Tout le monde sait que la passion de Shredder, c’est la soupe de tortue. Mais, lorsqu’il est seul le soir dans son Technodrome et que Krang dort paisiblement, il aime aussi composer des musiques de DarkSynth bien vénères en hommage à Satan.
Mis à part ça, on sait peu de choses du jeune artiste de Biarritz qui fait déjà des tournées en headline aux USA avec 2 albums sous le capot.
Et oui, je dis jeune. Parce que je suis de 1984 moi aussi.
Aiguisé comme une lame…
Dès l’intro de Samurai Cyber Punk, on comprends que Shredder 1984 n’est pas là pour rigoler. Comment vous décrire sa musique ? Nous avons un artiste fortement influencé par Perturbator, mais qui ne cherche pas autant à superposer des couches de synthés complexes et à jouer sur les harmonies. Pour compenser cette lourdeur, il utilise en revanche bon nombre de samples qui rappellent en ligne droite ceux utilisés par le maître John Carpenter. On a plus de caisse claire que des gros booms booms à la Daniel Deluxe par exemple, ce qui est vraiment une approche intéressante.
En attendant, Shredder crache des “riffs” de synthés affutés comme ses manchettes à lames, et c’est encore plus vrai sur l’écrasant Life’s a Glitch. La dégringolade du refrain est imparable, soutenue par ces petits arpèges carillonés Carpenterien, c’est un pur bonheur. Un morceau court, mais décidément mon préféré de l’album.
Sur Mechanical Doppelgänger, Shredder ajoute un peu de complexité à sa recette efficace pour donner un morceau un peu plus long et ambiancé, mais toujours aussi vif. Les rythmes syncopés, le refrain qui envoie toujours autant du bois, soutenu là encore par des notes rétros en arrière plan : voici la recette de l’alchimie musicale Shredder 1984. Et ça marche.
Pointu comme un couteau…
Digital Horizon commence avec des percussions endiablées avant de partir sur une mélodie de synthé plus claire et dansante, toujours avec cette batterie qui tambourine derrière. Définitivement de quoi faire danser la fosse en live !
Avec sa longue intro ambiante, on pourrait penser que Edge Walker vient pour calmer le jeu. Et c’est vrai que ça fait 4 morceaux que Shredder avoine comme s’il avait un cheat code “Munitions Illimités”… Mais ce n’est qu’une ruse : moins frénétique dans son tempo, le morceau reste un exemple de lourdeur qui s’abat directement derrière votre crâne.
L’accalmie va finalement venir avec Arcade Punk. Malgré sa rythmique de fer, le morceau reste relativement posé. Il pourrait être utilisé dans une bande originale, un effort qui ravira les amateurs de musique plus “cinématographique” et apporte de la variété à l’ensemble.
Dystopian Future vient clore l’album d’une très habile façon : en 4 minutes, on a un melting pot de tout les éléments qui l’ont composé : c’est heavy, c’est rythmé, c’est entraînant même, ça sait être efficace (comme ce pont syncopé imparable) mais aussi prendre son temps. Sans oublier les arpèges qui tintent à l’ancienne. Si vous voulez découvrir à peu près toutes les facettes de l’artiste en une seule écoute, c’est vers ce morceau titre qu’il faut se tourner !
Chauffé comme une lame et puissant comme un fusil d’assaut !
Par rapport à son premier album Shredder 1984, Dystopian Future marque une énorme évolution dans la production, mais aussi dans la cohérence et l’originalité du propos.
C’est vraiment lorsqu’il se concentre sur son grand point fort, c’est à dire sa capacité à trouver des accroches à la fois violentes et catchies, qu’il brille.
Et sans en rajouter des tonnes autour qui diluent cette force de frappe.
En faisant preuve d’un peu plus de retenue, c’est tout son son qui gagne en puissance, en clarté et en lourdeur.
Et si vous pensez que j’exagère, je vous montre le clip de Synth City, single issu de son premier album, qui en mets PARTOUT. Aussi bien au niveau visuel que auditif.
C’est fun et kitch, je l’accorde, mais on est pas loin de l’épilepsie quand même !
Plus direct, moins influencé par Perturbator, plus maîtrisé, mais aussi plus sûr de son talent, on assiste avec Dystopian Future à la naissance d’un artiste qui pourrait devenir un des grands noms de la DarkSynth Française s’il continue d’évoluer dans cette direction !
Et sincèrement, j’attends le prochain album avec beaucoup d’impatience !