Alors que son nouvel EP The Cavern of Noise, au titre bien pêchu et révélateur sort aujourd’hui, nous sommes partis à la rencontre de McClane, l’occasion d’en savoir plus sur ce mystérieux personnage. Yipee-ki-yay !
Bonjour McClane, pour commencer cette interview de manière classique, pourrais-tu te présenter ?
Bonjour, je suis McClane. Pas de règles, pas de lumière et pas de vie (Pas de Veine et hop). Ma musique est une suite logique de deux passions qui cohabitent depuis longtemps.
Je mixe depuis maintenant 10 ans. J’ai également joué de la batterie pour plusieurs groupes de potes : Grindcore, Stoner, Black Metal. L’idée de composer est venue assez tard. Le fait de ne plus avoir de groupe a provoqué un manque de création musicale. J’ai commencé à bidouiller des softs de musique en faisant une espèce de techno de merde, mais sans jamais rien sortir. Petit à petit, j’ai commencé à mettre des drums acoustiques, accélérer les tempos, mettre des samples crades et surtout j’y ai ajouté des lames de rasoir. Mon premier EP LA FÊTE TRISTE est sorti l’année dernière. Quatre pistes assez différentes, tel un EP pilote qui donne la danse. Les retours étaient positifs dès le départ, et quelques plateformes ont commencé à partager les news. L’EP grand frère PAS DE VEINE a vu la nuit quelques mois après. C’est la continuité sans concession du précédent. Je suis assez surpris. Je reçois des messages d’inconnus qui adhèrent et m’aident à diffuser le projet.
Aujourd’hui mon troisième EP : THE CAVERN OF NOISE est disponible ! Je ne sais pas trop où va le projet, mais il y va. Toujours en DIY. Une chose est claire, je ne veux pas me faire de potes dans la musique et la lumière des feux de la rampe me baise les yeux. Je vous souhaite la bienvenue dans ma caverne, univers dans lequel l’odeur du sang et la mélancolie d’un vampire des temps moderne, dominent.
Quelles sont tes grandes influences et références au sein de ta musique ?
J’essaye d’écouter le plus de musiques différentes possibles. Je digue dans le contre courant de ce qui me débecte. Du moment que ça me plaît, j’écoute : Rap FR, Black Metal, Techno, Grindcore, Ambient…
Il y a plusieurs influences importantes dans ma musique, tout d’abord la Techno. C’est le style de musique qui me surprendra le plus à chaque fois. Il n’y a aucune limite à la création les gars sont tellement chauds. Le Rap Fr pour ses codes et son argot qui font parti de mon lifestyle. Le bon Black Metal pour ses mélodies parfaites et son histoire. De la musique sincère, mélodique et DIY sur fond de violence IRL. Bien sûr ce n’est qu’une branche du style, mais c’est celle qui me parle le plus. La sincérité est une chose très importante, la violence également.
Comme beaucoup d’artistes rattachés au mouvement Darksynth, tu viens de la scène Metal, comment est venue cette transition vers la musique électronique et dans ce mouvement qu’est la Synthwave ?
Je ne suis pas passé d’une scène à l’autre, j’ai toujours écouté des musiques électroniques et en parallèle du Metal. Ma musique vient de mon background musical, c’est tout. Je ne trouve pas que je fasse un genre de musique en particulier, en tout cas je veux pas être cloisonné juste dans un style.
Pour la Synthwave, j’y suis affilié pour deux raisons, j’ai joué sur des plateaux avec Perturbator ou Dance With The Dead et la seconde c’est que j’ai le cul entre tellement de styles que certains apprécient plus que d’autres. Peut être que le public de cette scène est plus ouvert d’esprit… ou peut être qu’il n’a juste pas d’oreilles ahahah ! Après, sérieusement, Je ne comprends pas le terme Darksynth, j’ai l’impression que c’est tellement vague (comme la Synthwave) que ça ne veut rien dire en fait. Parfois, je clique sur des suggestions Bandcamp étiquetées Daksynth pour au final entendre de la musique douce à la ‘AIR’ avec une imagerie ‘metal occult’ inspiré par Wasted… C’est peut être ça la Darksynth mais dans ce cas là je n’ai rien à faire là ahaha.
Mais je pense surtout que c’est la preuve, que le mieux est de créer sa propre étiquette en étant apprécié à sa juste valeur. Et non essayer de suivre quoi que ce soit. Je ne comprends pas qu’avec tous les exemples de vagues qu’il y a notre époque, que des artistes ne veulent que faire la copie d’un truc qui flotte sur la vague. Si tu respectes la musique, prouve-le en essayant de l’étendre encore plus en proposant quelque chose de nouveau.
Tu caractérises ta musique comme de la “Black Synth Rave”pour toi qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Spirit Black Metal - Composé par des Synths - Ambiance de Rave.
Etant donné que tu te situes dans plusieurs mouvements et genres, dans quelle scène te reconnais-tu le plus ?
Question très compliquée. Je ne me reconnais nulle part. Bien trop de concours de zgeg proposés par les acteurs des scènes, ce n’est pas pour moi, je ne sors mon zgeg qu’en présence de leurs mamans. On se marre bien dans la Caverne, t’inquiète même pas !
Ahah ! Justement à ce sujet, changes-tu quelque chose selon l’endroit où tu joues, ta manière de sortir ton zgeg en quelque sorte ?
En général le Hardcore et la Gabber prennent vite le dessus, mais parce qu’à chaque fois c’était sur des créneaux ou je peux me le permettre… (mes excuses aux fans de Biffty pour le set de Terrorcore un dimanche soir 20h, pour le coup ils étaient vraiment choqués).
Dorénavant je ne propose que du live, donc plus vraiment de problème de choix. J’ai stoppé parce que la plupart du temps, les créneaux DJ étaient ridicules (DJ pause clope) et que je respecte bien trop les artistes que je joue pendant mes sets, pour passer leurs musiques dans des endroits sans intérêts.
Revenons-en à ta manière de composer, pourrais-tu nous détailler un peu plus ton processus de création ? Comment te vient l’idée d’un morceau, etc ?
En général, je pense aux choses et personnes qui m’agacent le plus au quotidien. Je me monte en l’air tout seul et je laisse venir. Surtout pour les pistes ‘chantées’. C’est une thérapie pour ne pas finir en prison en buttant quelqu’un… Un blunt, un verre de sang et le son qui sature et je suis dans mon élément. Je n’ai pas de schéma type de composition. Sur mes deux premiers EPs, il y a eu des guests pour ces tracks j’ai utilisé un process différent. Mais en général je commence par le lead, je fou un kick ou une drum et je laisse couler… Comme expliqué plus haut, je ne veux pas me foutre dans une case, je veux juste m’exprimer en créant la bande originale de ce qu’il se passe à l’intérieur de ma tête.
Ton nouvel EP The Cavern of Noise sort aujourd’hui, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur celui-ci ?
Le titre éponyme répondra à ta question bien mieux que moi ahah !
J’ai pu investir dans du matoss grâce aux vampires qui me soutiennent sur Bandcamp. Dans mes précédentes sorties je voulais obligatoirement des guests, mais niveau deadline ce fut compliqué. Pour celui-ci, je suis solo, pas de pistes composées dans l’optique de guest, etc. J’ai vraiment pu faire tout ce que je voulais. J’ai voulu y intégrer une phase Metal plus imposante, ainsi qu’une cohérence plus sincère. Niveau histoire, c’est le déroulement d’une énorme teuf dans une grotte au milieu des bois où se mélange vampires et gargouilles. Une fois de plus j’essaye d’intégrer mes influences dans une cohérence dissonante. Des riffs BM joués par le biais d’arpégiateurs, dans une espèce de Mixtape hyper brute. Je ne sors que des EPs car j’aime l’aspect écoutable d’une traite. Bien entendu c’est faisable en album, mais pour le moment, avec mon style, je n’ai pas encore trouvé l’intérêt de faire un album d’une heure. Grâce aux retours mentionnés plus haut, j’apprends tout simplement à me perfectionner et trouver ma direction. J’ai également eu la chance d’avoir Vince et Mike dans le stud et qu’est ce que je les aime !
Pour cet album tu as déjà sorti un clip sur le morceau Dance or Die, un petit mot pour nous en dire un peu plus là-dessus ?
Le clip de Dance Or Die est une collaboration avec Clément Sollier et Mamie Loup dont je suis très content. Nous nous sommes direct entendu sur le script ainsi que les rendus. Clément est un des meilleurs en matière de plan pour moi. Avec Mamie Loup, ils ont vraiment su mettre mon univers à l’image. Il y a plusieurs interprétations possible, j’ai toujours aimé les pièces qui me laisse le choix d’imaginer le message. La réflexion est alors mise en avant. Par exemple, tu peux te dire qu’avec le nom de la chanson, les samples et les images, que le message est “ça ne sert à rien de fuir, tu vas quand même mourir au final”. Ou bien, lors de l’écoute soit tu bouges ta tête, soit ça va t’agresser à en crever… Bref, Je suis très satisfait par ce projet.
On ressent bien cette fatalité dans le clip en plus ! Pour changer un peu de sujet, le 16 Juin prochain tu seras en live à la Scène Michelet au Grumalizator Fest sur Nantes avec Christine et DEAD notamment. La Scène Michelet, c’est un peu le QG de la Synthwave du Grand Ouest. Tu y étais déjà venu jouer aux côtés de Dance with The Dead et Tommy’86 et tu l’avais bien retournée, je suppose qu’il en sera de même ?
Ça va être pire ! La Scène Michelet est une des salles dans laquelle j’ai le plus joué à l’époque des DJsets. A chaque fois c’est le zbeul, il fait très chaud, le public est encore plus chaud donc je m’y sens bien. Cette fois je vais y jouer mes tracks, j’ai vraiment hâte de les entendre dans le rouge. J’espère que vous êtes prêts à sauter partout.
Hâte d’y être pour voir et entendre ça alors ! Dernière question pour terminer cette rencontre, aurais-tu un morceau à nous faire découvrir, celui que tu écoutes en moment ?
En ce moment ce qui tourne le plus dans mes oreilles c’est le Biomechanik II de Manu le Malin. Je me suis replongé dedans, c’est cette pièce qui m’a donné envie de mixer. Cette performance est juste hallucinante. La selecta donne naissance à un style unique pour une pièce unique.
Un petit mot de la fin avant de se quitter ?
Je remercie mon Crew de Vampire : Olsak, Mike, Julie, Cyril, Clément, Fanny, Alixer, Nicolas, Keyser, Florian…
Merci McClane !
Vous pouvez retrouver McClane sur Facebook, Youtube et Bandcamp.