Comme on peut le voir sur la pochette, Absolute Valentine a fait pas mal de sport et d’abdos et c’est en grande forme qu’il nous revient avec son nouvel album Omega (la fin ? Rassurez vous : pas la sienne, celle de la méchante Omega Corporation !).
Après le single DNA Wars (avec Billy Mays Band), on attendait beaucoup de notre Bad Boy de Marseille ! Les singles étaient prometteurs… Mais est ce que l’album peut tenir la comparaison avec ses nouveaux pecs superbement sculptés ?
Good Carb, Bad Carb
Resurrect ouvre l’album et a été disponible à l’écoute dès l’annonce de l’album, alors vous avez déjà dû l’écouter. Si ce n’est pas le cas, qu’est ce que vous fichez encore là ?! Faut suivre un peu !
On retrouve d’abord l’ambiance Rétrofuturiste chère à Absolute Valentine, mi-Cyberpunk mi-Flic de Beverly Hills, mais en version plus mastoc ! Plus large, plus lourde, la prod’ n’a plus rien en commun avec les anciens travaux d’Absolute !
Et puis quand le morceau part, il balance une onde de choc de basse qui va probablement lancer une vague de Headbangs et des mélodies “nostalgépiques” (oui, contraction de nostalgie et d’épique, je fais ce que je veux, c’est ma review) qui vont propager le mouvement jusqu’aux épaules et au dos. Ça c’est de l’opening !
Spitfire commence vite et fort dans une ambiance bien plus Dark et le son du synthé a un côté très Megadrive (la console). Là encore, Absolute plonge plus loin dans les graves, mélange quelques samples vocaux un peu tribaux (qui rappellent un peu Danger, d’ailleurs, ce morceau aurait été parfaitement à sa place sur la B.O. du Jeu Furi).
C’est court, intense, et y’a pas le temps de traîner !
D’autant plus que le Panther qui suit est une véritable tuerie. On a un peu l’impression que Spitfire était une intro de luxe pour ce morceau : c’est dans la continuité, mais c’est plus varié, plus méchant, la ligne de synthé rugit (littéralement) et des samples vocaux utilisés comme un orgue donnent un côté très mystique à la chanson (qui rappelle de loin les vieux GosT).
Dans sa deuxième partie, le morceau se calme un peu… mais le danger rôde toujours avec ces cascades d’arpèges menaçantes… mais toujours aussi dansantes !
Absolute Valentine est un artiste Live : il a tourné comme un dingue ces dernières années (en France comme en Europe) et il sait exactement quoi offrir au public pour le mettre dans sa poche, et là, on n’est même pas au tiers de l’album que déjà on a un trio de tête taillé pour la scène ! Ses prochains Lives vont déchirer !
Rétro-Electro Musculation
Second single dévoilé au public, le plus doux Paramount Glamour Myth ! Un morceau estampillé 100% Absolute Valentine. On reconnait sa patte dans les tourbillons d’arpèges, les basses carrées comme un frigo américain et surtout dans ces mélodies, toujours… Nostalgépiques™.
Un morceau qui fait honneur aux racines ensoleillées de la Synthwave, mais en moderne, entraînant et surtout là encore varié. Absolute Valentine a fait un véritable travail pour apporter plus de variétés à ses chansons, et le résultat est d’une richesse, d’une fluidité et d’une accessibilité impressionnante ! Chapeau l’artiste… ou plutôt casquette ?
Omega nous ramène en territoire plus cinématographique. On pense vite à John Carpenter et aux inspirations Manga Noir des années 80. C’est bien plus lourd, étouffant, et c’est normal : on parle des méchants là !
Enfin des méchants qui doivent quand même bien se trémousser dans les bureaux lors des soirées “heures supp’”… Parce que ça reste quand même taillé pour le Dancefloor des boîtes de Neo-Tokyo encore une fois !
Your Passenger Forever est un petit entract mais vraiment superbement réussi : plutôt que d’enchaîner directement après Omega, Absolute nous propose ce petit interlude qui là encore se trouve à la conjonction de tout ses univers : ça a un côté Action Movie / Buddy Movie des années 90, ça sonne 80’s as fuck, y’a un côté très Street of Rage aussi… J’aurais bien pris un morceau entier sur ce thème : il colle des frissons !
Dernier single disponible en avant première : Powertrust. Si vous l’avez écouté, vous savez à quoi vous attendre ! Heavy, cette track aurait pu servir d’OST d’un bon vieux Doom Like. Ça tabasse, ça bounce, ça groove, le changement de rythme rends la mélodie encore plus irrésistible : il s’agit sans conteste d’un futur hit en live !
Absolute Triceps
Ambiance enfumée et mystérieuse, The Impossible lance la dernière ligne droite de l’album. Et là, surprise : des vocaux (fortement vocodés et triturés) viennent accompagner les mélodies plus posées d’Absolute ! Comme des rayons de lumières qui viendraient percer l’obscurité, les paroles permettent de noircir les instrus et même si ça ne saute pas aux oreilles au premier abord, il s’agit d’une des pistes les plus sombres de l’album (et peut être même de l’artiste) à mes oreilles.
Un contraste impossible, pourtant il est bien là, sous nos oreilles…
J’ai peut être parlé un peu vite en ce qui concerne le côté Dark de The Impossible… Bad Power est aussi une torpille DarkSynth bien noire et bien lourde.
Là on est carrément dans le Cyberpunk Noir le plus total, on continue de danser mais on surveille quand même les autres personnes autour parce qu’on a un peu peur de voir surgir de l’ombre un Samouraï des Rues avec un cyber katana.
Difficile de passer après un casseur d’ambiance comme Bad Power, et pourtant Strange Hope réussi le double pari d’être à la fois une Outro d’enfer et un retour en force à la lumière.
Épique, virevoltant, on oublie tout et on s’abandonne complètement à ces mélodies endiablées. Avec son passage bien badass vers 1:40, Strange Hope est pour moi le point fort de l’album : un bouquet final explosif, le générique de fin où le héros échappe in-extremis à l’explosion de la base secrète du grand méchant et survit alors que tout le monde le croyait mort !
Un final intense parfaitement à l’image de son auteur : un survivant baroudeur inarrêtable, un Yipikayeah motherfucker de la DarkSynth, le seul, l’unique : Absolute Valentine !
Nom de Zeus !
Avec Omega, Absolute Valentine tiens la recette parfaite pour mettre le feu partout où il passera en Live : après Absolute Atilla, l’herbe ne repoussera plus !
En plus d’être taillé pour la scène, Omega est aussi un album riche, complet et complexe. On y retrouve de nombreuses expérimentations et inspirations qui viennent non pas de quelques artistes, mais de la scène Synthwave toute entière.
Absolute Valentine est plus qu’un producteur : c’est aussi un “Synth-Expert” et il a une vision globale et extrêmement précise de la scène sur laquelle il évolue.
Avec cet album, c’est encore plus flagrant : nous avons un artiste qui a une profonde compréhension de sa musique, de ses racines, de ses pairs… et aussi de son futur. Pas étonnant que Lazerdiscs Records enchaîne les signatures de qualité !
Alors allez y, sautez dans la Dolorean : quand c’est Doc Valentine au volant, aucun risque de paradoxe temporel en retournant vers le Futur !