Ce fut la claque de 2015, un album et un groupe sortis de la pénombre ou d’un garage. Peu importe, les deux signifient que ça déboule de pas grand chose. Un groupe qui arrive comme ça, sans trop rien dire et nous compose sans aucun doute l’un des meilleurs albums de cette année 2015 aux côtés de la compilation Trilogy de Carpenter Brut, de l’OST d’Hotline Miami 2 : Wrong Number, de l’album Behemoth de GosT, de Fléau, ben…par Fléau et d’autres bien entendu, mais on n’ est là pour tout énuméré à tout va ! Oui monsieur, je vais le dire ainsi, proclame haut et fort, Magic Sword te fait remuer tes petites oreilles et ta petite épée de chevalier blanc (non, pas celle à laquelle tu penses…) avec Volume 1.
When the Magic Sword appears…
Pour resituer, Magic Sword c’est un univers complètement à part ce qu’on a l’habitude d’écouter et de voir, bien que la petite scène Synthwave réserve encore énormément de surprises et de possibilités. Mais Magic Sword, c’est trois types qui se font appelés The Keeper, The Seeker et The Weaver, portant un masque à LED et des capes à capuche, qui jouent du synthé, de la batterie et de la guitare électrique. Et parfois même, un des membres du groupe sort son épée à LED. Classe. Cette mise en scène peut paraître alors un peu kitsch mais je suis obligé d’en parler, tant Magic Sword est un groupe assez méconnu (ndlr : à l’écriture de ces lignes, le trio n’en était qu’à ses premiers débuts) qui impose sa rythmique et son univers. Et c’est à l’écoute de cet album que tout cela prend tout son sens et permet alors de créer une véritable identité au groupe.
…good will always prevail
Magic Sword, c’est quelque chose qui s’écoute et s’apprécie, mais j’irais plus loin, je dirais que c’est quelque chose qui se ressent, qui se remémore, tant cette musique s’inspire et se réfère à différents genres. Un certain côté nostalgique. Déjà, musicalement, on sent l’inspiration du côté des 80s, logique me dirait-on… La présence du synthétiseur instaurant une véritable base aux compositions. Derrière cela, il y a de l’inspiration du côté des pionniers comme Vangelis , Moroder, Carpenter, Jarre concernant les sonorités électroniques et des synthétiseurs, à n’en point douter. Peut-être un petit côté Daft Punk aussi, avec ce côté anonymat dû aux casques à LED et cette volonté de ne pas rentrer dans un star-system. Mais Magic Sword ce n’est pas que de la Synthwave à proprement parlé, c’en est une base, mais cela va bien au-delà.
Volume 1, le début d’une grande saga ?
Finalement, quand j’écoute Volume 1, j’ai plus à faire à un genre que je qualifierais de heroic-fantasy-adventure-retro-futuriste-instrumental, que de Synthwave. Ça ne veut absolument rien dire, mais c’est ce à quoi me fait penser Magic Sword, à travers sa musique et son univers. C’est comme si Magic, Myths and Wonder de Noir Deco rencontrait un Dance With The Dead au repos, tandis que j’ai déjà une demi-molle. Déjà, rien que dans l’idée des noms, à savoir The Keeper, The Seeker et The Weaver, ça fait directement penser à des personnages issus de l’heroic-fantasy. Et c’est pas un coïncidence si les morceaux renvoient musicalement et littéralement à ce genre.
The Keeper et The Seeker sont des personnages issus de la saga littéraire de Terry Goodkind, qui s’intitule The Sword of Truth (il existe une adaptation en série TV, Legend of The Seeker, de Sam Raimi), soit le premier morceau de l’album après le morceau d’intro, The Beginning. Cela renvoie d’autant plus au nom du groupe et au nom de l’album. Je me trompe peut-être, mais cela m’a clairement fait penser à cela quand je me suis intéressé de plus près à Magic Sword.
Et bien sûr, je me doute qu’il y ait d’autres références sur lesquelles se forge Magic Sword, sur des univers cinématographiques et littéraires, voire même vidéo-ludiques et légendaires, mais je ne vais pas tous les déballer, sachant que ce n’est que mon ressenti et pas forcément une vérité absolue.
Un trio : de la lecture au visionnage en passant par l’écoute
Pour en revenir à l’album en lui-même, c’est une traversée épique qui s’accapare différents genres et sonorités pour nous faire voyager. Comme si l’album nous contait, à la manière d’un bouquin, une histoire à travers ses morceaux et titres. Un album rempli de bonnes idées et des morceaux aux structures bien différentes qui fait qu’on ne s’en lasse pas.
On sent que le groupe cherche vraiment des riffs, des sonorités, des rythmiques qui marquent. Et c’est énormément réussi, très travaillé. Que ce soit dans l’identité visuelle, musicale ou culturelle.
Avec un aussi bon premier album, Volume 1, Magic Sword n’a presque plus rien à démontrer tant le groupe a su s’imposer et conquérir. D’ailleurs, deux morceaux de l’album intègrent l’excellente OST de Hotline Miami 2 : Wrong Number : The Way Home et In The Face Of Evil.