Y a des mecs qui ne font vraiment pas les choses comme les autres : dans une baston de synthés, Elay Arson se pointe la fleur au fusil avec une guitare électrique et une forte envie d’en découdre.
Lui d’habitude si porté sur les mid-tempos mélodiques à l’ambiance lourde et pesante enfonce violemment le clou avec une guitare ultra-heavy sur Spirit | Death.
L’album est une plongée infernale au coeur d’une nuit pourpre où chaque ombre renferme des fantômes et des démons issus de la mythologie indienne, allez venez, on vous emmène !
Dans la chaleur de la nuit…
Choix amusant que d’ouvrir l’album avec un court titre nommé Sunrise (lever de soleil)… d’autant plus que les quelques notes graves de piano rappellent la Marche Funèbre de Chopin. Est-ce que le message est que la Mort n’est que le début d’une autre journée ? Ça serait un point de vue optimiste si toute la suite de l’album n’était pas aussi noire… mais diablement séduisante.
Tawa commence sur les chapeaux de roues : ultra heavy, blindé de riffs de guitare acérés et emmené par des arpèges de synthés possédés à la frontière du chiptune, le morceau se veut un bon aperçu de Spirit | Death : un album qui ne fait aucune concession, purement Metal dans l’esprit et sur lequel vient se greffer un synthé qui sait passer au second plan quand il faut… Avec en plus des solis à la fois puissants et sensibles.
Elay Arson est de ces artistes dont on sent une sensibilité à fleur de peau sous les gros muscles de sa musique, et cela donne encore plus d’intensité à ses compositions.
Encore plus lourd : Cheveyo commence lui aussi comme une lente procession funèbre avant qu’une guitare aux graves surboostés ne viennent remuer le tout comme un tremblement de terre. Alternant chant féminin aérien et riffs “lame de fond” / explosion tellurique, saupoudrant là encore le résultat de solis à la fois désespérés et enragés, le résultat fera trembler vos enceintes et, par transmission de vibrations, headbanger vos têtes.
Le Mal est toujours puni…
Vous ne connaissez pas Masauwu, Fire Keeper ? Heureusement, Elay Arson se charge de nous éduquer quand à la Mythologie Amérindienne (et en particulier Hopi il semblerait)… jusqu’à ce que son cours se transforme en Growl purement Death Metal et que la gratte commence son taff de défrichage des oreilles. Ajoutez à cela une bonne grosse double pédale à la batterie et un synthé carillonnant qui sait rester discret en arrière plan et on a une bonne claque ultra Heavy à mi-chemin entre Death Metal et Horror Synth.
Un morceau qui brille par sa variété, sa lourdeur, et son écriture.
Je ne sais quelle divinité est Sussustanako mais elle doit être du genre vénère. Elay Arson continue dans le Death Metal à grands renforts de double pédale, de Blast Beats ultra bien sentis et de trémolos presque Black. Néanmoins, le bonhomme n’enterre pas sa personnalité sous une montagne de violence décérébrée : tout cela n’est qu’un grandiose build-up jusqu’à une épopée mélodique et épique dantesque… Une vraie apothéose… Sans parler de ce passage plus calme qui transpire la classe et la “badassitude”.
Le combo Masauwu, Fire Keeper / Sussustanako est définitivement l’un de mes Highlights de l’album… N’en déplaise aux Die Hard Fans de synthé !
Aucun Danger ne l’impressionne
Néanmoins, la suite nous réserve encore de très bonnes surprises : Masauwu, Skeleton Man poursuit la légende Hopi avec une ballade Mid-Tempo hypnotique qui a de quoi mettre en transe, comme une danse autour du feu après avoir fumé des trucs chelou dans un calumet. Jusqu’à ce que Elay se décide de faire fondre nos figures avec un solo déchirant accompagné par le doux martèlement de cette double pédale si rare dans le DarkSynth… Et ouais, moi la double pédale, c’est mon truc.
Lui aussi un de mes morceaux préférés… Damned ça fait déjà 3 morceaux préférés sur 6… C’est beaucoup… Mais l’album déchire aussi merde !
Dès l’intro de Mescalero Prophecy, on sent le truc épique… Et finalement on tombe dans l’épique mais du côté du Mal (ouais, je manque de vocabulaire. JUGEZ MOI). De retour dans des BPMs plus raisonnables, Elay Arson nous raconte cette prophétie avec une guitare volubile et surtout extrêmement chargée en émotions. Impressionnant le relief et la qualité d’expression qu’Elay Arson parvient à injecter dans son jeu de gratte. Enorme !
Les coups durs, il les affectionne…
Avant l’Outro, les 2 derniers morceaux invitent 2 guests bien choisis et que l’on aime aussi beaucoup à Synthspiria ! On commence Fifth World Gate qui ramène notre Carbon Killer préféré en back-up pour des duels de grattes qui rappellent les heures glorieuses du bon vieux Heavy Metal. Du vrai Guitare Porn pour les connaisseurs !
Ensuite, Final Midnight Ride voit un autre fana de la 6 cordes connu de la scène Synth pointer sa fraise : Mister Ultraboss himself ! Un morceau entraînant, avec un groove démentiel pour une piste de cette lourdeur… et des solis qui n’en finissent pas de faire se dresser les poils. Mes bras ressemblent à des hérissons putain !
10ème morceau, End Times conclu un album que l’on pourrait qualifier de Parpaing de 20. Pendant 5 minutes, Elay Arson fait son Ragnarok perso, toujours aussi grandiloquent et toujours lourd en grattes et en émotions. Époustouflant.
Elay Arson ne craint personne !
Planquez vos filles, planquez vos femmes, Elay Arson débarque et croyez moi il est chaud patate. Viril, sulfureux, musclé mais néanmoins tendre (à défaut d’être doux), SPIRIT | DEATH est un album qui marquera 2018 de son empreinte.
Les puristes de DarkSynth regretteront peut être le passage de leur instrument fétiche au second plan, mais s’ils passent à côté d’un album de cette trempe pour un prétexte aussi faible, c’est qu’ils ne méritent pas Elay Arson.
Et nous on adore Elay Arson. Vraiment. Et encore plus avec SPIRIT | DEATH. Mais déjà on l’aimait vraiment beaucoup après Rites of the Damned. Bref… Allez l’écouter.
Ecouter SPIRIT | DEATH de Elay Arson
[…] un SPIRIT | DEATH très énervé de la 6 cordes, on se demandait un peu quelle direction allait prendre Elay Arson : […]