S’il y a bien un domaine où la France ne manque pas (d’incroyables) talents, c’est bien la Synthwave/Darksynth. Avec deux albums sous la ceinture, Humanity in Decay est l’une de ces pépites méconnues du genre… mais ça va changer avec son nouvel EP baptisé Seed.
Puisant son inspiration dans la littérature Lovecraftienne et de Science-Fiction, HiD mélange DarkSynth Cyberpunk et Horror Synth spatiale selon une recette maison qui déboîte autant qu’elle fait flipper. Si vous voulez un cours de rattrapage, alors jetez une oreille sur Neo R’lyeh sorti il y a 2 ans.
Aujourd’hui, les Grands Anciens se réveillent à nouveau et c’est une version 2.0 de HiD qui les guide jusqu’à vous.
Ecouter Seed de Humanity in Decay
Je suis d’@illeurs
Parce qu’en 2 ans, il y en a eu du changement. Et le premier qui saute aux oreilles, c’est le Mix bien plus massif : Seed voit le son de HiD se développer, muter… et écraser tout sur son passage. C’est plus lourd, plus clair dans les aiguës et surtout rond et plus profond dans les basses. Et c’est tant mieux, parce que si vous aimez quand un album vient faire vibrer votre casque contre vos oreilles alors vous allez être servis !
Dès les premières secondes de Reboot, la première track, HiD vous assomme sous un déluge de percussions, suivi d’une explosion d’orgue très “Horror” puis du morceau en lui même sur une ligne de basse synthé DarkSynth. En quelques secondes, les bases sont posées, et le territoire est marqué.
Difficile de trouver mieux comme Ouverture pour cet album qui vous mets dans le bain (d’acide ?) d’emblée.
Avec son intro malsaine et tentaculaire, While prends le relais et sort un groove électro affûté à faire tomber des têtes. C’est DDD : Dark, Dansant, et Déviant : un peu comme une BO de boîte échangiste Alien SM.
Ouaip, c’est pas avec ce genre de quotes que Synthspiria va se retrouver mis en avant sur les albums (vous savez, les étiquettes sur les albums avec des citations et notes des magazines) mais on assume.
Et puis c’est super l’échangisme inter-espèces extra-terrestres SM.
Celui qui Chuchotait dans la Matrice
La track suivante est l’une de mes préférées de l’EP : SymBIOS commence comme une charge de CRS avant de se calmer tout d’un coup et de laisser de l’espace à un autre artiste français talentueux : UntilBEN. Alternant sursauts Darksynth aggressifs et envolées planantes sombres (presque Cold Cave), cette piste flirte même avec le Metal Industriel.
Surprenante (je ne m’attendais pas à trouver du chant sur l’EP), et particulièrement réussie, c’est définitivement une expérimentation à retenter et un des points forts de l’EP !
La fin de Seed arrive avec 2 pistes plus longues : la première, c’est Entropy. Bien plus ancrée dans l’Horror Synth, c’est 7 minutes de dépression horrifique et mystique avec une mélodie néanmoins très marquante. C’est aussi le calme avant la tempête, parce que la suite ne prends pas de prisonniers…
Backup And Restore est une manchette dans la mâchoire de 10 minutes qui s’aventure presque en terrain Djent Metal avec une gratte qui Chug Chug à tout va, accompagnée par des lignes de synthé bien épiques. On a l’impression que Doom Guy a décidé d’aller coller une droite à Cthulhu.
Mais ce n’est pas tout : ce morceau offre aussi une belle plage plus ambiante avant de remettre le couvert pour un deuxième service frénétique… histoire de finir l’album dans le sang et les tripes. Extraordinaire. Définitivement mon track favori de l’EP, et encore une expérimentation réussie de HiD.
Les Hacks dans les Murs.
Une évolution ? Seed en est clairement une. Mais ce n’est pas tout : est-ce que cet EP plante la graine d’un renouveau et est en réalité une sortie “charnière” ? Une porte vers une nouvelle dimension ?
En tout cas, les diverses expérimentations et influences ajoutées au Mix Cyberpunk Horror de l’EP fonctionnent du feu de Dieu Cthulhu et quelque soit l’avenir, il s’annonce radieux apocalyptique.
Seul le prochain album nous le dira, mais à l’heure actuelle, nous avons 5 titres à écouter en boucle. Seed est un EP varié, avec de nombreux détails dont il faudra plusieurs écoutes pour les remarquer et, à l’image de sa belle cover, de nombreuses nuances de couleurs… tombées du ciel.