Quand les Marseillais de Lazerdiscs Records dénichent un nouvel artiste, c’est souvent une bonne pioche. Parmi leurs récentes découvertes, on retrouve Deadlife et Neoslave (lui aussi, review chez nous), deux poulains qui ont réussi à taper fort avec leurs premières sorties.
Qu’en est-il de cet énigmatique Z6B3R (prononcé Zebra, hé ouais !) ? Venu d’Afrique du Sud, il nous a fait parvenir des années 2020 son album Legion 63 pour planter les graines de la révolte et inciter la populace à se soulever contre les grands groupes corporatistes. Un album Terminator quoi… Et c’est pas si loin de la réalité !
Sarah Connor ? Où est Sarah Connor ?
L’album s’ouvre avec le titre éponyme Legion 63. Après une petite intro basse / synthé très classe, genre opening de film, Z6B3R tombe le masque et commence à lâcher les beats comme d’autres font pleuvoir les bombes. Les fans de Daniel Deluxe seront aux anges, mais attention, même si les deux artistes partagent une certaine passion pour la violence et la lourdeur, Z6B3R garde un côté plus “chaud”, avec moins de superpositions sonores et un tempo plus lent et heavy. Le résultat est efficace, droit au but, avec un côté hypnotique qui ne manquera pas de mettre les âmes sensibles dans un état second en live.
La seconde piste Four suis un parcours similaire : courte intro, boom boom dans ta face, mélodie entêtante, headbangs, trance. Néanmoins, avec ses sons plus variés et sa rythmique de fer, la piste envoie le pâté sévère. Four, c’est deux minutes intenses qui donnent la couleur de l’album : c’est rapide, ça fait pas de quartiers et ça va laisser des mecs sur le trottoir comme une baston de rue à la batte de baseball. Définitivement un point fort de l’album.
Figure 8 lâche un peu la pression grâce à une batterie Rétro et à des synthés plus clairs et mélodiques. Ne pensez pas qu’il s’agit d’un morceau pépère pour autant : il reste pêchu et propice au Headbang même si on se rapproche du domaine de l’Outrun. Une autre facette de Z6B3R !
2020, c’est un peu un condensé de cette première moitié de l’album : plus cinématique, à la fois mélodique et à la rythmique bien marquée. Z6B3R brouille les pistes et montre qu’il n’est pas que là pour vous démettre les articulations de la nuque. 2020, c’est vraiment le morceau « plat de résistance », si vous ne devez en écouter qu’un pour découvrir l’artiste, ça sera celui-là !
Z6B3R plus fort que Z6PO
La seconde moitié de l’album va être un défi pour Z6B3R ! Maintenant que l’on sait de quoi le Sud Africain est capable, les attentes sont plus élevées ! Et Impulse est à la hauteur ! Le refrain parvient l’exploit d’être à la fois Heavy as f**k et aérien, style B52, et on a en plus une teinte sombre et inquiétante grâce à un synthé nostalgique qui différencie cette piste des autres de l’album.
Saturn retourne dans la bagarre de rue, une chanson moins élégante mais tout aussi percutante si ce n’est plus. Un morceau qui sent les bandanas, les vestes en jean et les chaînes de vélos enroulées autour du poing !
Haaaa… Voilà une référence que j’aime ! Below commence avec un son de synthé qui reprends celui du générique de Prince of Darkness de John Carpenter, petit hommage discret qui tabasse. Et lorsque la musique s’emballe, Z6B3R continue d’utiliser ce son, mais fortement bass boosté. Le résultat est un morceau bicéphale : à la fois dynamique et bad ass mais aussi mystérieux et inquiétant. Le résultat est une tuerie ! J’irais même jusqu’à dire qu’il s’agit de mon morceau favori de la galette !
Dernier morceau de l’album, Rise commence avec des SFX de pluie et d’orage. On a ensuite une ligne de synthé qui fait monter progressivement l’intensité jusqu’à ce que… que… Ça sent le morceau qui en veut… Et BIM ! Le retour des beats bien heavy qui tapent comme des démonte-pneus sur le crâne. Z6BR3 envoie tout ce qui lui reste sous le capot, tape comme un sourd et casse des côtes jusqu’à ce qu’il ne reste plus que de la bouillie rouge sur le trottoir. Une fin épique !
I’ll be back !
Une fois encore, Lazerdiscs Records ne s’est pas trompé et a parié sur le bon cheval ou plutôt le bon zèbre. Le Darksynth ravageur de Z6B3R creuse sa niche dans la scène en misant tout sur l’efficacité brute, ce qui promet de grands moments en live. J’aime quand un artiste sait se contenir et ne pas rajouter trop d’artifices autour de sa musique pour en conserver l’essentiel. Et là, c’est exactement le cas : un concentré de puissance, de lourdeur, avec juste ce qu’il faut de piquant pour habiller les morceaux et faire se dresser les poils des auditeurs.
Legion 63 est un excellent album, franc, direct, par un artiste sûr de son art qui n’a pas besoin d’en rajouter pour se la raconter. Comme Schwarzenegger dans Terminator : il pas besoin de l’ouvrir, sa carrure parle pour lui.
Si vous aimez votre Darksynth sans fioritures, si vous trouvez que les longues plages ambiantes c’est trop intello et que vous voulez juste casser des dents, alors il y a de fortes chances que Legion 63 soit votre album de l’année !