Il existe un univers parallèle merveilleux où la pizza à l’ananas n’existe pas, où les gamins ont des hoverboards et pas ces machins à deux roues casse-gueules de hipsters et où les remakes des films des années 80/90 sont réussis. Dans cet univers, The Van Dammage est en train de faire une tournée mondiale triomphante et s’apprête à monter sur la scène d’un Bercy plein à craquer.
Néanmoins, tant qu’une porte dimensionnelle ne sera pas inventée, nous allons rester dans notre pauvre monde injuste où The Van Dammage n’a qu’une trentaine de fans sur Bandcamp, où l’annonce d’Indiana Jones 5 me fait froid dans le dos et où les gamins continuent de gâcher de la bonne pâte à pizza avec leur ananas hérétique.
Double Team
Impossible de comprendre comment The Van Dammage a pu passer sous notre radar toutes ces années : il faut remercier Elay Arson d’avoir invité Becca Starr sur son dernier album car sans lui, The Van Dammage serait resté dans l’ombre chez nous, tapi comme le monstre du Loch Ness en train de chill au fond de la flotte (le morceau en question est dans notre Selec’ du mois de Juillet)… Parce que oui, The Van Dammage, c’est un duo Écossais composé de David Lo Pan (best pseudo ever) au synthé et de Becca Starr au chant.
Capturant l’essence de la musique 80’s avec une spontanéité et une sincérité désarmante, ils balancent les tracks les plus entraînants de la scène… Et en plus on sent qu’ils font ça en s’amusant. La grande classe !
Neon & Noisy, leur premier album, nous offre un échantillon des capacités extraordinaires du duo qui maîtrise tous les aspects de la musique rétro. Variété, efficacité, fun, The Van Dammage est pas là pour niaiser.
Double Impact
L’album débute par 2 bombes atomiques : d’un côté on a l’ouverture Aim Right & Fire, pur produit DarkSynth soutenu par Becca Starr qui balance ses vocaux puissants avec une aisance qui n’est pas sans faire penser à Bonnie Tyler en Tweed (cette piste m’a toujours fait penser à la célèbre chanson “Holding Out For a Hero” même si je n’explique pas spécialement pourquoi… Dans la rythmique peut être ? Ou la diction ?).
L’autre arme de destruction massive, c’est Electrifying. Imparable et heavy, ce morceau ne peut pas vous laisser de marbre. Sérieux, écoutez ça, Synthspiria vous rembourse la vidéo YouTube gratuite si vous n’avez pas une réaction corporelle genre frisson, chair de poule, hochement de tête, tapotage du doigt sur le bureau ou du pied sur le parquet. J’en connais même qui ont eu des réaction physiologiques bien plus spécifiques dont la décence m’empêche de parler.
Dire que ce morceau est accrocheur est un bel euphémisme. Reprenant parfois un aspect presque disco/funk (certains sons de synthés rappellent une guitare sous wah wah, sans parler de la ligne de synthé basse qui joue énormément sur les octaves), avec la encore la voix extraordinaire de Becca Starr, c’est un pari gagnant.
Je me dois de vous dire qu’à ce moment là, j’avais à peine commencé à écouter l’album que j’avais déjà perdu tout esprit critique et toute envie de réfléchir… Dans ma tête, tout ce qu’il y avait, c’est un petit monstre du Loch Ness en train de danser avec des lasers qui sortent par les yeux. Tellement mignon !
Welcome the the Jungle
Back To The 80s est la piste la plus pop de l’album : sucrée, sautillante, enjouée, les sonorités y sont toutes vintages et là encore, Becca Starr brille. Si elle était née quelques dizaines d’années plus tôt, elle aurait définitivement pu rivaliser avec les plus grandes chanteuses de l’époque !
Changement d’ambiance à 90° pour Liberate, chanson la plus sombre de la galette virtuelle. Les couches de synthés y sont martelées avec force et sans interruption en ligne droite pendant que les vocaux de Becca Starr serpentent au gré de ses envies.
Le résultat est un Mid Tempo venimeux qui contaminera votre cervelle avant même que vous vous en rendiez compte.
A mi-chemin de la chanson de WorkOut et de la chanson de Rock rétro, Winless Game nous ramène à la lumière mais cette fois-ci grandiloquente et épique avec les prouesses vocales de Becca Starr qui n’hésite pas à sortir le grand jeu.
En tout cas, moi j’arrive pas à la chanter avec elle, c’est trop dur…
Et c’est bien dommage parce que j’en ai vraiment envie…
Et que tout ce que je fais, c’est massacrer cette bien belle chanson.
Heureusement, Cougar est tout aussi entraînante si ce n’est plus, et elle reste accessible alors je peux me rattraper. Sérieusement, sur cette chanson, le couplet sonne comme un refrain. C’est à ce point entraînant.
Mort Subite
Si je devais choisir le meilleur morceau de l’album, déjà je serais bien emmerdé, parce que ça serait un peu un sacrilège… Et ensuite je serais vraiment coincé car je ne pourrais jamais me décider entre Electrifying et Darkest Night.
Ici, on est presque en territoire EBM plus Goth : le synthé reste un peu en retrait mais soutient toujours Becca Starr sans jamais faillir et elle en profite pour utiliser tout l’espace et devenir une espèce de divinité mi-Morticia Adams mi-Kim Wilde…
Ouaip, rien que ça.
Push it to the limit ! Les différents sons de Thoughts Unheard me ramène toujours à l’esprit ce classique. Ici, on est dans la musique qui fait défiler les palmiers à très grande vitesse, de l’Outrun de qualité avec en plus un refrain puissant et explosif, Bonnie Tyler style. Et quand Becca Starr pousse sa voix, ça semble tellement facile : on a l’impression qu’on peut même entendre son sourire.
Golden nous ramène en territoire plus posé, plus… Depeche Mode, dans leurs œuvres les plus romantiques. Porté par une mélodie fluide et imparable, Becca Starr montre une facette plus sensible, même si elle reste une chanteuse à voix : imaginez un mélange entre la force brute d’une Tina Turner et la douceur d’une Whitney Houston.
Et sans le brushing de Tina Turner. C’était probablement le seul truc vraiment abusé des années 80. Et pourtant nous on a eu Desireless.
Les deux derniers morceaux calment le jeu, comme de longs au-revoir. Plus intimistes, plus posés, ils n’en conservent pas moi la marque The Van Dammage avec des refrains catchys. Les mélodies y sont plus complexes et les synthés de David Lo Pan reprennent la place d’honneur. Clamber est une balade DarkSynth accablée et lourde. De son côté Two Sides est une outro douce, touchante, envolée et à l’air inoubliable qui montre que même sans monter dans les décibels, la voix de Becca Starr reste imparable.
Ultime Menace
Vous l’avez compris, j’ai pris un pied pas possible en écoutant Neon & Noisy. L’album tourne en boucle depuis quelques semaines, au boulot, dans ma voiture, quand je fais la cuisine, même quand je prends mon bain (les enceintes BlueTooth, c’est top). Je connais déjà par cœur certaines paroles, et je crois même que j’ai rêvé une nuit que j’assistais à un de leur concert. Voilà à peu près mon degrés d’addiction à The Van Dammage.
Et moi ça me tue de voir que ce duo d’enfer ne soit pas plus reconnu : alors allez-y, écoutez The Van Dammage, faites le écouter à vos amis, propagez la bonne parole.
Likez leur Facebook, envoyez leur des messages d’Amour, faites votre boulot de fan.
Parce que je n’en ai aucun doute, toute personne mise en contact avec Neon & Noisy deviendra immédiatement un fan, ou alors c’est sûrement un de ces hipsters monté sur un gyroscope qui mange de la pizza à l’Ananas.
Les bâtards.
Fantastique album, je remercie la personne qui a eu la curiosité d’aller voir ce que faisait Becca Starr à côté de ses feat. 😀
Je t’ai remercié en Live, mais je rends à César ce qui est à César. Ou plutôt à Saya ce qui est à Saya !
[…] L’EP commence très fort avec une cover de Immigrant Song chantée par la divine Becca Starr (de The Van Dammage). Bien heavy avec son célèbre riff bien rafraîchi et finement saturé, Becca envoie tout ce […]