de pétrole, cette douceur visqueuse m’a engloutie et j’avoue que je me suis surpris à de (très) nombreuses reprises à chanter cette chanson dans ma tête durant les semaines qui ont suivies.
Paradoxalement glacé et profondément organique, désespéré et lumineux, prédateur et fragile, ce Remix est parfaitement à sa place sur cette compilation en ajoutant une touche de finesse et de beauté à ce monde de ténèbres.
Plus de Sierra
Gone EP
Difficile de choisir parmi les 2 EPs de Sierra Gone et Strange Valley : les 2 sont de véritables diamants noirs, des bijoux d’obsidienne qui défient les “règles” du DarkSynth et qui le pousse dans ses retranchements les plus électros et industriels. Le choix s’est porté sur Gone car il intègre plus de vocaux de Sierra herself, ce qui le rapproche plus du remix de Prey/Hunter, mais franchement : écoutez les 2.
Faux EP - ANA
Sous le pseudonyme ANA, Sierra nous montre une nouvelle facette de sa musique : plus urbaine, plus douce, plus intime, plus poétique… mais toujours assez sombre dans l’esprit. Si vous aimez la musique très mélancolique qui voit les artistes monter sur scène sans make-up, alors cet EP est fait pour vous.
Et pour les fans, sachez qu’il y a aussi Toxic Avenger en featuring sur Chaos ! Rien que ça !
Occams Laser (UK) - Indescribable Madness
Lorsqu’on pense DarkSynth + Horreur, Occams Laser est l’un des tout premiers noms qui vient à l’esprit, et c’est un immense honneur pour Synthspiria que de l’accueillir pour la première fois sur une compilation.
Inspirée par le cinéma, sa musique se veut lourde, affûtée, mélodique et extrêmement travaillée dans les ambiances : chaque album pourrait être considéré comme un long métrage, et ce n’est pas pour rien qu’il aime créer des “suites” et écrire des scénarios !
Lovecraft et le Cinéma faisant bon ménage, c’est tout naturellement que nous avons pensé à lui pour nous donner sa vision de l’oeuvre du Maître de Providence… et le résultat est … démentiel ! Occams Laser pousse votre santé mentale dans ses extrêmes retranchements, tout en provoquant de vos bassins des extrêmes déhanchements ! Du grand Art !
Plus d’Occams Laser
Occult 87
La quadrilogie Occult est le pilier de la discographie d’Occams Laser. Occult 86, 87, 88 et 89 : TOUS sont des indispensables à votre bibliothèque et culture musicale.
Inspiré des films d’Horreur des années 80, l’histoire commence avec le 86 (à la pochette qui rappelle Poltergeist) où de sombres forces occultes utilisent la Télévision pour propager les messages du Vrai Prophète et rallumer le brasier du Démon !
S’il ne fallait en choisir qu’un, Occult 87 resterait mon favori (mais les avis sont partagés à la rédaction !) : varié, intense, avec un nombre incroyable de hits dedans, ce n’est pas pour rien qu’il a atterri dans le Top des meilleurs albums Darksynth de 2017. Heureusement que sa musique ne peut pas vraiment invoquer Satan, sinon il ferait très très très chaud en ce moment.
Tension
Pour le deuxième album à vous présenter, j’ai du faire un choix cornélien entre le ultra-moderne, ultra-nerveux actioner New Blood (dont le deuxième volet est sorti le 2 Juin !) et Tension, j’ai finalement opté pour ce dernier car il se veut différent : plus rétro, inspiré des Slashers de série Z des années 80, mais toujours avec cette basse agressive, bondissante et mélodique : un énorme pied.
Et je n’ai même pas pu parler de l’EP Four Horsemen, de la Trilogie dédiée à l’Enfer de Dante (Purgatory, Nine Circles, Ascension) ou encore de ses albums inspirés par Tron (The Grid et Return To The Grid) !
Occams Laser est aussi talentueux qu’il est prolifique !
Grabyourface (FR) & Star Noir (UK) - Strange Days
D’un côté, nous avons Grabyourface dont la musique industrielle bruitiste et nihiliste rappelle la scène US des années 80 (en particulier celle lancée à Chicago par Wax Trax! Records), de l’autre, nous avons Star Noir dont le Darksynth évoque aussi bien la SF futuriste Cyberpunk que le côté Film Noir des années 40.
Comme les deux artistes se connaissaient déjà, nous nous sommes dit que le mélange de leurs univers et de leurs influences pourrait nous donner une piste Lovecraftienne d’exception, et nous ne sommes pas trompés !
Les vocaux possédés de Grabyourface invoquent Shub-Niggurath, la Chèvre Noire aux Mille Chevreaux, pendant que Star Noir pose avec une attention infinie et une intensité rare le cadre de ce rituel impie. Un track extrêmement puissant, titanesque, et tout à fait parfait pour COSMIC HORROR !
Plus de Grabyourface
Keep Me Closer
Avec Keep Me Closer, Grabyourface adoucit l’Indus complètement bruitiste et destructrice de ses premiers EP (écoutez philophobia, c’est une tuerie… littérale) pour se rapprocher de la musique électronique plus Dark.
Plus de paroles, une ouverture totale sur son moi profond et un projet qui ne triche en rien, pour Grabyourface seuls comptent son Art et son Message et elle continuera quoi qu’il arrive : avec cet album elle a commencé à tourner en Live, et j’avoue que j’aurais beaucoup aimé voir ça de mes yeux !
Plus de Star Noir
Society
Après un EP Psycho City particulièrement réussi (et remarqué par Synthspiria) et 2 singles, Star Noir sort son premier album nommé Society en 2018.
Sur la piste éponyme, nous retrouvons déjà le Duo Star Noir / Grabyourface pour une piste franchement désespérée qui donne le ton de l’album : émotionnel, cinématographique, immersif… Noir.
Si vous aimez les ambiances pesantes et les rythmes plus posés, alors Society va vous donner envie de vous rouler en boule dans votre couette.
Unhuman
Avec Unhuman, Star Noir insiste sur l’aspect “Film Noir” de sa musique et sort un EP sombre, mystérieux, suave et même sexy (le saxophone me fait toujours cet effet).
Plus qu’une simple tournure de style ou un gimmick pour se différencier, Unhuman prouve que sa vision du DarkSynth est unique. A cheval sur le passé et le futur, Star Noir parvient à trouver les points communs aux deux univers et à les rassembler pour n’en faire plus qu’un : le sien.
IN†ERSIGNO (SP) - The Oldest Emotion
Si vous cherchez l’un des disciple les plus fidèles de John Carpenter, vous ne pouvez pas passer à côté de l’Espagnol IN†ERSIGNO. Plus minimaliste et proche des racines dans son approche, ses albums Dark Space 1 et Dark Space 2 nous avaient déjà marqués en 2015 : adapté en film, le résultat serait un cross-over entre Escape From New-York et Alien (Escape From The Nostromo ?).
Au fil des années, il a beaucoup évolué mais l’ombre et l’âme du “Master Of Darkness” ne l’ont jamais quitté. C’est tout naturellement que nous avons voulu faire appel à lui, et avec The Oldest Emotion, il nous a donné une piste cauchemardesque aux cris glaçants, au danger réel et permanent… et aux tentacules qui s’agitent dans la vision périphérique.
Nous voulions de l’Horreur, et c’est probablement celle qui est la plus terrifiante de la compilation. John Carpenter serait fier !
Plus d’IN†ERSIGNO
Dark Space 1
La piste d’ouverture Nostromo m’a toujours obsédée. J’ai eu le coup de foudre pour Intersigno dès que je l’ai entendue et j’espère que cette track vous fera le même effet.
Tout le reste de l’album (et même de sa suite) sont du même acabit : une odyssée froide et minimaliste comme le vide spatial, avec pourtant ce côté Bad Ass typique de John Carpenter dans les compositions.
Impossible de passer à côté.
Nights
Avec son dernier album paru en Février 2020, IN†ERSIGNO continue de nous montrer qu’il reste le digne héritier du Maître, mais qu’il a aussi su enrichir son répertoire d’autres influences et développer des techniques secrètes : plus moderne, il n’en reste pas moins que l’on retrouve ses sonorités rétros, ses boîtes à rythmes sorties en direct des films 80s et ses lignes Horror Synth qui tranchent comme des lames.
IN†ERSIGNO, c’est en quelque sorte l’essence même de ce qui nous as tous fait graviter vers ce mouvement, et c’est déjà disponible pour vos oreilles.
Regression (FR) - Rebirth
Tout nouveau sur la scène Darksynth, Regression s’est fait rapidement remarquer avec son unique single Rebirth.
Mélangeant lui aussi DarkSynth et Horror Synth, il martèle allègrement sa mélodie comme s’il forgeait une énorme Claymore de l’enfer (Vous avez vu Mandy ?) au son des carillons infernaux. Une track prometteuse pour un artiste dont nous manqueront pas de vous partager la suite des aventures !
Alunir (FR) - La Tombe (H.P. Lovecraft)
Si le COVID-19 et le confinement a impacté notre compilation, Alunir en est la preuve la plus parlante. A la base, nous avions contacté un groupe d’artistes pour leur proposer une place sur notre compilation. Mais malheureusement, le confinement a empêché ses membres de se voir, mais loin d’abandonner l’affaire : l’un d’eux a vu l’opportunité de lancer un projet qui lui tenait à coeur et qu’il n’avait pas encore eu le temps de réaliser : Alunir.
Le concept est de mélanger synthés sombres et rétros avec lecture de nouvelles. Original et encore jamais vu (ou entendu) dans la Synthwave, bien sûr que nous étions partants pour cette expérience !
Le choix de la nouvelle s’est portée sur La Tombe, et oui, malgré la voix d’ange qui assurera la lecture, les synthés derrière ne manqueront pas de faire ressortir tout le malaise inhérent à la nouvelle… Fermez les yeux, on peut presque sentir l’odeur de la putréfaction !
Andros Graphix (FR) - Artwork
Pour la couverture, c’est encore une fois notre ami Andros Graphix qui nous as aidé pour l’artwork (Memories of Giallo et Tokyo Crisis, c’était lui aussi !), épaulé de Star Noir !
Pour Cosmic Horror, il a tenté de créer un collage rappelant les étranges Cabinets de Curiosité qui rassemblaient des objets rares, inhabituels et souvent un morbides… Mais en version Lovecraft, c’est à dire encore plus terrifiante !
Avec de très nombreux clin d’œils à ses nouvelles et des détails cachés partout, c’est l’une des covers les plus impressionnantes (et un peu malaisante, mais je crois que j’ai un soucis avec les foetus perso) qu’il ai réalisé pour nous ! D’ailleurs, vous pouvez essayer de tous les retrouver… mais n’essayez pas trop longtemps, vous pourriez passer de l’autre côté du Miroir et y perdre plus que la Raison…