100% Made in France, le Marseillais Samo & Co compose de la Synthwave dans son coin depuis maintenant 5 ans. Ouaip : un vétéran avec 3 Albums et un EP sous la ceinture quand même.
Et malgré tout ça… Je n’avais jamais entendu parler de lui… Heureusement, notre bon redac’ chef nous a donné le lien de son dernier album, et j’avoue avoir été bluffé… Et pas que par la couv’ qui est quand même super cool (signée Ilya Kuvshinov pour les intéressés) !
Odyssey オデッセイest un album d’une générosité incroyable et d’une diversité rare : 13 morceaux qui vont vous faire voyager un peu partout dans le mouvement Synthwave en restant pourtant ultra-cohérent à son univers de départ. Un sacré tour de force !
Buffet à Volonté
Odyssey オデッセイ s’ouvre sur Awakening, parfait morceau d’intro au tempo lent qui s’accompagne d’un saxo bien retrowave et d’une voix féminine bien dreamwave… Sur un synthé de basse aux racines bien dark. Le mélange vous paraît improbable ? Pourtant le résultat est solide comme un mur de glace noire et passe tout seul. Bienvenue dans le monde de Samo & Co.
Cyborg Resurrection prends la relève et offre un véritable festival d’influences Retrowave, Dreamwave, Italo Disco, Darksynth, et… et j’en sais rien : le background est ultra lourd, aussi bien dans l’aspect rétro que dans la modernité (les voix féminines samplées rappellent les tracks de Furi composées par Toxic Avenger). De plus en plus fort en intensité, le final est imparable et vous fera taper du pied en rythme.
Et si vous préférez secouer la tête, vous inquiétez pas : Akiba 2070 va de suite vous mettre les cervicales à l’envers ! Direction l’Outrun heavy, avec une toute petite touche d’Horror Synth dans les synthés et les mélodies… Je vous avais prévenu : Samo & Co pioche partout dans la Synthwave et parvient à assembler un “Frankensynth” bien vivant avec une personnalité très forte !
Et s’il vous en fallait une autre preuve, Stranger Kids (RMX) vous l’apporte sur un plateau. Remix efficace et péchu du thème de Stranger Things, Samo & Co mélange les genres et fait ressortir le côté le plus dansant du thème sans pour autant laisser de côté celui plus sombre de la BO.
Du Sang sur le Dancefloor !
Si vous aimez quand ça bouge, ambiance boîte de nuit et spotlights, alors Ageha Club va vous faire remuer le body. Les racines Danse et Electro des années 90 sont flagrantes, et même si on est carrément éloigné de la Synthwave par moments, le clavier Dreamwave n’est jamais loin pour nous rappeler que la Playlist n’a pas changé d’album en secret !
Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, et c’est manifestement ce que Samo & co a tenté avec Data Recovery. On continue dans l’ultra entraînant avec un son là encore bien ancré dans les boîtes de nuit années 90 (le morceau me rappelle une version bien plus rythmée et Synthwave du ultra connu Children de Robert Miles). Un morceau ultra efficace qui a su conquérir la rédaction et trouver sa place dans notre selec’ du mois !
Tout ceci était un peu trop joyeux… Alors maintenant Last Call va vous écraser la face contre le bitume avec un riff bien lourd et cracra. Changement de registre total, c’est un peu comme si on se faisait jeter de la boîte de nuit par le videur direct dans les poubelles dans la ruelle derrière. Là encore, le concept de ballade Dream/Darksynth Mid-Tempo pourra paraître étrange, mais le résultat parle lui-même !
La descente continue avec Midnight Walkers qui voit maintenant Samo & Co s’aventurer dans des terres plus ambiantes et atmosphériques. On retrouve les sonorités modernes fortes en basse du dernier Perturbator et de Danger, mais toujours accompagnées de mélodies maison et de solis forts en émotions. Un morceau mélancolique et pourtant très puissant en même temps.
Toujours plus loin, Rage enfonce le clou à grand coups de basses noise et de synthé minimaliste à la Carpenter (John, pas le Brut). Malgré son début plus que sombre, le morceau va alterner avec des phases bien plus lumineuses grâce à de pures envolées au synthés. Alors que se prépare le dernier tiers de l’album, difficile de savoir à quoi s’attendre de la suite…
Odyssey-berpunk
Dernière ligne droite, et My Name is John Zane va jouer la carte du suspense. Après une intro de plus d’une minutes, Samo & Co abat les cartes et le résultat retourne dans la Retrowave entraînante. Les égouts de Neo-Tokyo semblent loin derrière et la détermination du héros avant le combat final est palpable !
Les origines de Obsolescence sont bien plus compliquées à retrouvées : une oreille attentive pourra peut être déceler un (très) vague parfum du célèbre Nightcall de Kavinski, mais en version plus rapide et plus… Cyberpunk. Néanmoins, malgré le côté plus “catchy” de la chanson, la mélancolie est toujours bien présente et le résultat doux-amer est une franche réussite là encore.
Jouant exactement sur les mêmes cordes, Time Out est une extension parfaite à Obsolescence, mais avec une intensité montée à 11. Samo & Co s’appuie sur des refrains qui font se dresser les poils sur les bras (ou ailleurs, chacun sa pilosité) et headbanger en fermant les yeux. Ça commence à sentir la fin, mais Samo & Co n’a pas dit son dernier mot…
Brotherhood. Voilà le dernier mot. Petite intro au synthé Carpenterien (Période Escape From New York, mais pas le Main Theme que tout le monde connaît : plutôt Over The Wall !), basse qui résonne grassement, le build-up fait rêver… et la suite ne déçoit pas. Samo & Co signe une petite perle Darksynth qui montre qu’il n’y a pas toujours besoin de taper toujours plus bas dans les graves pour sortir les biscotos. Définitivement l’un de mes morceaux favoris de l’album : ne passez pas à côté !
Ulysse revient !
Comme je vous l’ai dit en intro, Odyssey オデッセイest un album surprenant et imprévisible. Difficile de savoir où Samo & Co va vous emmener tant ses influences sont riches, nombreuses et parfaitement digérées. Et le plus impressionnant, c’est que son monde musical est d’une solidité et d’une cohérence à toute épreuve ! Oui, c’est bien du Darksynth, c’est évident à la première écoute… et pourtant, c’est aussi tellement plus.
Le pire, c’est que je pense ne voir que la partie la plus émergée de l’Iceberg ! Je viens d’un background musical bien plus Metal qu’électro, et je suis persuadé que des experts en musiques électroniques pourraient disserter des heures sur cet album !
Même sans chercher à lui faire une vivisection, Odyssey オデッセイ reste un véritable plaisir pour les oreilles et un voyage pour les courageux aventuriers Cyberpunk.
Et la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez écouter l’album dès maintenant en cliquant sur le petit player en dessous !