Des baleines de l’espace volantes, un astronaute isolé qui se promène seul sous un ciel améthyste… à en juger par la couverture de son premier EP Interstellar, le français LVX nous réserve un voyage plein de poésie et de rêve sur des planètes encore inexplorées.
Enfin, presque !
Vers l’infini… et au delà !
J’avoue que je ne m’attendais pas à ça : tel le décollage d’une fusée, Earthlight ouvre l’album en trombe. Le thème est définitivement spatial, mais la forme se rapproche plus de l’Outrun galopant, avec en bonus quelques envolées bien maîtrisées qui parviennent à faire hocher la tête et fermer les yeux des auditeurs.
Une fois sortis de l’orbite terrestre, on se retrouve à flotter dans l’espace, vers Jupiter And Beyond The Infinite. Dans la même lancée que le premier morceau, on retrouve une Synthwave spatiale, dansante, saupoudrée de solis inspirés.
Starship & Chill
Tiens tiens… Changement complet de tempo, d’ambiance et même d’atmosphère : First Contact 89 nous montre une facette complètement différente de LVX. Ambiance intimiste, sons étouffés, doux, mélodies sensibles avec des samples originaux (les claquements de doigts qui donnent tout de suite une ambiance jazzy calfeutrée). Ça c’est très intéressant. C’est même très original dans la scène Synthwave. Lorsque LVX sort des sentiers battus, il réalise une piste extrêmement personnelle, onirique, cotonneuse, à la fois sucré et amer… C’est difficile à décrire, mais vraiment porteur d’émotion. A vous d’écouter cette piste et de vous faire votre propre opinion !
Retour à la “Space Synth enjouée” avec les deux titres suivants The Naked Sun et On The Run. Ce dernier est particulièrement taillé pour les sets Live ! Il n’est pas vraiment difficile d’imaginer une fosse bouger sur ces rythmes rapides et ces mélodies entêtantes !
Dernier morceau de l’EP, Fear and Desire est une autre attaque surprise dans les feels. Ça commence par une intro classique au Piano qui rappelle Blueneck (le groupe de post rock le plus déprimant du monde je pense), puis des vocaux puissants (de CR81, que j’avoue ne pas connaître), le tout monte progressivement en intensité jusqu’à ce que l’orchestration soit complète… Et là encore, c’est une douce claque. On retrouve de nouveaux sons originaux, une utilisation bien plus judicieuse des samples “spatiaux”, une compo inspirée, douce-amer, personnelle, pleine de nostalgie et d’une tristesse latente. Décidément, je me retrouve bien plus dans ses ambiances mélancoliques !
SuperSensitive Black Hole
LVX semble avoir 2 visages : d’un côté, il donne l’impression de vouloir faire de la Synthwave “classique” avec des morceaux carrés qui font le taff, et de l’autre, on a l’impression qu’il a envie de casser ce carcan bien trop étroit pour lui et semble s’autoriser des digressions coupables avec quelques morceaux par-ci par-là.
Et justement, c’est un artiste qui brille lorsqu’il ose s’affranchir de toutes contraintes et arrête de se soucier de ce que font les autres artistes de la scène Synthwave, ni même d’insister sur l’ambiance spatiale ou les sonorités rétros.
Ses 2 pistes les plus originales et à la plus forte personnalité (à savoir First Contact 89 et Fear and Desire) sont sans conteste les plus réussies de l’EP et elles méritent à elles seules toute votre attention.
LVX a un véritable talent pour composer une Synthwave sensible, onirique et chargée en émotion et j’espère à titre personnel qu’il s’appuiera plus sur cette facette de sa musique à l’avenir. Il y a un véritable espace à occuper sur cette scène, et LVX pourrait en devenir le gros poisson français.
La baleine même. Rapport à la pochette.
Vous l’avez ?
[…] sur lequel est apparu récemment la French Synthwave Compilation Vol. 2, mais aussi des albums Interstellar et plus récemment Rise of the Empire ! L’occasion dans savoir un peu plus sur les goûts […]