Depuis que notre rédac-chef bien aimé a balancé le clip de Digital Asylum sur notre Facebook, j’ai été un peu obsédé par cette piste.
C’est beau, ça sonne bien, c’est couillu et poilu, très très proche du Metal. En plus, c’est français ! J’attendais avec une réelle impatience d’en avoir plus et enfin, mon vœu a été exaucé lundi.
11 morceaux (11… Elevn…) à écouter avec cet album, mais ces 10 autres tracks sont-elles à la hauteur du single qui m’a hanté ces dernières semaines ?
Digital Empire, un empire en mieux
Difficile de choisir un meilleur titre de chanson pour ouvrir l’album que Seven Trumpets (référence biblique que même les plus athées d’entre vous auront saisi je pense…). Elevn prépare vos oreilles “en douceur” avec un petit carillon de xylophone et des “la la la” enfantins flippants avant de commencer l’assaut avec des riffs bien heavy et un synthé possédé. Les fans d’Horror Synth seront déjà aux anges, les fans de Darksynth (et de Dance With The Dead en particulier) commenceront déjà à saliver, et les autres seront déjà partis se planquer sous le lit.
Digital Empire prend la suite et commence directement par des vocaux masculins. D’après le nom de la piste, il s’agit du groupe Me And My Shadow. Une petite recherche sur Bandcamp m’a permis de retrouver les gaillards. Assez originale, cette voix donne une touche très “Power Metal” à la piste même si ce n’est pas volontaire à mon avis. C’est probablement dû au fait que le chanteur en fait des tonnes, alors que sur ses albums il donne dans un registre plus simple et direct. Mais là, s’il ne semble pas toujours à son aise, il s’en tire néanmoins avec les honneurs même s’il n’arrive pas à piquer la vedette aux riffs démentiels de Elevn. Le breakdown vers la fin du morceau à de quoi faire fondre le visage des fans de KoRn (ce son de gratte ne trompe pas !).
Un album heavy aux envies d’heavy
Unknown 13 : Golem arrive à point nommé pour rétablir la balance et laisser l’autre face du duo s’exprimer : le synthé. Attendez-vous à un clavier ultra agressif, un peu dans la veine de ce que pourrait faire GosT, mais en 10 fois plus heavy (oui, vous allez lire le mot “Heavy” une bonne dizaine de fois dans cette review, j’y peux rien, c’est tout l’album qui est comme ça !). On n’est pas là pour enfiler des perles comme dirait l’autre… et encore, la tension va monter jusqu’à la fin du morceau de manière maîtrisée et vraiment puissante… Écrasante même.
Mention spéciale pour le sample vocal archi-modifié qui hurle “GOLEM”, je l’adore ! Il rappelle fortement la voix de Spiros Antoniou de Septic Flesh, l’un de mes groupes préférés. Et ouais, y’a pas que la Synthwave dans la vie !
Pour Death Commando, Elevn continue dans du synthé bien “dans tes gencives” soutenu par la guitare ronronnante du duo. Dans sa structure, il ressemble fortement à Unknown 13 : Golem, mais sans arriver à l’égaler en terme d’intensité.
Rise of the Elevn
Vous vous rappelez que j’ai parlé de KoRn un peu plus haut ? Et bien Rise of the Leviathan continue dans la lancée Nu-Metal en invitant Statik G à venir rapper sur ses riffs de plusieurs tonnes (non, ne me demandez pas, je ne connais pas Statik G. J’ai regardé sur le Net, et en effet, le mec fais du Hip-Hop… mais je n’en sais pas plus). Tout ça sent bon les années 90, genre P.O.D., Papa Roach, Linkin Park, Hed (P.E.) ou encore Crazy Town…
Les tous premiers samples vocaux me font toujours un peu bizarre (ils se chevauchent de manière un peu maladroite), mais dès que les guitares s’énervent, tout ça est oublié et je vous mets au défie de ne pas commencer à Headbanger. D’ici la fin du morceau vous n’aurez probablement plus de cervicales.
On repart dans de l’instrumental plus classique et DarkSynth avec Only Flesh. Après le festif revival Rap Metal qu’était Rise Of The Leviathan, Elevn semble vouloir recentrer le débat sur de l’Horror Synth plus terrifiant : voix démoniaques, mélodies stridentes et lancinantes, tempo plus lent et menaçant, on retourne taper aux portes de l’enfer…
Ce qui est un peu ironique quand j’y pense, parce que j’espère qu’il y a une place spéciale en enfer pour certains groupes de Nu-Metal… Crazy Town sérieux…
Un album qui a et donne de la voix
Si vous cherchez une voix caverneuse et infernale, qui d’autre appeler que Jared Kyle des célèbres Dead Astronauts ? Je sais que la voix du bougre ne plaît pas à tout le monde, mais moi, je suis vraiment fan et c’est un bonheur que de l’entendre ici, en aussi bonne et “Metallique” compagnie. Pour une fois que ce n’est pas sa partenaire Hayley Stewart qui est invitée (elle a plusieurs featuring chez Perturbator, GosT et Arcade High quand même) ! Midnightmare aurait d’ailleurs pu être un morceau des Dead Astronauts, sauf que la puissance de frappe d’Elevn rends le tout carrément plus… vous l’aurez deviné… Heavy !
From Beyond est vraiment intéressant et surprenant : on a clairement une structure et une mélodie Synthwave, presque pop sucrée, et pourtant c’est joué avec une lourdeur démentielle, une basse qui gratte gratte gratte et des vocaux inquiétants qui donnent une couleur très mystique à l’ensemble. Là encore, j’y retrouve une influence 90’s et pas des moindres : Tool.
A la fin, lorsque tous ces éléments se rencontrent dans un climax surpuissant, ça arrache la tronche tellement ça défonce. Oui, c’est un résultat scientifique.
“I know God, you sir are no God.”
C’est sur ces mots que commence Digital Asylum, accompagné de tout l’attirail Horror Synth d’Elevn. Si vous avez pris le temps de regarder le clip balancé en début de review, vous connaissez le morceau. Pour les pressés, sachez juste que Digital Asylum est un équilibre parfait entre lignes de synthés entraînantes et riffs de guitare heavy, le tout saupoudré de divers éléments horrifiques. Le clavier et la guitare se répondent à tour de rôle de manière fluide et avec un naturel désarmant. Ce morceau est un pur condensé d’Elevn lorsque le combo fais sa musique la plus personnelle. Pour moi, c’est le gros hit instrumental de l’album, juste devant From Beyond.
Dernier morceau chanté : Mayday invite lui 2grump (que je ne connaissais pas non plus, un vocaliste français d’après son Facebook). Excellente surprise : la voix du bougre colle parfaitement à la musique d’Elevn et rappelle violemment celle de Layne Staley d’Alice In Chains lorsqu’il pousse un peu ses cordes vocales ! Elle donne une forte touche Grunge là encore très 90s à cette chanson, et surtout… Quelle claque.
Les poils quoi. J’ai les poils qui se dressent sur les bras à chaque fois qu’il crie Mayday. Définitivement LE hit chanté de l’album.
Quel dommage d’avoir mis cette piste si loin dans la tracklist : surtout ne la manquez pas ! Vous devez l’écouter… Et gardez l’esprit ouvert : on est clairement plus dans le Rock que dans la Synthwave là !
Ultime morceau, Gates of Hell aurait pu s’appeler “Bon ben il nous en reste encore un bon paquet, on vous le met quand même”. 7 minutes 20 secondes : c’est la durée de cette odyssée instrumentale grandiloquente et épique. Le duo Synthé / Guitare fait des merveilles et continue son HorrorSynth boosté à la 6 cordes. Une belle façon généreuse de clore l’album !
Elevn étend sa domination
Digital Empire a été une grosse surprise pour moi : je m’attendais plus ou moins à une dizaine de morceaux dans la veine du single Digital Asylum… Je ne pouvais être plus loin de la réalité.
Déjà, je n’avais pas vu venir l’influence Rock/Metal des années 90, ce qui a été une bonne surprise.
Je n’avais pas non plus imaginé que l’album recèlerait d’autant d’expérimentations et d’idées. C’est parfois un peu déroutant, à de très rares endroits j’ai trouvé que ce n’était pas spécialement réussi (je pense à l’intro de Rise of the Leviathan qui m’a fait lever un sourcil dubitatif) mais dans son ensemble c’est vraiment une grande réussite.
J’applaudis les artistes qui osent avoir des démarches aussi couillues et sans filet. Elevn parvient à trouver un son très personnel qui reflète malgré tout ses nombreuses inspirations et influences sans jamais tomber dans le piège du Tribute Band.
Digital Empire est de ces albums qui s’apprivoise et devient de plus en plus réussi après chaque écoute… Alors ne perdez pas de temps et commencez dès maintenant !
Ah oui… Un dernier truc… Un petit message aux deux artistes : j’espère que l’empire d’Elevn ne restera pas totalement “Digital” et que l’on aura droit à une petite tournée live ? Hein ? Sérieux les gars, vous avez matière à déclencher des pogos de cinglés ! (on me dit dans l’oreillette que Colmar en a déjà profité)
Digital Empire est disponible en Name Your Price sur Bandcamp.