Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on l’attendait au tournant ce nouveau Perturbator ! Teasé par le single Tactical Precision Disarray depuis Décembre, on s’attendait à un EP froid comme l’Acier, carré comme un frigo américain, du DarkSynth industriel qui tape et fait fondre les neurones comme du métal en fusion.
Le résultat ? Exactement ça ! Toujours plus loin dans le Cyberpunk Noir.
Perturb’ à tort et à travers
Dès les premières minutes de Birth of a New Model, on sent que quelque chose a changé dans le son Perturbator. Il est plus lourd… Plus profond… Plus sombre et étouffant encore. Et puis on a une nouveauté : le combo “percussions / sons de cuivres synthétiques archi-graves”. Dès qu’il commence à résonner, l’influence Danger avec qui il a tourné dernièrement vient immédiatement à l’esprit. Mais rassurez vous, lorsque la mélodie reprends le dessus sur la rythmique, on retrouve Perturbator et sa signature sonore typique. Petit clin d’œil ? Peut-être. En attendant, ce morceau d’ouverture galope à vive allure vers un mur d’obsidienne et l’impact risque fort de réduire votre crâne à l’état de miettes. Et ce n’est pas fini…
Avec ses bruits de perceuse en intro, on reconnait très vite Tactical Precision Disarray. Impossible à oublier, ce morceau a littéralement pulvérisé mes tympans en live (je crois que j’ai encore un acouphène, mais ça en valait la peine). Déjà en décembre dernier, j’étais on ne peut plus enthousiaste à l’idée d’avoir un album entier de ce genre. Mon avis n’a pas changé : cette track dément reste probablement LE gros point fort de l’EP, et sera à n’en pas douter un pilier des setlists Live de Perturbator à l’avenir. Un morceau d’une violence rare, tout droit sortie de l’usine souterraine d’un Dieu Machine oublié, le Half-Human Half-Synthesizer.
Des Perturbations dans la Force
Après l’apocalypse sonore précédente, Vantablack calme le jeu mais ne relâche pas la pression pour autant. On a un titre chanté lent, menaçant et vénéneux qui rappelle un peu le Trip Hop de Massive Attack en plus… malsain. Le morceau alterne entre percussions presque tribales qui rappellent encore une fois Danger, entrecoupées “d’éclaircies / envolées” de synthé typiques de Perturbator.
Tainted Empire commence comme une patate de Forain Dangereux dans les gencives (Forain Dangereux, Gypsy Danger, Pacific Rim, Robots géants… Je précise). Dans la même veine que Tactical Precision Disarray, c’est la foire aux beats bien lourds, bien mécanisés, avec des “glissements” de tempos vraiment puissants… sans parler de cette explosion sonore précédée d’une petite série de blast beats de batterie très Death Metal !
Perturbator a vraiment acquis une aisance dans sa composition assez hallucinante : d’un côté le bougre semble s’enfoncer de plus en plus loin dans l’électro, et pourtant, il se rapproche en réalité de plus en plus du Metal.
A n’en pas douter, Tainted Empire est un des gros highlights des playlists live à venir lui aussi. Je sens qu’il y a des fans qui vont perdre quelques dents dans les pogos !
Qui a ouvert la Boîte de Perturbator ?
Après une intro mystérieuse, c’est au tour de Corrupted By Design de marteler ses triplés dans vos esgourdes. Ambiance de Night Club cracra, poussière, odeur de tabac froid. On y est presque… Mais alors que le morceau aurait pu être dansant (dans un genre assez destroy, je le concède), il a aussi de longues plages ambiantes qui renforcent plus encore son climat lourd et pesant. Décidément, on ne se sent jamais en sécurité avec New Model…
Comment finir un tel EP en beauté ? Et bien c’est pas compliqué (quand on a le talent de Perturbator) : avec un morceau épique de 9 minutes et demi qui emmène l’auditeur au travers de 50 nuances de noir. Grandiloquent ? Clairement. Cinématique ? Putain oui. Ennuyeux ? Jamais. Réussi ? Complètement. God Complex porte ses ambitions dans son titre et il serait difficile de contester la virtuosité d’un tel morceau. Que ce soit dans ses moments agressifs ou dans ses passages plus planants, le Père Turbator dit la Messe et sonne le Glas.
Quoi qu’on en dise, il a encore une bonne longueur d’avance sur la scène DarkSynth qui va avoir du boulot pour rattraper un tel niveau… Juste wow.
Perturbator évolue en Perturbatueur
Épuisé. J’ai fini l’écoute de New Model sur les genoux. Mais j’ai immédiatement relancé une autre écoute… puis une troisième… et c’est maintenant complètement à plat et au bout de mes forces que je finis cette review.
Sans l’ombre d’un doute, New Model est un chef d’oeuvre. Vous l’aurez aisément compris si vous avez lu ma review en entier.
Ce qui est extraordinaire avec cet EP, c’est l’évolution surprenante mais pourtant complètement naturelle de Perturbator. En un sens, il ne s’agit que d’un dosage extrêmement maîtrisé des ambiances des premiers EPs et albums (Nocturne City en tête) et de la violence des derniers travaux.
C’est du “Pur’turbator”, mais le résultat, une fois dans nos enceintes, est hallucinant. Une Mise-à-Jour de l’enfer. Un Perturb3.0 qui continue d’évoluer, de s’améliorer, d’assimiler ses influences et de maîtriser sa musique. Et c’est à ça qu’on reconnaît un grand artiste : sa capacité à évoluer tout en restant fidèle à lui-même.
Et avec New Model, j’ai maintenant la conviction que le futur du “Cyber Prince des Ténèbres” s’annonce radieux.
Enfin, “radieux” dans le sens “sombre”… Je… Bordel, vous m’avez compris, maintenant laissez moi faire ma sieste.
[…] de présenter Perturbator ? Probablement pas. En revanche, si vous n’avez pas écouté son EP New Model, vous passez à côté d’un futur classique du DarkSynth. Avec cette sortie, Perturbator fait […]