Jaquette version Manga 80’s par Mizucat ? CHECK.
Coucher de soleil dessus ? CHECK
Logo façon “pinceau” rose pâle ? CHECK
A en juger par la Cover, on a un EP de Retrowave bien typique.
Ca serait mal connaître Lazerdiscs Records. Déjà, y’a jamais de trucs “bien typiques” chez eux. Et avec Castroe et son Less Than Zero, on peut dire que le label a été fidèle à ses habitudes.
Oui je sais, tant de build-up pour une blague aussi pourrie, c’est un peu décevant.
Mais il fallait que je sorte cette vanne au plus vite, sinon j’allais me focus dessus pendant toute la review.
…
Castroe, fidèle à ses habitudes… Vous l’avez ?
Comme une odeur d’huile…
Welcome Home crée l’ambiguïté dès les premières secondes : ces battements assez typiques Darksynth semblent tout droit sortis d’un album de Daniel Deluxe et surprendront le fan de Retrowave. Et dès la fin de l’intro, la confusion est encore plus totale. C’est définitivement rétro, en effet, c’est trop mid tempo pour de l’outrun, c’est trop heavy pour du “Miami Nights”… Si vous voulez mon avis, cette piste serait parfaite pour accompagner un montage de film d’action, le passage typique où les héros s’entraînent avant de retrouver le grand méchant pour lui faire manger la calotte de ses morts. Surprenant… Mais on vous l’avait dit : l’habit ne fait pas le moine.
Debt continue exactement dans la même lignée : une basse lourde et lente, des arpèges tranchants et épiques. Ça donne des frissons et ça fait monter les poils. La musique de Castroe est difficile à classer, mais pour moi elle rejoint celle des Américains qui ont choisi pour inspiration les films d’action rétros plus que les films d’horreur/fantastiques (je pense en particulier à Street Cleaner)… Mais avec une approche plus lumineuse tout en restant aussi héroïque.
Avec son intro dramatique, Withdrawal semble déjà plus grave, plus intense. Quelques accords planants viennent alléger l’ambiance, mais difficile de contrer la déprimante ligne d’arpège omniprésente. Mon morceau fétiche de l’album, une musique de fin du monde rétro poignante qui vous prendra aux tripes et fera se nouer votre gorge. Difficile d’imaginer comment Castroe arrive à faire ressortir ces émotions avec ces sons qui n’ont rien de terrifiant, et pourtant Withdrawal est angoissant et implacable.
Quelque chose de pourri sous les palmiers…
L’épopée continue avec Laurel Palms Motel, probablement le repaire d’une bande de criminels dans lequel notre héros tente de s’infiltrer lors de la mystérieuse intro… Mais les choses ne se passent pas comme prévu et la fusillade éclate malgré tout alors que les basses se déchaînent et résonnent dans les couloirs. Dans le dernier tiers de la chanson, notre héros se retrouve seul survivant du carnage, probablement en train de se remettre de ses émotions avec une Lucky Strike au bec.
Clap de fin : le générique démarre, les crédits défilent et Gone But Not Forgotten se fait entendre dans la salle. Maintenant que j’y pense, vu le nom de la piste et la tristesse du morceau, le héros ne s’en est peut être pas tiré… Quoiqu’il en soit, extrêmement lent, ce morceau chill par excellence est parfait pour conclure l’EP dans la zenitude et aider l’adrénaline à redescendre chez les spectateurs.
En cadeau bonus sur l’EP, on a un remix de Debt par Oolong. Plus Dancefloor, cette version rends dansante une piste pourtant sombre. Une approche intéressante et efficace tant elle est différente du matériel de base !
Castroe, agent de la paix avant tout
Vous remarquerez, j’ai dit “spectateurs” et pas “auditeurs”, parce que plus j’ai avancé dans l’écoute de l’album, et plus j’avais l’impression d’être devant un film. Un truc genre Scarface, mais avec une touche “polar Noir”. J’ignore si c’est juste moi, si j’ai foncièrement mal compris l’album ou autre chose, mais il est impossible pour moi de se détacher de cette idée. Peut être que j’ai trop baigné dans cette culture et ce genre de cinéma ?
En attendant, Less Than Zero est un EP qui raconte une histoire, avec une structure cohérente, des personnages, des ambiances et beaucoup d’action ! Si vous aimez ce genre d’albums, alors ruez vous dessus, et n’oubliez pas le pop-corn !
Castroe est un peu un mouton noir dans le troupeau de la DarkSynth… Enfin non : plutôt un mouton blanc dans le troupeau de moutons noirs.
Là où les autres parlent de Satan, d’Aliens anthropophages, de villes déshumanisées et de corporations dévorées par l’avarice, lui il est juste un flic qui fait son boulot.
Juste un flic qui fait sacrément bien son boulot.