“Mexican synthesized retro-future industrial cyberpunk motherfucker digital metal band”. C’est ainsi que se présente le duo de Dangerous City. Le 11 octobre 2017 sortait le titre Retro Robot Girl. Je suis dès alors intrigué. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? De quoi sont-ils capables ? Une attente de presque deux ans (entrecoupée d’un autre single) s’en suivra avant que je puisse poser une oreille sur leur première concoction.
Ecouter The Eneu Trinity de Dangerous City
Welcome… to the real world
Welcome to Saiji porte bien son nom puisque c’est le premier titre qui nous introduit dans ladite ville (Saiji) qui servira de décor à cette aventure. Une voix retentit alors: Saiji est en proie au crime, au danger, aux machines. Bref, le cyberpunk qui reviens une fois de plus pour raviver notre imaginaire.
On débute en force avec Latrodectus, une piste au rythme aussi effréné qu’une course dans un jeu vidéo rétro (oui, forcément). Ça part dans tous les sens, avec des sonorités tantôt claires et tantôt pas trop agressives. Tout au long de cet album, de multiples samples sont disséminés pour nous immerger : courses poursuites effrénées, fusillades, dialogues (dans plusieurs langues). Tout est là pour nous faire voyager dans ce qui semble être un film d’action/SF, mais avec nos seules oreilles comme témoins.
Toujours par deux ils vont.
Qui dit aventure dit aussi héros. Ou anti-héros dans notre cas. Mephisto Regnault et Leandro Espadas (AKA Crowley) seront les deux protagonistes de l’histoire racontée à travers cet album. Deux vagabonds qui passent leur temps à boire des bières et jouer aux jeux-vidéo. Le parallèle avec certaines musiques est intéressant car j’ai souvent l’impression d’entendre la BO d’un jeu-vidéo d’arcade.
Point fort à mes yeux, c’est que l’album est tout aussi bien composé de pistes plutôt Darksynth (des “bangers”) que de pistes plus atmosphériques, voire même oniriques. C’est le cas de Shizuka’s calling par exemple. J’irais même jusqu’à dire, sans forcément crier au plagiat, que cette dernière (et quelques autres) me fait beaucoup penser au style de notre coq national Perturbator.
Harder, Louder, Stronger.
Petit coup de cœur pour The banshee Nightclub, avec un son à la fois mi-techno, mi-heavy metal. Car oui, les petits gars de Dangerous city posent quelques riffs de guitares pour alourdir encore plus l’atmosphère pesante. Le titre Leandro Espadas (avec Jax Rulloz au chant) n’a rien a envier aux meilleures OST de films d’action. C’est groovy, c’est catchy.
Il y a quelques lignes de cela j’étais en train d’évoquer le sieur Perturbator : je réitère donc mon observation avec Entering the jigoku. Cette dernière me rappelle délicieusement le titre Venger (Perturbator), que j’affectionne tout particulièrement. C’est pour moi une preuve qu’on peut s’approcher des meilleurs sans pour autant s’approprier complètement leurs idées.
The Eneu Trinity, c’est pas moins de quinze titres pour une heure d’écoute, de nombreuses ambiances explorées, ainsi que moult péripéties. Pour un premier coup d’essai, c’est très réussi.