S’il y a bien un truc que l’on ne peut pas reprocher à Toxic Razor de Beatbox Machinery, c’est de glander. Je ne sais même plus combien d’EP et d’albums le bougre a sous la ceinture, j’ai arrêté de compter, et en plus, j’avoue que jusqu’à présent j’étais un peu passé à côté de sa musique.
Un EP en hommage aux groupes de Metal américains ?
Bizarrement, il aura fallu cet American Metal pour que je rentre dans l’univers de l’artiste. Avec sa dernière sortie, j’ai enfin trouvé un aspect de Beatbox Machinery qui m’a permis d’accrocher. Je peux remercier la pochette de l’EP qui rappelle Mad Max dans des tons orangés qui m’a donné envie de lui donner sa chance !
D’après l’auteur, American Metal est un hommage à ses groupes de Metal US préférés comme W.A.S.P., Lizzy Borden, Mötley Crüe, Twisted Sister, Megadeth, Ratt, Omen, Warlord, Armored Saint, Liege Lord…
Alors… En tant que tel, j’ai envie de dire que c’est un peu raté. J’ai beau être familier, voire très familier avec tous ces groupes, je n’ai pas entendu un quelconque rapport… Même lointain… Mais j’ai sans doutes encore pas mal de chemin à faire avant de bien comprendre l’artiste. Quoiqu’il en soit, Beatbox Machinery réussi (peut-être malgré lui) à mélanger de la Darksynth de compétition avec de la bonne vieille Coldwave US des familles et même carrément du Goth par moment… le tout saupoudré d’un zest galopant d’Outrun.
Metal, Darksynth, Goth, Coldwave… Un EP qui rassemble !
Le premier morceau American Metal est complètement instrumental. Très cinématique dans l’esprit, il est intéressant car il annonce l’esprit “Coldwave” de l’EP dans ses percus et basses assez typiques de l’époque, sans parler des couches de synthés d’ambiance que n’auraient sûrement pas reniées le Skinny Puppy des débuts.
Les choses sérieuses commencent avec Last Survivors. Cette piste a été un électrochoc pour moi, m’étalant du Sisters of Mercy sur la figure à chaque seconde. C’est bien simple, si Eldritch de SoM en a marre de tourner, je suis persuadé que Toxic Razor pourrait prendre sa place et chanter derrière un drap et que personne ne le remarquerait. Je donnerais cher pour un album entier dans cette veine. Tout fan de Goth des années 80 avec un intérêt pour la Darksynth se doit d’écouter ce morceau. Il justifie à lui seul l’achat de l’E.P. ! Et la voix ne fait pas tout : la production, l’implacable basse quasi mono-note, tout rappelle cette époque bénie de la musique avec en plus un synthé très gothique et théâtral.
Un bon saucisson coupé à la hache en guise d’apéritif
L’EP se conclut par un double morceau : Defenders of the Axe Part I et Defenders of the Axe Part II. Les deux pistes fonctionnent ensemble, développant le même thème musical et le déclinant pendant plus de 7 minutes. Le gros point fort de ce morceau, c’est que dès les premières secondes de la Part II, on se rends compte que la Part I n’était qu’un apéro, déjà très très bon, et qu’on va déguster sévère pour la suite. Plus intense, plus dense, plus ronde dans ses sons, la Part II pousse l’entêtant thème plus loin encore et ajoute du Synthé claire pour alléger un peu la compo. Ceux qui préfèrent la Darksynth sans chant seront aux anges, et ceux qui aiment bien écouter la musique en roulant vite en voiture aussi.
American Metal n’est peut-être pas l’hommage au Hard Rock US qu’il aimerait être, mais ça ne l’empêche pas d’être un excellent EP. Nostalgique ? Clairement. Il parlera sûrement plus aux plus âgés d’entre nous… Mais bon, on ne peut pas toujours mettre des drops de basse partout comme disent les jeunes.
L’EP est téléchargeable sur le Bandcamp du label Werkstatt Recordings et est également disponible au format cassette (rose ou blanche) et CD.