Tout droit débarqué du Nord Ouest de la France, plus précisément de Caen, JVNE est un groupe combinant Synthwave et Pop Rétro à la fois futuriste, planante et aventureuse. A l’origine composé de cinq membres, Margaux N’Guyen, Zool Vabret, Antony Josse, Angèle Chatelier et Sidoine Foch, le groupe s’est finalement recentré sur un trio (Margaux, Zool et Antony). Après un premier EP déjà bien senti, sorti au label Future City Records, JVNE nous parle de leur début, leur style de composition, de leur relation avec leur label, et leur prochaine production.
Note : Interview réalisée par Oleg Vasilenko (Synthwave Radio). La version originale (en cyrillique) est disponible ici.
Bonjour JVNE ! C’est un vrai plaisir pour moi de vous inviter pour cette interview ! Comme le veut la tradition, pouvez-vous commencer par vous présenter ?
Bonjour et merci d’avoir pensé à nous ! Nous sommes JVNE, nous vivons dans le Nord Ouest de la France et nous jouons ensemble depuis la fin de 2016. Au début nous étions cinq, et aujourd’hui nous ne sommes plus que trois : deux hommes et une femme. Margaux est notre lead chant, Antony s’occupe du synthé de basse et moi, Zool, je joue du synthé et de la guitare.
En 2016, tu as été interviewé par le journal Ouest-France. C’est impressionnant qu’un projet aussi jeune ait pu être approché par un journal régional ! Dans cette interview, l’auteur disait que tous les membres de JVNE venaient d’autres projets musicaux qui n’étaient pas du tout liés à la Synthwave/Synthpop. Par exemple, tu viens du groupe Pop/Rock The Lanskies ou Antony vient de Headcharger, un groupe de Stoner. Comment cinq musiciens d’horizons aussi différents ont-ils pu se retrouver ensemble à jouer de la Pop Rétro au synthé ? Qui se cache derrière la création de JVNE ?
Merci ! Tout a commencé lorsque je suis tombé amoureux d’une track du jeu Double Dragon Neon composée par Jake Kaufman appelée “Mango Tango Neon Jungle”.
Deux semaines plus tard, j’ai vu le film “Drive” (Sur le tard, j’avoue…) et cela a été une révélation pour moi. J’ai commencé à créer le son qui allait devenir celui du groupe une semaine après.
J’ai vite eu quelques pistes prêtes, mais toujours pas de voix à poser dessus, un ami qui travaillait dans le studio où nous enregistrions le premier EP est venu me voir pour me dire qu’il avait été à un concert et qu’il était tombé sur une personne qui avait la voix parfaite pour ce projet.
J’ai contacté Margaux directement pour lui demander de chanter sur “The Enemy”. 30 minutes après, la chanson était dans la boîte et j’ai su qu’elle serait notre chanteuse permanente.
Antony travaillait comme ingénieur du son aux Studios Telemaque et avait participé à l’enregistrement du premier EP. Il m’a dit qu’il adorait le son de JVNE et qu’il serait partant pour rejoindre l’aventure si nous avions besoin d’un nouveau membre. On a eu de la chance : c’est un véritable expert en hardware rétro et franchement, sans lui, nous n’aurions pas pu faire aucun concert.
Comme tu l’as dit, vous n’êtes plus que trois aujourd’hui alors que vous étiez cinq au départ : où sont les autres membres ?
Tu vois, je ne sais pas trop comment ça se passe en Russie, mais en France, plus il y a de membres dans un groupe plus il est difficile de jouer en Live. En effet, nous avons une loi qui stipule que chaque participant à un concert doit être payé individuellement et du coup, des salles de concert modestes ne peuvent pas se payer de gros groupes, au sens nombreux.
Lorsqu’on s’est rendu compte qu’il serait difficile de tourner dans ces conditions, nous avons décidé de réduire notre effectif au minimum et de ne garder que le coeur de JVNE. Nous avons dû réadapter l’intégralité de notre show vu que nous avons perdu un synthé et notre batteur… Cela a pris du temps, plus que nous aurions voulu… Et maintenant que nous sommes prêts à rejouer en live, toutes les salles sont fermées avec le COVID.
Nous n’avons plus qu’à attendre que les choses se tassent…
Est-ce que vous avez pu adapter des manières de créer issues de vos autres projets ou est ce que vous avez du réapprendre / réinventer de nouvelles bases pour jouer de la Synthpop ?
Pendant les six premiers mois, j’ai fait pas mal de recherches et écouté beaucoup de musique. La méthode fondamentale n’était pas si éloignée de la Pop que je pratiquais déjà comme elle repose sur la dualité refrain/couplet mais pour moi, le plus important, c’était d’avoir un bon son de clavier.
J’ai téléchargé des synthés virtuels et des plug-ins qui étaient utilisés pour la Synthwave mais cela sonnait comme tout ce que j’avais déjà pu entendre. Ce n’était pas neuf, ce n’était pas notre son.
Nous avons alors opté pour une solution “50/50” pour créer notre propre identité sonore : d’un côté nous allions utiliser nos synthés qui n’étaient pas spécialement faits pour de la Synthwave et de l’autre nous allions utiliser quelques plug-ins vintages genre la Reverb 80’s et d’autres petits tweaks persos ! Nous avons expérimenté avec le premier EP, mais cela sera bien plus flagrant à l’oreille avec le nouveau qui va arriver.
En 2017, votre premier EP est sorti chez Future City Records, un label connu pour ses retards de paiement auprès des artistes… Est-ce que vous avez eu des problèmes avec le propriétaire du label ?
Hummmm… *rire nerveux*. Comme il nous doit encore de l’argent, je pense que tu as ta réponse.
Est-ce que tu as des musiciens préférés qui t’influencent et t‘inspirent ?
Bien sûr ! Pour moi, Supergrass est la base. J’ai fait de la BritPop pendant 10 ans avant d’en arriver à la SynthPop et plus récemment, de la Pop classique. Néanmoins, si je devais nommer quelques groupes qui ont inspiré ma musique, et plus particulièrement ce que vous pourrez entendre dans le futur, je dirais Aurora, Chvrches et M83.
La Synthwave French Family est grande et a de nombreux visages. Est-ce que vous y avez des amis ?
Tu as raison, j’en ai croisé des membres une ou deux fois. Par exemple, juste avant la sortie de notre premier EP, un de mes potes qui était en tournée m’a dit qu’il était tombé sur Anoraak et qu’ils avaient sympathisé.
Une semaine plus tard, me voilà sur Paris en train de prendre un café avec lui. Je voulais quelques conseils et surtout son opinion sur notre EP. C’était un vrai plaisir de le rencontrer et d’échanger avec lui.
On a aussi pris quelques bières avec les membres du collectif Valerie qui ont lancé le mouvement Retrowave en France, c’était fun !
Sur votre page Soundcloud, j’ai remarqué que vous semblez adorer Electric Youth ! Quelle serait votre réaction si vous pouviez faire ouvrir un live pour eux ?
On adorerait bien sûr ! Si mes sources ne se plantent pas, ils voulaient venir en Europe pour leur prochaine tournée. Ca serait un honneur pour nous… Si par hasard tu les connais, pistonne-nous ! *rires*
OK, dernière question. Votre prochain EP va bientôt sortir… Est-ce que vous pouvez nous en dire plus à son propos… et aussi quand est ce qu’il va sortir ?
En terme de son, cet EP sera plus actuel que le premier entre guillemets. Nous avons pris notre temps pour faire en sorte qu’il sonne plus 2020 que 1980. Rassure-toi : les synthés Vintage sont toujours là quand même !
Certaines chansons sont un peu plus agressives, mais les racines SynthPop sont définitivement toujours présentes. En ce qui concerne la date, je ne peux pas vraiment te le dire encore… Mais je peux quand même annoncer qu’un single sera diffusé avant la fin d’octobre.
Merci infiniment JVNE pour cette interview, c’était très intéressant… Et on attends ce single de pied ferme !
De rien !
Synthspiria remercie JVNE, Oleg Vasilenko et Synthwave Radio pour cette interview. Si vous aimez nos compilations chez Synthspiria, vous devriez jeter un coup d’œil à leur label qui a une approche très similaire au nôtre !Ne manquez pas la compilation inspirée par Shining… Avec pas mal de bons copains dedans !