Après plus de dix ans de composition de musique électronique, Bonggita se décide enfin à concrétiser ses talents en terme de composition et production avec un premier EP, The Bonggitaria Incident. Un premier EP non moins réussi, qui m’a permis de découvrir un nouvel artiste au potentiel à ne pas ignorer, au travers une musique électronique mêlant Synthwave et Chiptune. Un EP de six morceaux.
Un premier EP, à la Synthwave et Chiptune bien léchées !
Premier morceau de l’EP, Looming laisse alors se dessiner une atmosphère sonore de forêt au climat tropical où la nature s’illustre : grondements de tonnerre, rivière qui s’écoule, bruits des feuillages des arbres et leurs gouttes qui viennent s’écraser sur le sol pentu et boueux de la montagne… à travers l’usage d’un simili instrument à vent particulièrement. Une ambiance conférant alors un sentiment d’apaisement et de quiétude, où survient un brin de magie, à travers les notes de synthé à la mélodie bouclée et entêtante, tel un hommage à John Carpenter et à ses subtiles changements d’accords. Les notes de synthétiseur sont claires, fines, quasi cristallines. Un premier morceau conférant une certaine légèreté. Légèreté clarté que l’on retrouve au début du second morceau, Purple Mist, dont le titre vient s’ajouter aux éléments naturels précédemment cités.
Plus rythmé, avec une touche assez “glitchée”, de par sa direction plus ancrée dans une chiptune rétro. Et c’est dans cette direction que Bonggita continue à nous transporter, en s’écartant d’une Synthwave ambiante qu’avait installé Looming, pour se diriger vers une chiptune et un univers plus pixelisé, façon 8-bit, avec She Devours, véritable coup de cœur pour sa dernière partie, où les notes s’emballent à vive allure tel la fin d’un niveau shoot’em up endiablé sur ma Sega.
Bonggita, Ad astra per aspera
S’en suit alors une suite de morceaux à la chiptune très prononcée avec The Bonggitaria Incident, une piste assez dramatique et plus assombrie dans l’usage de ses mélodies, notes et tonalités, mais le morceau m’ayant le plus marqué de l’EP est sans aucun doute Love Will Tear Us Apart (coucou Joy Division au passage). Une véritable pépite Retrowave, ah ça oui ! Un tel emballement qu’il faut calmer le jeu et l’entrain avec Ad astra per aspera, à l’ambiance très cosmique, qui laisse rêveuse, tel un voyage intergalactique au milieu d’une pluie d’étoiles filantes.
Et si cet EP signifiait la traversée de l’artiste dans son histoire avec la musique électronique, Ad astra per aspera se traduisant du latin : “Vers les étoiles à travers les difficultés”, difficile de n’en pas faire le lien, les choix des titres et leur composition retraçant finalement assez bien cette ascension concrétisée avec ce premier EP, même s’il a fallu peut-être, voire probablement, batailler pour en arriver à ce résultat si satisfaisant ! Mais peut-être est-ce moi qui théorise quelque chose qui n’a finalement pas lieu d’être ? Dans tous les cas, The Bonggitaria Incident est un EP suffisamment emballant pour le boucler toute une journée, et recommencer le lendemain.