Parmi les grands noms, les groupes emblématiques de la scène, Dance With The Dead se place en bonne position. À mon sens, tout juste après la Unholly Trinity formée par Perturbator, GosT et Carpenter Brut. Il faut dire que les loustics sont plutôt prolifiques et produisent une Synthwave dansante mêlée de Metal de très bonne facture. Quand j’ai appris la sortie de leur nouvel opus Loved to Death, j’ai rapidement dit preums et me suis coupé du monde pour ne rien savoir jusqu’à la sortie, il y a maintenant plusieurs jours.
Gogo dead sir
L’album démarre sur le très très très énergétique Go ! Dès les premières notes, la musique nous emporte à 200 à l’heure avec tout ce qui a fait le succès de Dance With The Dead jusqu’ici ! Rythmique qui tabasse, lead entraînant et guitare saturée qui vient donner du peps à l’ensemble, tous les ingrédients d’un très bon morceau du duo d’ancien métalleux. Et en fait, c’est presque trop, mais on y reviendra. La fin du morceau part sur un grand solo qui regroupe tout ce qu’on aime dans les 80’s. Le tout a comme un goût de Anamanaguchi sur l’OST du jeu Scott Pilgrim qui n’est pas pour déplaire.
Into The Shadows enchaîne mais peine à démarrer réellement. Il faut patienter jusqu’à 1:26 pour que le morceau prenne pleinement corps et c’est long une minute vingt six ! Et même lorsque tout est là, on se demande un peu où ce morceau veut en venir. L’ensemble est un peu fouilli, à mi chemin entre de l’euro dance et du heavy. Si c’est très certainement voulu, j’avoue rester un peu dubitatif quant au résultat. La guitare de Nick Hippa bien que sympathique reste assez en retrait et est au final plutôt anecdotique. Seul temps fort de la track, sa fin qui monte en puissance comme si demain n’existait pas… avant de retomber comme un soufflé oublié avec Salem.
Danse avec les mous
Fin de l’énergie, on reprend les bases d’une Darksynth sombre et lente avec ces légers tintements de mélancolie. Là encore, le son de Dance With The Dead est parfaitement reconnaissable. Pourtant l’ensemble manque de la pêche à laquelle ils nous ont habitués avec B-Sides, leur album précédent. Ma théorie est que le principal souci de ce morceau vient de sa position dans la tracklist.
Ouvrir avec le Go ! était à mon sens une grave erreur. Si c’est une ouverture parfaite, à l’écoute du reste de l’album, on sent qu’il a pompé l’énergie de beaucoup d’autres morceaux. Difficile de passer après sans sonner mou du genoux et faire tomber en léthargie les auditeurs. D’ailleurs, pris à part, Salem est très bon. Malheureusement, pas dans à cet endroit de l’album. Et c’est ce qui va se passer avec le reste de l’album. Des morceaux qui indépendamment sont bons vont sembler un peu mous, un peu en dessous de l’attente créée par l’album précédent et le premier titre de ce Loved To Death.
War vient relancer la machine avec sa basse vrombissante et son lead hypnotique. On opine du chef en voulant y croire et le morceau fait le taf ! Le petit beatdown à la moitié du morceau réveille les envies de tatanes mais tout s’arrête trop vite. Les instruments se taisent pour ne laisser que de rondes notes de basses et une nappe de synthé. Le piano vient se mêler à l’ensemble pour une séquence briquet en l’air avant que tout ne reparte de plus belle. Cette piste vient redorer le blason de l’album après ce premier ventre mou.
Mise amor
Premier, car dès le morceau suivant l’ambiance retombe à nouveau. La guitare d’Elliot Sloan et le synthache rigolo vers le milieu de la piste n’arriveront pas à donner l’élan suffisant, malgré tous leurs efforts. Là encore, le morceau en lui même reste très agréable à l’écoute, mais contraste trop avec la piste précédente. Creep restera dans la même veine, dans une ambiance Guitar Hero, avec ce je ne sais quoi de teenage movie à l’eau de rose.
Toujours sur le côté amour sucré, From Hell ajoute une petite touche de vitesse et de rythmique qui fait plaisir. Quand soudain, en plein milieux, on vire dans ce qui se fait de plus drôle et plus cliché dans la musique des années 90. Et ça fonctionne parfaitement ! Le morceau devient léger, tout chargé d’énergie positive. Cette énergie sera immédiatement contrebalancée par l’avant dernier morceau de l’album, Oracle, et sa lenteur contemplative.
Become Wrath vient conclure cet opus comme Go ! l’avait entamé, avec force et violence. Malgré un tempo plutôt lent, la puissance des basses ne peut que vous faire bouger la tête en cadence. Si l’on met de côté la ligne de guitare qui adoucit un peu tout ça, ce titre donne envie de coller de grosses mandales au ralenti, d’éviter des projectiles et de déclencher des explosions. Et alors la petite accélération à la fin est jouissive à souhait ! C’est exactement ce que j’aurais souhaité entendre sur tout le reste, mais il faudra s’en contenter.
Dent de scie With The Dead
Si cette review arrive un peu en retard, c’est qu’il m’a été difficile de savoir quoi dire sur cet album. Loin d’être mauvais, il reste cependant dans la ligne directe de B-Sides voir un peu en dessous, et manque de son propre, de sa personnalité. Malgré des morceaux d’une qualité remarquable, la tracklist en dent de scie limite le plaisir et Loved to Death ne parvient pas à se hisser parmi les nombreux albums mémorables que nous vous avons déjà chroniqués ici depuis le début de l’année. Si vous aimez Dance With The Dead, vous serez ici en terrain familier et vous devriez sans aucun doute apprécier l’album. Pour peu que le changement de rythmique et d’ambiance ne vous refroidisse pas.