“Prolifique” est un doux euphémisme pour le Français AWITW : 6 albums dans les 6 derniers mois. Oui, vraiment. 6 albums complets (allez, on va dire 5 + 1 collection de remixs d’OST de jeux vidéo rétro). Ça bouillonne là-dedans.
D’habitude plus connu pour sa rétrowave ensoleillée, pleine de palmiers et de grosses cylindrées, sa dernière offrande Metropolis se distingue dès le départ par sa cover et son univers plus… Cyber. Alors, que se passe t’il ? AWITW se lance dans la Darksynth ?
Spoiler : non, pas vraiment. Néanmoins il semblerait que l’on ai trouvé le chaînon manquant entre DarkSynth et Retrowave pure et dure.
Le Big Foot de la Synth
L’album s’ouvre sur One-Eyed Willy, un morceau d’introduction parfait pour accompagner le survol en drone de Metropolis, cette étrange mégalopole qui ressemble à aux arcologies Cyberpunk “classiques”, mais en bien moins menaçant. Ici, tout est scintillant, lumineux. Le morceau conserve une forte part de mystère mais point de tension pesante : rien n’est plus rassurant qu’une forte lumière rose.
Parce que quel gang sanguinaire irait se mettre en néon rose hein ? Aucun.
Et la : bim. Grosse impression trompeuse ! Le drone descend, on a un plan plus rapproché de la ville, et tout n’est pas si bisounours. Le morceau titre Metropolis nous plonge dans une Darksynth pure et dure aux beats bien marqués et à la ligne lead bien nostalgique et noire. Par hasard, c’est le premier morceau que j’ai écouté de l’album, et il m’a fait sauter au plafond, moi qui suis plus amateur de musique qui tape et pas trop joyeuse. Je ne m’attendais pas du tout à retrouver AWITW dans de telles contrées, et encore moins avec autant de patate.Tout ne semble pas si rose à Metro…
Bordel, mais qu’est ce qui se passe ?! Paradise Bay est un morceau qui sent bon la plage, sautillant, joyeux, lumineux même. On dirait que les punks à mèches aperçus précédemment sont en train de se faire un BBQ OKLM sur la plage. L’ambiance Cyberpunk est bien présente, mais AWITW l’enrichi de tout son savoir faire Rétro et entraînant. Surprenant ? Après Metropolis, oui : désorientant même. Et pourtant, l’enchaînement passe tout seul, sans aucun accro, c’est même logique. En écoutant attentivement, on entends même pas mal d’éléments DarkSynth clairement disséminés dans les instrus.
Et c’est ainsi qu’avec une sincérité désarmante et un talent certain, AWITW parvient à rabibocher les 2 jumeaux DarkSynth et Rétrowave. Une démarche qui rappelle un peu celle de l’Américain Scandroid, mais se rapprochant encore plus des racines du genre.
Imaginez Nocturne City de Perturbator en version “Diurne City”, en gros.
Dystopisounours ?
Simpson’s Wave ouvre la prochaine partie de l’album dans le calme et la sérénité. Un morceau bien relaxant comme AWITW sait les faire. Maintenant que le masque est tombé, on peut prendre quelques instants pour se poser sur un beat doux et chaleureux qui ensoleille la Playlist.
Close to Me fait parti des morceaux plus “romantiques” de l’album, et compte parmi mes préférés de AWITW. Je sais pas, c’est peut être parce que le lead synthé me rappelle vraiment très fort Time after Time de Cindy Lauper… En tout cas, un autre morceau qui réchauffe et qui fait du bien, même s’il est très court.
Comme on pouvait s’y attendre, System Shock nous ramène en territoire plus ballsy. Je dis ça parce que au cas où vous ignoriez, System Shock est une série de jeux vidéo rétro pas super joyeux… Et je pense que le clin d’oeil est ici voulu. Comme si l’album entier était bipolaire, on retrouve ici un rythmique et une mélodie froide digne d’une IA.
Une IA qui aurait décidé de détruire le monde en dansant.
What is it you fear, Insect ?
Le single de l’album If U Knew nous ramène dans la lumière et sa sécurité. Les Claps enjoués donnent le rythme à un morceau qui se construit couche après couche, chacune apportant un gain d’intensité. Un autre point fort de l’album, clairement, et un bon choix de single…
Mais pas aussi sexy que Sensual Love avec sa basse synthé groovy et ses vocaux yaourts chauds bouillants qui donnent une touche assez unique au morceau. Impossible de savoir qui ou quoi chante. Mais bon, en tant qu’homme, difficile de ne pas céder au chant de cette sirène… Qu’elle soit une IA robotisée, une ganger à mèche rose en maillot de bain turquoise ou une mutante des égouts crado.
Fly Me To The Moon
Galaxy Defenders nous emmène direct dans la dernière partie de l’album : intro syncopée, synthé cristallin, quand la rythmique part difficile de ne pas taper du pied et se laisser embarquer dans cette virée dans l’espace. En tout cas, moi je monte à bord.
Avec son titre, on aurait pu penser que Forever and Ever serait lui aussi un morceau doux. Il n’en est rien : dès le début, on sent le morceau qui en a sous le pied. Il s’agit d’une suite logique et encore plus rythmée à Galaxy Defenders. Awitw aurait-il choisi de finir l’album sur un sprint pour marquer les esprits ? Ou plutôt d’enclencher la Post-Combustion, rapport à l’espace tout ça.
J’adore le synthé distordu grave de Cybernetic Revolution. Ça donne tout de suite un air assez “déprimé” à une piste. Mais c’est mal connaître l’oeuvre de AWITW qui n’est pas du genre à coller le cafard à ses auditeurs. Un morceau là encore très bicéphale, mais qui fonctionne à la perfection. Autre gros highlight de l’album, j’imagine que si vous cherchez la piste qui représente le mieux l’album, c’est ici qu’il faut regarder !
Farewell Sorrow ramène Metropolis en terrain connu : de la pure Retrowave Made in Miami, un générique de fin parfaitement maîtrisé pour un voyage expérimental qui s’est déroulé sans aucun accro.
Gangs just Wanna Have Fun !
Quelques soient vos sensibilités musicales, vous feriez bien de jeter une oreille à Metropolis. Il y a de quoi ravir tous les auditeurs dans cet album rempli de morceaux composés avec Amour. Difficile à croire que AWITW puisse sortir autant d’albums de cette qualité en si peu de temps… Et pourtant… Félicitations !
Le plus impressionnant reste sa capacité à mélanger Darksynth et Retrowave et à rendre le tout cohérent.
J’imagine que Metropolis est une expérimentation plus qu’une évolution, un album qui restera un OVNI dans la discographie d’Awitw, mais une chose est sûre : maintenant je chercherai toujours la petite part d’ombre dans sa musique ensoleillée… Je sais qu’elle est là, planquée, digérée, mais bien présente.