Depuis que j’ai découvert la musique de Wolf Arm, elle n’a plus quitté ma playlist. Chaque chanson est ciselée comme une pierre précieuse, que ce soit sur son premier opus Digital Fingerprints ou sur sa suite Unsigned Code.
Je vous mets au défi de trouver un artiste plus capable pour réaliser des musiques aussi belles, complexes, à la fois rétro mais aussi totalement futuristes qui vous plongeront directement dans le monde Cyberpunk le plus pur qui soit.
Pro Tip : vous pouvez pas.
Je vous assure, cherchez pas, il y en a qu’un comme lui.
N’oubliez pas non plus son extraordinaire track composé pour notre hommage à Akira 30 Years Later. Si vous ne connaissez pas Wolf Arm, vous pouvez commencer par là avant d’enchaîner sur sa disco ! C’est un parfait exemple de son immense talent !
Quoiqu’il en soit, l’annonce surprise de rewrite.exe en cette rentrée a réveillé ma soif de Synth que la chaleur caniculaire d’Août avait quelque peu atténuée. J’avais préféré repartir dans les sombres contrées du Black Metal Norvégien ou Suédois, là où j’aime à penser qu’on porte des pulls tout le temps.
Et je parle même pas de la pochette d’Atomcyber, encore une fois sollicité et qui a encore une fois tout arraché.
Sérieusement : à chaque nouvelle pochette, je me dis qu’il ne pourra pas faire mieux… Et puis il sort la suivante…
Mais celle-ci, elle est vraiment au dessus encore !
Sun is Rising on Night City
Inbound est une ouverture assez typique pour Wolf Arm : on arrive doucement sur place, comme porté doucement par un drone. Ultra spécialiste des atmosphères urbaines, le Loup nous emmène survoler une mégalopole futuriste dense au petit matin… alors que de fins et nombreux rayons de soleil viennent percer les nuages de pollution. Tiens, c’est nouveau ça ! De la lumière ?
Still Human persiste et signe : définitivement, l’ambiance est bien plus légère et lumineuse que dans les précédents opus… Mais l’ambiance reste complètement Cyberpunk, grandiose et urbaine, typique de Wolf Arm. Parmi les ajouts notables qui rendent le tout plus “groovy”, on note cette basse ronflante qui slap pour marquer les temps, ces synthés toujours aussi complexes mais bien plus dansants… et puis cette ligne mémorable qui vient éblouir les oreilles régulièrement… Un morceau d’ouverture excellent, et choix judicieux de premier single !
C’est d’ailleurs une remarque que l’on peut faire pour tout l’album au niveau de l’ambiance : imaginez un film “Scarface 2077” mélangeant tous les extrêmes des années 80 avec les Chromes des romans de Gibson, Sterling ou Stephenson.
Et oui aussi de Morgan, on sait que vous avez matté Altered Carbon sur Netflix !
Run enfonce le clou avec cette course poursuite sur les bords de mer. Et le plus dingue, c’est que malgré cette apparente légèreté, Wolf Arm sait maintenir une forte pression et la lâcher exactement quand il faut (ce passage style jingle TV à 2 minutes… Je l’aime à la folie).
rewrite.exe n’est définitivement pas l’album de Wolf Arm qu’on attendait de sa part, mais il a su prendre tout le monde par surprise et nous coller un petit taquet dans la tronche en prouvant qu’être Cyberpunk, c’est pas une question de sons, de samples, de rythme ou look, mais c’est avant tout un état d’esprit qui peut transparaître n’importe où.
Shall we continue ?
Entendu au détour d’un sample dans Still Human “Shall we continue ?” nous a vite fait penser aux jeux vidéo, et The Vision avec son passage Chiptune ultra stylé nous ramène cette analogie à la figure. Morceau Mi-ensoleillé mi-pixelisé, il nous renvoie aussi à Star Raider de Digital Fingerprints qui avait lui aussi une phase similaire tout aussi extraordinaire ! Clin d’oeil ? Peut être !
Avec son ambiance pluvieuse et sa longue intro, Hybrid Child aurait tout du morceau “fleuve” long et sinueux “Worl Armesque”, et pourtant non : son tempo plus mesuré nous entraîne jusqu’au bout de la nuit et réveille en nous le vent d’un tourbillon de folie !
…
Bon rassurez vous, on n’est pas non plus dans la variétoche de Début de Soirée, mais il s’agit d’un morceau au feeling vraiment rétro (probablement dû aux solis de guitares qui sortent clairement de l’ombre là) et immédiatement entraînant !
Eclipse calme le jeu et nous ramène en territoire plus sombre (d’où le titre bien choisi ET OUAIS). Le temps d’un morceau, on se retrouve plongé dans cette ville Cyberpunk plongée dans la nuit et la dépression perpétuelle. Au loin, on peut entendre les échos d’un saxo qui s’époumone et qui donne un côté très “Hardboiled” à cette chanson qui plaira aux fans de la première heure.
One Way Down reste lui aussi dans les clous des albums précédents. Utilisé comme petit entracte avant la seconde partie de l’album, il s’agit d’un mid-tempo fort en paysages et en ambiances qui vient préparer nos oreilles à la suite…
Shock To The System
Après une intro bien classe et un démarrage Cyberpunk as fuck boosté au 56K, Data Transfer assure grave et fait un carton plein pendant la courte minute et demi que dure le morceau ! A la fois entraînant, avec des lignes de synthés ultra mélodiques, le retour de la basse slappée, et puis la guitare qui donne toujours autant de substance en arrière-plan qui explose tout quand elle reprends la main… Un morceau qui nous laisse sur notre faim tant on en aimerait plus, mais heureusement il en reste encore plein !
Disintegrate vient montrer un nouvelle facette de Wolf Arm : on le connaissait parfois mélancolique lorsqu’il était plus calme, mais là c’est une Dreamwave presque sucrée qui nous attends : tout en délicatesse avec des accords doux et aériens… qui s’alourdit dangereusement dans ses 2 dernières secondes pour introduire Exit The System.
Ha bien en voilà de la mélancolie bien fat dans cette intro ! Elle ne quittera pas le morceau et deviendra de plus en plus inquiétante et lourde même… Avec un petit côté SF rétro en bonus avec un son qui ressemble un peu à un thérémine à l’ancienne !
Fini de se tourner les pouces, on a un album à finir et Judged repart à fond les ballons (avec un sample de moto au départ, c’est pour ça que j’écris ça, mais je suis obligé de vous écrire la blague parce que sinon vous ne pouvez pas l’avoir.). En jonglant toujours entre heavy et mélodique, c’est un “Signature Track” de Wolf Arm bien épais avec l’alchimie Guitare / Synthé qui fait toujours autant de merveilles.
Avec son rythme plus syncopé, Mode Two est aussi un OVNI dans sa discographie. Plus tourné vers le côté futuriste, c’est court et ça envoie comme la musique d’un trailer de film.
Damned CDP, pourquoi vous embauchez pas Wolf Arm pour Cyberpunk 2077 ? C’est lui qu’il vous faut !
L’Affaire Loup’is Trio
Alors là, ça rigole plus : on attaque le trio de fin qui pour moi est le GROS point fort de l’album. Après tout, ne doit on pas garder le meilleur pour la fin ? Ça commence avec Outer Limit qui voir Wolf Arm expérimenter de nouvelles sonorités plus claires et de nouvelles structures plus “modernes” (les breaks très DarkSynth “Daniel Deluxe”, les passes de batteries…). La guitare elle aussi montre les crocs et se montre plus agressive dans la seconde partie du morceau. Un pari difficile mais néanmoins réussi haut la main qui prouve que Wolf Arm n’a pas fini de nous faire rêver.
Signal est lui aussi une variation d’un thème déjà exploré : on retrouve les racines “asiatiques SF” typique des univers Cyberpunk et très présentes dans la musique de Wolf Arm, mais mélangée au côté plus Dreamwave (oserais-je dire Dream Pop ? Peut être pas… Mais j’y ai pensé) déjà entendu avec Disintegrate. Et ce lâché de synthé à la fin, lorsque le tempo s’envole, ce son presque dessin-animé de notre enfance… Quelle patate malgré la légèreté de l’ensemble. Cette chanson est un paradoxe à elle toute seule !
Enfin, le bonus track qui est plus qu’un bonus track, parce que franchement le morceau déboîte : Clone Kid finira de vous convaincre que Wolf Arm est capable de vous faire danser. Difficile de vous dire pourquoi, mais là encore j’ai des vibes de dessin-animés des années 90 avec les sons rétro, le riff de guitare en cascade bien épique, les glissements qui font office de pont… Tout ça est un énorme trip qui mélange énormément de choses que j’aime et les secoue très fort ensemble, pour faire un résultat inattendu et unique ! Wow !
Qui a peur de Wolf Arm ?
Vous pensiez tout connaître du Grand Méchant Loup ? Et bien non vous vous plantiez ! Notre ami en a encore beaucoup sous le capot et n’a pas de bouffer des grand-mères. On me souffle même dans l’oreillette qu’il n’est pas prêt de passer l’Arm à gauche.
rewrite.exe est un album surprenant et réussi réalisé par un artiste courageux qui n’a pas peur d’innover et d’aller de l’avant. Comme je l’ai déjà dit, après tout, il s’en fout : il a le Cyberpunk dans le sang. Quoiqu’il fasse, c’est là, bien présent. Il pourrait faire un morceau de musique mexicaine que dans le clip les mariachis auraient des bras cybernétiques et des moustaches connectées.
Certaines prises de risques pourront peut être sembler déconcertantes, mais rassurez vous : après plusieurs écoutes, ces éléments vous sembleront tout à fait à leur place. De toutes façons, la musique de Wolf Arm n’est pas de celles qui s’appréhendent après une seule écoute. C’est probablement l’un des artistes les plus intensément profond de la scène DarkSynth alors forcément…
Mais n’ayez pas peur : foncez, jetez vous la tête la première dans son univers ! Vous ne le regretterez pas !
Merci Wolf Arm pour ce nouvel album !
Merci pour la découverte !