Qu’il est bon d’avoir un peu de synthpop qui émerge de ce raz-de-marée testostéroné de darkwave et autres sous-genres ! Je commençais à imaginer qu’il n’y avait plus de musique pour les gentilles filles et les gentils garçons dans ce monde corrompu. Mais c’était sans compter sur la parution de Conrad et de son premier et brillant album, modestement intitulé 8-BIT.
Sorti ce premier janvier, ce dernier nous distribue huit madeleines toutes plus savoureuses les unes que les autres de son paquet de la marque Nostalgie 80’/90’™. En effet si vous avez déjà poncé en long, en large et en travers toutes vos K7 de : Depeche mode, Talk Talk, Eurythmics, Modern Talking ( et même de Cher ! ) et qu’il vous en faut toujours plus, cet album est fait pour vous.
Préparez-vous à bouger des épaules tout en gardant les bras ballants !
Allez, on boutonne sa chemise jusqu’en haut, on enfile ses wayfarers et on écoute 8-BIT : en parcourant ce premier album, on a clairement un sentiment de déjà-vu musical, une sorte d’hommage au kitsch assumé, légèrement dans la lignée d’un Erasure. Telle une sorte de Best Of d’inédits, la musique de notre anglais Conrad est un condensé maitrisé de toute la représentativité de cette époque, non sans une touche personnelle de sonorités chip & cheap.
La voix de Conrad entre new-wave et eurodance est une délectation de nostalgie chaleureuse, confortable et parfois mélancolique qui semble nous dire à chaque refrain : « bon retour chez toi ». Alors certes, il ne révolutionne pas vraiment le genre, mais il se joue des codes avec maestria, et a-t-on réellement besoin d’autre chose par moment ?
8-BIT est donc un album qui fout la « pêche », donne la « banane » ; parfait pour aller au taff le matin, ou pour se dandiner au repas de famille avec le verre de trop en main, faisant le mec à l’ancienne devant le regard étonné de ton oncle qui lui, arbore encore le mulet et a connu les combinaisons de ski mauve et jaune fluos.