low.poly.exception vous souhaite une bonne année avec THE YEAR OF THE NET
2020 sera l’Année du Net. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est low.poly.exception, la face cachée et plus sombre de neon shudder.
Un an après F://CTORY RESET, son dernier opus lourd comme une chape de plomb, il nous sort un THE YEAR OF THE NET plus léger, rapide, entraînant mais aussi complètement imprévisible, voire même carrément chaotique.
Vous savez quand vous vous promenez sur Internet et que vous passez d’une page Wikipedia à un Meme “trolol” envoyé par un pote puis que vous tombez sur un article sérieux qui va vous renvoyer via un lien de bas de page à un top 5 tout chelou ?
Et bien THE YEAR OF THE NET c’est exactement ça, mais en musique.
A l’exception que même si tout semble être un joyeux bordel au premier abord, en réalité rien n’est laissé au hasard et low.poly.exception va vous guider dans les méandres de son cyber-cerveau connecté.
Pillule Rouge ou Pillule Rouge ?
Le délire commence direct dès le track épolyme : THE YEAR OF THE NET. On passe d’une ouverture assez classe avec un élégant arpège, à un drop d’octave bien heavy accompagné de sons de Modem 56K, mais le tout sans jamais lâcher la “cybermélancolie” qui va si bien à low.poly.exception.
Et ça ne s’arrête pas là ! Rien que sur cette piste, on a encore une phase plus douce au piano classique, un retour heavy bruitiste puis une conclusion plus ambiante.
Bordélique ? Non. Chaotique ? Oui ! Tout est maîtrisé, contrôlé, millimétré, et ça se sent que rien n’est laissé au doute.
Ca continue avec Equilibrium que je vous spoil déjà comme mon morceau favori de l’album. Il y a tellement de choses à dire dessus, tellement de nouvelles sonorités, tellement de couches qui vont et viennent, tellement de pièces qui s’emboîtent et qui viennent créer sous nos yeux un véritable puzzle musical qui monte progressivement en intensité…
Un morceau qui s’apprivoise, qui s’écoute plusieurs fois, et au casque, pour bien entendre toutes les subtilités !
Status Quo revient sur un terrain plus dark : mid-tempo pixelisé et saturé… accompagné en clin d’œil par le rire de Kefka (Final Fantasy VI) ! Un grand méchant emblématique qui n’aurait pas renié cette piste comme thème principal pour ses apparitions. Un autre morceau d’exception !
3 morceaux d’ouverture, 3 tueries. Et vous savez quoi ? Je viens de remarquer que ces 3 morceaux durent tous 4 minutes 04. 4:04. 404, comme l’erreur, vous l’avez ? Il y en a partout sur cet album, c’est démentiel !
Erreur 404 : Mind Not Found
Après une courte piste plus ambiante très réussie pour souffler (Fail State), low.poly.exception repart à la charge avec The New Meta. Je crois qu’il s’agit de l’un des morceaux les plus “DarkSynth” de l’auteur, audacieux et bourrin, bourré d’harmonies étranges et envoûtantes et parsemé de samples vocaux distordus !
Si vous pensez que l’album est trop “perché” pour vous, alors commencez peut être par cette track : elle est moins déboussolante !
L’énigmatique ▓ est l’illustration même de la “cybermélancolie” dont je parlais plus haut et l’intro parfaite pour le doux et plus chaud RE_FLECTION. On retrouve les carillons aux sonorités asiatiques assez habituels dans l’identité audio de low.poly.exception, mais avec une basse bien ronde et très présente. Son côté très “analogique”, voire organique, contrebalance avec le côté plus “numérique” de sa musique et y rajoute une nouvelle facette.
A tel point d’ailleurs que Blast Processing semble réglé archi haut dans les aigües ! Il s’agit d’un autre morceau fleuve avec de nombreuses phases, tours, détours et demi-tours qui vont vous surprendre et vous paumer, mais agréablement !
Another Uneventful Day a un petit côté Hotline Miami bizarrement, même si je pense que je serais le seul à faire le rapprochement, peut être parce qu’il a une montée en intensité progressive autour d’un riff entêtant qui se copie/colle petit à petit dans votre cerveau et a ce côté hypnotique.
Pour finir, 10001323 et 10001324 est un double morceau aussi flippant que cinglé. Bourré de glitchs, ça commence la musique d’un jeu d’horreur low-def avant de s’enflammer sur ce qui pourrait être une musique de boss de Final Fantasy période PS1 ! Une magnifique outro, complètement inattendue mais pourtant tellement imprégnée de la patte de son auteur… Une piste tout à l’image de l’album !
Start with a BANG !
Dans ma review de W I L D F I R E de neon shudder, j’avais émis l’hypothèse que le projet low.poly.exception avait permis à son Mastermind d’exorciser les aspects les plus sombres de sa musique pour se concentrer sur l’expérimentation musicale… Et bien il faut croire qu’il s’agit plutôt d’une nouvelle orientation générale, car on retrouve beaucoup de cette nouvelle forme de composition dans THE YEAR OF THE NET.
Toujours aussi créatif et TOCé (au sens “Trouble Obsessionnel Compulsif”), low.poly.exception nous offre un nouvel album métamorphe, une chimère qui ne cesse d’évoluer et de se transformer, mais ce coup-ci dans un registre plus sombre et “glitché”.
Plus que jamais, neon shudder et low.poly.exception sont liés, comme le Ying et le Yang, et les deux explorent de nouvelles frontières musicales sans aucune limites créatrices. Seule différence : le prisme audio au travers duquel ils réfléchissent leur musique… Et ça me va très bien, parce que des albums aussi innovants et révolutionnaires, non seulement j’en ai besoin pour le bien de mes oreilles, mais c’est aussi vital pour le bien de la scène entière.
Et pour fêter ça, je vais même mettre un gif. Alors que je ne le fais jamais. Je casse les règles et tout. BIM.

Retrouvez et achetez cet album sur Bandcamp :