Je l’attendais le retour de Niklas Åkerblad a.k.a le Beard cette année avec cet album Vandereer. Peut-être un peu trop en y repensant. Ce n’est pas vraiment de ma faute, le suédois avait balancé deux morceaux issus de son album (Rust et Carried) avant sa sortie, histoire de teaser un peu ça. Et quelle mise en bouche… je voyais déjà un El Huervo au meilleur de lui-même, dans la veine de ses premiers albums. Parfois il arrive de se tromper et d’être déçu.
Vandereer, le Wanderer de l’Ouest lointain
Vandereer est une déception, oui, mais il n’en reste pas moins un bon album parce qu’il est porté par de très bons morceaux contrebalançant le reste, légèrement en deçà. Avec cet album, El Huervo délaisse un peu plus son instrumental hip-hop, sa glitch-pop mélancolique et sa variété sonore psychédélique pour s’orienter vers un genre que je qualifierais de plus ambient. Un genre que j’aime moins chez le monsieur depuis World’s End, face à des bombes comme les albums Do Not Lay Waste to Homes… ou To Stop You Must Die.
Toutefois, cet album délibère une certaine placidité à travers la majorité de ses compositions, à l’instar de sa pochette, puisque El Huervo n’est pas qu’un talent musical, c’est aussi un talent visuel de par sa palette de couleurs et ses motifs récurrents par lequel passe sa musique. Et ce son d’ambient qui me décevait a finalement sa place à travers cette imagerie colorée de son créateur, laissant place à l’imagination sonore et visuelle sous les mélodies vagabondes de l’Ouest lointain.
Vive le vent, vive le Vandereer
Vandereer s’achève sur le morceau Cauldron. Un morceau de 14 minutes, qui se termine une fois la dizaine de minutes atteinte, laissant durant près de cinq autres minutes le vinyle tourner dans le vent, comme un manque, comme un vide, qui peut-être perçu comme le sentiment d’un album inachevé ou bien d’une fin instaurant cette quiétude ressentie tout au long de l’écoute.