J’adore fouiller les méandres de Bandcamp pour vous. Y’a pas que Perturbator, Carpenter Brut et GosT dans la vie : il y a aussi plein d’artistes dont personne n’a jamais entendu parler et qui pourtant sont bourrés de talent.
Le Tchèque Atrey en fait partie. Ce mec n’a pas vendu l’EP dont je vais vous parler à plus de 38 personnes à l’heure où j’écris ces lignes et franchement, c’est une honte. Oui, vous devriez être honteux ! Heureusement que nous sommes là… Remerciez le Dieu du Synthé pour nous. K thx !
Musicalement, notre poulain du jour mélange avec une aisance déconcertante DarkSynth (avec une basse slappée électronique, mon péché mignon) et Retrowave bien pop avec une forte influence Daft Punk. Mais en bien.
Ouaip, je sais, lancez moi des pierres. Je déteste Daft Punk #unpopularopinionjemencarrejugezmoilol.
Un ATREY-d’union dans la disco de l’auteur
Si j’ai choisi Supernova, pourtant sorti il y a 3 ans en mai 2014, c’est avant tout parce que c’est un parfait condensé de ce que sait faire Atrey. 4 morceaux, 4 ambiances : si vous aimez ce que vous entendez là, vous pouvez acheter sa disco (n’oubliez pas son single Guilty Pleasure qui est une petite bombe funky ultra catchy).
L’EP commence direct par son morceau éponyme Supernova. Là, on est en plein DarkSynth avec des riffs de basse slappée, imaginez un peu Carpenter Brut, mais sans la lourdeur et la puissance caractéristique du français. Atrey reste un peu plus classique dans ses sonorités, enchaînant solos de synthé et de guitare très 80’s, le tout saupoudré de beats bien maîtrisés… c’est un peu comme un coup de pied Funky (mais sympa) dans les burnes du gros méchant Satan du DarkSynth.
So Far Away est la facette plus sirupeuse de l’artiste. Après une longue intro, on tombe direct dans un synthé mélodieux tout doux tout velours et des voix distordues au vocodeur. Cela rappelle clairement des morceaux de Daft Punk dans le même registre, mais heureusement les solis de guitare et de basse font que cette piste conserve des sonorités bien ancrées dans les 80’s.
On repart dans du DarkSynth tout ce qu’il y a de plus pur et dur, Vertigo fait tourner des arpèges d’orgue à en donner le tournis avant de tout balancer d’un coup sur une rythmique endiablée. Cette piste tape vite et fort, et surtout sans aucune relâche jusqu’au final tout en douceur au piano, sous la pluie. Le calme après la tempête…
A moins que ce soit avant ? Je sais plus, j’ai la tête qui tourne.
Pour son dernier morceau, Atrey nous offre une petite bombe purement rétro, là encore dans une approche très “Daft Punkienne”. Du coup, sur Naomi, on ne sait pas trop si on doit sortir les lunettes de soleil ou le masque de robot… Mais peu importe si ça sent aussi bien le sable californien que le bitume parisien : ça fait bouger les épaules et c’est bien tout ce qui compte.
Un A-rtiste TREY productif.
Il était temps que j’arrive au bout de cet article, ça commence à devenir tendax les jeux de mots…
Supernova a été pour moi l’EP le plus marquant du Tchèque, mais depuis sa sortie Atrey ne s’est pas tourné les pouces et a continuer d’évoluer : deux albums (Relict & Imperial Arc), trois EPs et quelques singles sympas.
Aujourd’hui, il semble se tourner vers des compositions plus froides aux dimensions plus cinématographiques, mais elles ne sont pas moins intéressantes pour autant.
Imperial Arc en particulier m’a bluffé sur ses derniers morceaux avec son Epilogue qui rappelle le thème de Ghost In The Shell de Kenji Kawai (excusez du peu) et juste avant lui Valkyrie au chant féminin appuyé par une disto d’une autre dimension qui vrille les neurones.
Sa dernière sortie remonte à fin 2016, inutile de vous dire que j’attends avec impatience le Atrey cru 2017 !
N’hésitez pas à fouiner sur son Bandcamp… Comme je vous le répète toujours : soyez curieux bordel ! Nous vivons une époque merveilleuse pour la musique, il y a encore quelques années, jamais nous n’aurions entendu parler d’un tel artiste… et encore moins pu trouver ses albums tout seul. Maintenant, c’est easy tac tac TMTC.