Figure montante de la Synthwave française depuis déjà quelques années avec des singles et EP comme Awakening, Return, Nightkiller et bien d’autres, M.A.D.E.S nous a accordé un peu de son temps pour répondre à nos quelques questions, sur son parcours, ses influences et références pour nous en dire un peu plus sur sa personne et sur son dernier album Motor, paru chez le label Jet Set Trash.
Bonjour M.A.D.E.S ! D’ailleurs, entrons directement dans le vif du sujet, comment prononce-t-on M.A.D.E.S ? J’ai déjà rencontré différentes variantes chez plusieurs personnes “MAD” ? “MADESSE” ? “Mayde”…? Que signifie cet acronyme également ?
Je le prononce MADESSE ! Cet acronyme signifie «Make a different electronic sound».
Nous sommes maintenant fixés ! Pourrais-tu te présenter brièvement, nous raconter ton parcours musical ?
Je suis réellement tombé dans la musique lors de mes années collèges. Mon père est un grand fan de rock c’est donc tout naturellement que j’ai commencé à m’intéresser à ce style et à tout ce qui l’entoure. Quelques mois plus tard on m’a offert ma première guitare électrique (une Peavey raptor noire avec le petit ampli 15w qui va avec) et c’est vraiment là que tout a commencé pour moi. Je voulais rejouer les riffs de mes artistes favoris (Metallica : Enter Sandman, Master of Puppets, Orion – Nirvana - Slayer : Reign in Blood…) et très vite j’ai ressenti le besoin de créer, de composer mes propres riffs. On a monté un groupe de rock avec des amis dès la fin du collège puis durant les années lycées. On faisait des reprises, puis par la suite quelques compositions ; ça reste un très bon souvenir.
Plus tard, j’ai acheté du matériel de MAO afin de m’enregistrer et de créer : un clavier MIDI, une guitare acoustique, une carte son externe, un micro et finalement la découverte de ABLETON LIVE). Je suis rentré dans la musique électronique quelques années plus tard, durant mon BTS. J’étais influencé par une nouvelle scène qui émergeait (à l’epoque : Justice, Bloody Betroots, Crookers, Boys Noize, Cyberpunkers, Belzebass, F.O.O.L, Drivepilot …). C’est à ce moment-là que mon projet premier projet electro est né : WHOPPERS. Un projet monté avec mon pote de toujours. Ça a duré environ deux ans puis par la suite j’ai décidé de monter mon propre projet solo, M.A.D.E.S.
J’ai commencé à m’intéresser à la Synthwave/Retrowave après avoir découvert les premiers titres de Kavinsky et de College.
Quelles sont tes influences que tu peux avoir au niveau musical et/ou de façon plus globale pour amener ce côté « électrisant » à tes musiques ?
J’écoute beaucoup de musique et finalement pas mal de style différents (De l’électronique, de l’acoustique, des Bandes originales de films, du rock/metal, du jazz et un peu de pop..)
A ce sujet, comment es-tu venu l’idée de composer de la Synthwave ? As-tu été inclus dans le genre par le public où était-ce un choix de composer dans ce mouvement ?
Au début de M.A.D.E.S j’étais vraiment dans l’électro, avec mes petites influences orchestrales et cinématographiques. J’ai commencé à m’intéresser à la Synthwave/Retrowave après avoir découvert les premiers titres de Kavinsky et de College.
Un classique ! Par ailleurs, en dehors de la musique électronique, joues-tu d’autres instruments ? Et si oui, as-tu d’autres side-projects qui en découlent ?
Oui je joue de la guitare et un peu de piano. Pour le moment je n’ai pas de projet parallèle.
Qu’est-ce qui t’a amené à travailler avec le label Jet Set Trash et renouveler cette collaboration ?
Jet Set Trash suivait déjà mon premier projet WHOPPERS et ils m’ont proposé de m’accompagner pour mon nouveau projet perso, M.A.D.E.S. Tout cela s’est fait assez naturellement.
Pourrais-tu nous en dire plus sur Motor, ton dernier album, sorti chez Jet Set Trash justement ?
Motor représente pour M.A.D.E.S un nouveau départ, le début d’une histoire qui je l’espère sera longue et chargée d’émotion. Motor est mon premier pas dans le monde de la Synthwave. C’est un début, un commencement. Je suis content du travail accompli même si parfois je me dis que j’aurai pu encore mieux faire. Mais c’est ainsi et le meilleur reste à venir !
A ce sujet, qu’est-ce que tu penses de la scène Synthwave actuelle, des chaînes de promotion, des labels, etc ? Vers quoi penses-tu que celle-ci va aller et vers quoi tu te diriges actuellement ?
La scène Synthwave est, je trouve, en plein développement. Il y a maintenant de nombreux artistes « leaders/confirmés », qui dominent et influencent fortement le reste de la scène par leurs travaux. De nombreux sous-genre font leurs apparitions, beaucoup d’artistes n’hésites pas à mélanger la « Synthwave » avec d’autres styles parfois assez différents et lointains. Au final, ça donne des choses nouvelles et c’est assez plaisant et rafraichissant. L’avenir nous montreras comment tout cela va évoluer .
Pour ma part, je suis actuellement en pleine composition de mon deuxième album et j’essaie d’y inclure tout un tas de chose que j’apprécie tout en essayant de garder comme corps centrale cet élément « synthwave ». Ça promet un beau mélange de style.
Tu as déjà fait quelques lives dont un où Synthspiria était présent, à Paris au Gibus Live, en compagnie de Daniel Deluxe et Elevn. Y a-t-il d’autres dates françaises ou ailleurs de prévues ?
Oui en effet j’ai quelques propositions de live pour M.A.D.E.S en France et ailleurs mais je dois actuellement faire face à la perte d’une partie de mon matériel live suite à un incident… Par conséquent je ne peux accepter et prévoir d’autres live pour le moment..

M.A.D.E.S au Gibus Live à Paris / Crédit : Gaëtan Abgrall
Nous avions sélectionné le clip de ton morceau ‘Nightkiller’ en tant que meilleur single de l’année 2017, avec une magnifique Music Video. A ce sujet pourrais-tu nous en dire plus, comment cela s’est passé dans le processus de création ? Est-ce toi qui est allé vers la production pour demander un clip ou bien l’inverse ?
Je tiens d’abord à vous remercier pour cette distinction. C’est toujours gratifiant et motivant de voir son travail reconnu et récompensé donc MERCI à vous .
Concernant le processus de création : après avoir composé une grande partie du titre en quelques jours, je l’ai transmis à mon label (JST) afin d’obtenir un premier retour. Finalement, celui-ci a été positif et le label m’a proposé de le placer comme « étendard » pour ce premier LP. Cette position incluait donc la création d’un clip. C’était vraiment excitant.
Avec une telle qualité, on se demande alors, il y en a-t-il d’autres de prévu ou en cours ?
Malheureusement je ne peux pas encore répondre à cette question mais j’espère qu’il y en aura encore !
Pour rester dans la vidéo, qu’est-ce tu penses des deux montages faits par The 80’s Guy -que l’on connaît très bien-, pour tes tracks ? Un a d’ailleurs très bien fonctionné, t’attendais-tu à un tel retour ?
J’aime beaucoup le travail réalisé par The 80’s Guy et en toute honnêteté non je ne m’attendais pas à un tel succès concernant le montage de mon titre « Return ». C’est une bonne chose pour M.A.D.E.S et d’ailleurs encore merci à toi The 80’s Guy !
On arrive quasi à la fin de cet échange et on a toujours cette question qui reste bien souvent sans réponse ou restant en suspens dans nos diverses interviews… : Quels sont tes futurs projets ?
Comme je l’ai précisé plus haut, je suis en train de composer le deuxième album. J’ai déjà une grosse dizaine de titres, certains sont presque finalisés tandis que d’autres nécessitent encore du travail. J’ai réellement envie de franchir un cap avec cet opus et donc par conséquent je prends du temps afin de réaliser cela.
On a hâte alors ! Avant de te laisser, est ce qu’il y a un morceau Synthwave qui t’obsède en ce moment ? Et pour conclure, il y a t-il quelque chose que tu voudrais ajouter ?
J’écoute assez régulièrement Nocturnal de The Midnight ainsi que leur album Endless Summer sortie en 2016. Je trouve ces gens extrêmement talentueux. A côté de ça j’écoute beaucoup POWER GLOVE, Lazerhawk, Perturbator (son titre Tactical Precision Disarray me donne toujours une grosse claque à chaque écoute, on sent réellement une influence metal/indus black).
Merci M.A.D.E.S !
De rien et merci à vous !
Vous pouvez retrouver M.A.D.E.S sur Facebook, Bandcamp, Soundcloud et Twitter.

M.A.D.E.S au Gibus live à Paris / Crédit : Gaëtan Abgrall