Ca y est, Johnny Hallyday est mort. Et si vous avez besoin de vous remonter le moral après cette terrible perte pour le patrimoine musical Français, et bien évitez Strange Valley de Sierra.
Ici, point de salut, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir.
La DarkSynth de Sierra porte bien son nom et nous emmène dans les recoins les plus sombres de la Synthwave.
Accrochez vous, c’est parti pour l’un des Trips les plus Dark de l’année.
Si vous avez trop peur, vous n’avez qu’à me tenir la main.
Retiens la Nuit
Avec une Intro emmenée par le souffle du vent et une mélodie de Synthé lancinante et mélancolique, Sierra nous offre un premier aperçu de son étrange vallée.
Des ruines, du sable noir comme de l’huile, d’étranges silhouettes figées dans le temps… et des habitants à l’année aux membres étrangement allongés très flippants. On est loin des plages de St. Tropez, je vous avais prévenu.
Notre premier réflexe sera donc probablement de nous planquer, question de survie, mais malheureusement There is no place you can hide. Avec ses sirènes assourdissantes et ses lignes atrocement lourdes, Hide ne fait pas de quartier. Plus qu’un single, ce morceau va donner le ton d’un album entier dont le seul et unique but est de vous piétiner la tête jusqu’à épuisement.
Et je parle du votre d’épuisement. L’album est inarretâble lui.
Elle veut ma Vie
A Cold Night étends le spectre sonore de Sierra avec des sons plus aigus qui permettent de changer légèrement de teinte : du noir désespéré, on passe au gris anthracite dépressif.
Sierra réussi néanmoins l’exploit de maintenir un aspect très dansant, une danse triste de fin du monde, primitive, presque tribale, comme le dernier souffle d’une civilisation sur le point de s’éteindre mais qui aurait quand même décidé de s’éclater jusqu’au bout.
Desierto revient a une forme musicale plus mélodique, avec des accords et des harmonies rayonnantes… enfin toutes proportions gardées.
Sierra n’avancera jamais beaucoup plus loin dans la lumière que ce morceau, mais c’est juste ce qu’il faut pour donner de la variété à l’album. Et c’est une mission accomplie puisque Strange Valley n’est jamais redondant, longuet ou ennuyeux !
Requiem pour un fou
Two-Headed Birds nous ramène en dans l’obscurité, avec un son obsédant que je pense être une guitare trémolo fortement distordue qui me colle des frissons dans le dos à chaque fois que je l’entends…
Comme ces moments où le rythme s’accélère violemment, je sens aussi chaque poil de mes bras se dresser.
Ça doit être un truc instinctif ça, genre mon corps qui tente de me dire que le danger n’est pas loin. Ou que c’est vraiment super. Je ne sais pas…
Probablement les deux à la fois.
A Long Walk marque la fin de notre visite de cette étrange vallée. On retrouve l’ambiance mélancolique et les sons de l’intro qui vont nous accompagner jusqu’à la sortie, mais avec ce coup-ci plus de rythme. Que faut-il comprendre ? Que les visiteurs repartent plus vite qu’ils n’arrivent ? Difficile d’imaginer qu’ils en repartent vivants de toutes façon.
R.I.P.
Strange Valley est un album qui ne fait pas de quartiers ni de concessions. Cela vous semble peut être cliché de dire ça pour un album de DarkSynth, c’est vrai, mais pourtant Sierra est bien au dessus de ça. Faisant fi de nombreuses convenances et d’habitudes du genre, elle trace son propre chemin avec ses propres sons et son style bien à elle.
Même si c’est son premier album, elle se place d’ores et déjà en innovatrice. Pas le temps de redire ce qui l’a déjà été : elle va de l’avant et démarre en trombe comme un dragster de l’enfer.
Est-ce qu’on peut déjà parler de “Post DarkSynth” ? Si oui, on trouverait pour l’instant 2 artistes dans cette catégorie : Perturbator (avec New Model) et Sierra.
Encore une fois, Lazerdiscs Records a eu le nez creux en récupérant dans son écurie la talentueuse française dont la musique explose et tapisse votre boîte crânienne de shrapnels d’obsidienne. Y’a pas à dire, le jour où on aura un Lazerdiscs Festival avec tous les artistes du label, ça sera une sacrément bonne soirée.
Un autre oeil, seconde review
Ceci est une note, une trace d’un passé duquel plus personne ne pourra parler. Je ne sais même pas si ceci n’aura de destinataire. Je souhaite laisser une trace de cette extinction de masse qui dure depuis maintenant 6 mois. La seule chose qui puisse donner sens à mon existence, c’est bien ceci. La seule chose que j’aurais pu accomplir, la seule raison pour laquelle je ne serai pas totalement réduite en poussière, pour laquelle mon esprit aurait encore une chance de survivre.
Nous sommes en 2027. Après les conditions météorologiques tragiques de cette année, un bon tiers de la population a été décimée due au manque d’eau potable. Je n’ai actuellement plus de famille. J’ai réussi à survivre en inondant la cave de chez moi au moment où ça commençait vraiment à sentir la merde. L’air est respirable mais faut pas trop rester dehors sinon tu tousses de trop et t’irrites comme un con. Akira, tu connais ? L’atmosphère dans laquelle je vis s’y apparente, sans la technologie ni tout ce qu’il y a de positif dans cette œuvre, sauf la drogue peut-être. Ici, le monde est désabusé.
Everything desepear : Hope, Reason.
Plus rien n’a de sens dans un monde où perpétrer la vie n’en aurait pas non plus.
Tout n’est qu’anarchie et chaos. De ce fait, la drogue et l’illusion qu’elle procure sont les seules choses pouvant me permettre de vivre moins mal en attendant mon heure. L’héro se trouve bien facilement. Elle nous vient du nord, où apparemment ce n’est pas encore trop la merde. Suffit de la chourer sur les gars trop défoncés dans la rue, ou l’acheter en pillant les appartements vides. Et tous les soirs, je descends dans les catacombes danser, me défoncer la gueule pour oublier dans quelle merde on s’est foutu, oublier que je suis toute seule et qu’à ma mort, personne ne pleurera. L’héro est la seule corde à laquelle je puis me raccrocher, trouble ami d’une courte vie.
Everything desepear : Hope, Reason.
Le pire, c’est que j’ai bien l’impression que cette extinction n’est pas près de s’arrêter. La soif, l’ingérence de produits nocifs terminent un travail bien entamé, comme la trainée de poussière derrière un camion à pleine balle.
J’espère que ma mort ne sera pas trop douloureuse. Prenez soin de vous autant que possible.
Aux confins de la vallée Post-Darksynth
Si Sierra retranscrit avec cet EP un univers post-apocalyptique, pour moi l’apparenté avec la Synthwave s’arrête sur ce point. L’univers post-apocalyptique dans lequel nous sommes embarqué n’a rien de jubilatoire ni fantasmé contrairement à l’accoutumer. Ici, ça semble plus réel, plus crasseux. Je mettrais ma main à couper que les premiers Bloody Beetroots, notamment Romborama soit une des influences pour la musique de Sierra.
Les compositions tout comme les sons utilisés sont lourdes, pesantes, et le fait d’y ajouter cette atmosphère réaliste y est pour beaucoup dans la singularité de l’œuvre.
Je n’ai rien de plus à en dire, j’espère simplement avoir stimulé votre curiosité, et que vous irez y jeter une oreille. Pour ma part, je suis curieux de découvrir la suite pour Sierra, en espérant que ces atmosphères soient encore creusées d’avantage pour une œuvre encore plus longue !
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